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26 juin 2013

La lune, comme un point sur un i... loin des yeux du soleil

J'ai découvert un drôle de terme sur le web ces jours-ci : "supermoon". Ce n'est pas une secte coréenne au carré, ni une variante d'une figure chorégraphique popularisée par feu Michaël Jackson. Une recherche rapide m'apprend qu'il s'agit du moment où la pleine lune coïncide avec l'approche maximale du satellite de la Terre. Pour faire simple, c'est le moment où la Lune est la plus proche de la Terre. Un peu comme dans E.T.

En tapant le mot clé "supermoon" dans Twitter et Reddit, on trouve de bien belles images qu'on aimerait voir plus souvent. J'ai été contaminé par un esprit frappeur de Bouyghes télévision, pardon.

via bigpicture (Yannis Behrakis /Reuters)





Les photos sans indications d'auteur proviennent de Reddit 

Et quand à cette image, qui rencontre un succès fou sur Twitter, c'est une imposture : 
via Reddit 

Attention, je n'ai pas dit qu'il s'agissait d'un fake. Je dis juste que la personne qui a posté l'image sur reddit n'en est pas l'auteur. L'image originale est plus vieille d'un mois et est visible ici. L'auteur a en d'ailleurs fait d'autres du même type.

Merci à Alfred et Charles pour le titre, merci à Google qui m'a permis de découvrir ce poème de Victor, et cet autre de Charles, en prose.

17 octobre 2012

Cadre de travail



J'aime beaucoup cette image, vue il y a quelque temps déjà sur Reddit. L'impression de nostalgie qui s'en dégage, liée au côté désuet savamment étudié de cet atelier de forgeron ; le fait de savoir que l'homme sur l'image est le père de la photographe ; le chien à ses pieds... L'impression, somme toute, de pénétrer dans l'univers d'une personne par l'intermédiaire de son lieu de travail. Ca me rappelle cette série de photographies, dont j'avais parlé il y a exactement 3 ans...

11 août 2011

Gravity glue

Mike Grab est un artiste. Il a fait de la pierre son matériau de prédilection, de la beauté sa quête, et de l'éphémère son quotidien. L'homme est probablement philosophe, sans doute zen, et heureusement photographe, pour nous permettre de découvrir ses réalisations (à voir sur son site).


Mais de quoi s'agit-il au juste ? De pierres. De belles pierres rondes ramassées dans les rivières du Colorado, qu'il empile au fil de l'eau et de son imagination. Dis comme cela, ça peut sembler un peu ridicule ; mais avez-vous déjà essayé d'empiler deux pierres rondes et mouillées l'une sur l'autre, en équilibre sur le plus petit bout ? Et trois ? Et quatre ? Et huit ? 




Cet article aurait pu s'intituler "réalisé sans trucage", tellement il semble improbable de parvenir à faire tenir des pierres de cette façon ; mais cette vidéo nous démontre que ce n'est pas le cas. Sa seule colle est la gravité, d'où le nom de son site.

Le résultat est grand et magnifique. Avec un peu d'imagination, vous verrez dans ses empilements des stupas, des cairns, des animaux fantastiques... ou bien rien du tout, et trouverez tout simplement agréable cette invitation à la contemplation et à la méditation : j'empile, donc je suis.

Image via Dailycamera 
Il a commencé "un jour qu'il s’ennuyait" et ne "peut plus cesser de le faire". On le comprend. Rares sont les activités qui procurent un tel sentiment de plénitude : maîtrise de soi, communion avec la nature, poursuite d'un but esthétique. C'est sans doute son secret du bonheur.



18 avril 2011

Laïcité : ils avaient cru s'y fier

Ce matin, j'avais envie d'écrire moult choses grandes et magnifiques. En fait, non. Ce matin, comme tous les  matins, j'espérais avoir le temps d'écrire lesdites grandes et magnifiques choses. Ce matin j'avais envie d'écrire sur ces quelques avignonnais excités du crucifix. J'avais déjà été interpellé par le sujet la semaine dernière : des fidèles, archevêque compris, s'indignaient de ce que le musée d'art contemporain local donnait à voir, à l'occasion d'une exposition intitulée "Je crois aux miracles" une photo d'un crucifix plongé dans l'urine. Ah la vilaine chose.

Passant de la parole divine aux actes des apôtres, ils sont partis en croisade contre l'image impie, bien décidés à chasser de leur ville le blasphème comme Jésus du temple les marchands : à grand coup de trique dans la tronche, parce que... parce qu'ils ne voyaient décidément pas d'autres solutions. Le jour du Seigneur, ils ont donc dispensé son message d'amour et de tolérance à grands coups de marteau et de pioche, histoire que ça rentre mieux.

Immersion (Piss Christ) de Andres Serrano

Quand j'ai vu cette image, j'ai pensé à Prévert répondant à une provocation de ses potes surréalistes qui avaient accroché un crucifix à la chasse d'eau, qu'il ne fallait pas "salir la merde"... Autant dire que le blasphème pipi-caca-crucifix ne date pas d'hier, et ne doit pas être réduit à un premier degré simpliste, ce qu'a parfaitement compris un chroniqueur d'une revue que l'on peut difficilement qualifier d'antichristianisme primaire, puisqu'il s'agit de Témoignage chrétien.

Pour l'auteur (pour qui les saccageurs d'Avignon sont de "pontifiants zouaves" et des "canailles"), l'image, volontairement infamante, rappelle les outrages subis par le Christ :
De la Croix du Sauveur, on fait trop facilement un pendentif, un motif décoratif, un signe sans signification. Et voilà que par le geste brutal d’Andres Serrano elle est rendue à sa brutalité : la Croix redevenue un scandale – du grec skandalon, l’obstacle.  


Au Musée des Beaux-arts d’Avignon, on s’y arrête. Elle a perdu ses contours vaporeux de symbole pour redevenir le gibet infamant sur lequel a été cloué Jésus, mort entre deux bandits sous les moqueries pour avoir prêché le pardon des offenses, la pitié des vaincus et la délicatesse envers les opprimés.
Voilà un chrétien qui ne s'est pas arrêté au prétendu blasphème, et qui a cherché ce qu'une telle image pouvait bien vouloir dire, avant de cogner comme un sourd en pleine crise de foi. Que savent les petits fracasseurs à la tête de bois des convictions ou de la foi de l'auteur du cliché ? Et si le message qu'il voulait faire passer était bien celui mis en avant par le chroniqueur ?

Piss Christ vandalisé

Non seulement, dixit le directeur du musée, "l'ignorance de ces gens est hallucinante" (ils ont détruit au passage une photo de mains de religieuse qui n'avait a priori rien de blasphématoire), mais ils appartiennent à une mouvance dont le but est "la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ", ce qui est un programme à faire frémir le Vatican.
Alors ?

Faut-il brûler Prévert ? Faut-il brûler Breton et consorts ? Faut-il brûler les artistes ? Faut-il déclarer Témoignage chrétien frappé d'hérésie ?

Ne faut-il pas plutôt se poser des questions sur le sens profond de cet événement ? Qu'avons-nous fait pour en arriver là ? Quelles coupables négligences, quelles passivités a t-il fallu pour permettre cela ? De quoi la destruction du Piss Christ est-elle le nom ?

Quel est ce pays où quelques excités peuvent détruire une œuvre d'art au prétexte que eux ils pensent que "ce n'est pas de l'art" et qu'ils se sentent atteints dans leurs convictions profondes ? Pierre Haski, dans son article sur Rue89, veut voir dans cette affaire une lointaine résurgence du funeste débat sur la laïcité ; il n'a pas tort, car nous avons affaire ici à des groupuscules se sentant autorisés à agir car confortés dans leurs opinions.

Il y a longtemps que j'ai perdu la foi, c'est une vieille histoire entre un Dieu qui n'existe pas et ma conscience.
Je viens de rompre avec Dieu. Je ne l'aime plus.
En amour, on est toujours deux. Un qui s'emmerde et un qui est malheureux.
Depuis quelque temps, Dieu me semblait malheureux. Alors, j'ai rompu.(1)
Mais je ne sache pas que j'aille imposer mon athéisme aux croyants.


PIERRE DESPROGES LETTRE OUVERTE à MONSEIGNEUR... par kirivalse


(1) Pierre Desproges : Rupture - Chroniques de la haine ordinaire 
 

11 mai 2010

La fantasy chronique de Frank Frazetta

J'ai appris tout à l'heure, via Maëster, la mort, et donc l'existence rétrospective, de Frank Frazetta (1928-2010). Comme il a eu le bon goût de fournir des liens avec son dessin, j'ai pu commencer à réparer cette lacune dans ma culture générale.


Comme le laisse entendre Le comptoir de la BD, Frank Frazetta faisait partie de ces artistes dont l'œuvre, intégrée par la culture populaire, copiée, imitée, reproduite, est largement connue et diffusée sans que son créateur ne soit connu d'un large public. Un coup d'œil rapide sur sa production pourrait d'ailleurs le réduire à l'illustrateur attitré de Conan (avant d'être un film, c'était un livre), mais il n'en est rien.


Même si les gros musclés accompagnés d'amazones court vêtues sont sa marque de fabrique, il n'en demeure pas moins l'un des grand illustrateur de la fantasy et de la science-fiction au sens le plus large. 

Illustration pour Edgar Rice Burroughs 

Il a ainsi donné sa propre vision de Edgar Rice Burroughs, de Tolkien, de Vampirella, du space opera à la StarWars... Outre le barbare, un des thèmes récurrent de son œuvre est  la femme accompagnée de fauves, séductrice et dangereuse. Il serait dommage de le réduire tantôt à Conan le barbare, tantôt à The Death Dealer, qui semble toutefois être son personnage fétiche.

Illustration pour Tolkien

 The Death Dealer

Il a produit également quelques dessins plus légers, dont certains ne manquent pas d'humour, des nus très académiques, et quantité d'autres dessins et peintures couvrant de nombreux thèmes, mais avec une préférence marquée pour les mondes de l'imaginaire.


C'est désagréable de découvrir un artiste uniquement parce qu'il est mort. Mais c'est moins pire que de ne pas le découvrir du tout. J'espère que je n'aurais pas été le seul à apprendre quelque chose aujourd'hui.

 Autoportrait - 1962


Pour aller plus loin :

- Le comptoir de la BD, toute l'actu de la bande-dessinée
- http://frankfrazetta.org/, un beau site perso rassemblant des illustrations de Frazetta rangées par thème, la plupart de celles de cet article viennent d'ici et du site suivant
- La page Frank Frazetta sur The Art History Archive
- Le blog de l'illustrateur David Vicente

20 avril 2010

Un auteur du tonnerre Dedieu

Thierry Dedieu est un auteur et illustrateur pour la jeunesse que j'ai découvert de façon assez paradoxale : à cause de ses ennuis.
Les jours de ma vie d’auteur sont comptés, je suis en sursis. Je me sens dans la peau d’un diplodocus juste après la collision avec l’astéroïde, De Gaule après Mai 68, Mesrine coincé dans les embouteillage,porte de Clignancourt.« On » me fait comprendre que je fais des bouquins comme il y a dix ans, quand on pouvait se permettre de faire des livres sans princesse, sans lutin et sans dauphin. Fini. Terminé. Retour vers le futur.

Voilà donc un auteur qui fait des livres de grande qualité, et auquel on propose l'alternative suivante : arrêter tout de suite ou faire du "commercial". Rendez-vous compte : cet insensé refuse d'inclure des fées, des vampires, des licornes ou des poneys dans ses histoires ! Rien qui puisse servir de passe à de lucratifs produits dérivés, de la gomme imprimée à la trousse scintillante, en passant par le cahier, le cartable à colorier et l'album à scratch, à moins que ce ne soit l'inverse.

Mais il parait que ça va mieux. Il vient de recevoir le prix Sorcières, décerné par l'ALSJ (association des librairies spécialisées pour la jeunesse) pour l'ensemble de son travail de 2009. Espérons que cela lui permettra de sortir de ce cycle infernal de la qualité qui ne fait pas vendre...


En parcourant son blog, j'ai trouvé un lien vers Dedieu à l'école, où il expose le résultat de ses travaux avec des enfants, lors de ses interventions dans les écoles ; je trouve que cela fait un bon prolongement à mon billet sur le musée des enfants, ce qui tend à prouver que décidément, les enfants ont du talent.



Les images présentées dans cet article sont l'œuvre des enfants (sauf la première !) ; elles sont extraites des articles des blogs de Thierry Dedieu déjà cités.

09 avril 2010

Un air de famille

Il y a environ un an, j'ai évoqué le travail du photographe Bobby Neel Adams, qui associait des visages par moitiés : le père et le fils, le mari et la femme, ou bien encore la même personne à deux âges de sa vie.

Je suis tombé récemment sur le blog de Cali Rezo, graphiste, qui s'est essayée à cet exercice avec des générations d'acteurs et d'actrices. 


Le résultat du montage est souvent bluffant.


J'avoue que je ne connaissais pas toutes ces filiations... Pour les Delon, Douglas, Birkin/Gainsbourg, je pense que tout le monde sait, mais j'ai découvert des familles au passage... Quand ils disent "le cinéma est une grande famille", ce n'est pas qu'une métaphore !

Pour savoir qui est qui (si, comme moi, vous ne les auriez pas tous reconnus), voir les images en grand et découvrir un chouette blog, c'est par ici : De l'autre côté des cailloux

02 février 2010

Le musée des enfants

Les artistes sont des enfants. On le sait, même si on a trop souvent tendance à l'oublier. Ce qu'on sait moins,  ce qu'on oublie plus, c'est que les enfants sont des artistes. D'ailleurs, les enfants ont du génie (sauf Minou Drouet, bien sûr, dixit Jean Cocteau), et il ne manquait à sa diffusion qu'une chose indispensable, à savoir un musée.

Oeuvre d'Elton, 9 ans (linogravure)

C'est désormais chose faite, grâce notamment à un artiste grand enfant génial, Claude Ponti (Claudius Pontius Magnus pour les latinistes que vous êtes) qui, entouré d'une petite équipe pluridisciplinaire a fondé un musée, qui pour être virtuel n'en est pas moins tangible, entièrement dévolu à la diffusion du patrimoine artistique enfantin.

Oeuvre de Cherihane, 9 ans (peinture)

Ce n'est pas "pour rire", ce n'est pas un site consacré à l'art brut ou à l'analyse pseudo-psychologique des dessins de Victor, 6 ans, qui a dessiné papa en vert et maman en bleu. Non, c'est très sérieux, et le manifeste qui présente la chose l'annonce clairement : "Le Muz rassemblera des œuvres des enfants choisies sans complaisance et avec autant de soin et d’exigence que celles des adultes des grands musées."

Oeuvre d'Emile, 9 ans (sculpture)

En fouillant un peu dans les différentes rubriques du site, j'ai découvert qu'il était soutenu par une brochette de parrains dont la seule évocation devrait suffire à garantir le sérieux de la maison, même pour l'internaute le plus exigeant : Tomi Ungerer, Art Spiegelman, Susie Morgenstern, Michel Onfray, Jacques Tardi, François Bon, Grégoire Solotareff...

Je récapitule : ça s'appelle le MUZ, c'est beau, c'est bon, mangeZ-en, ce n'est pas que pour les Z'enfants !

***

Pour illustrer cet article, j'ai utilisé des images des oeuvres des enfants tirées du site, en prenant soin à chaque fois de préciser le nom de l'auteur, et de faire un lien vers la page ; si les administrateurs du site, les enfants ou leurs parents voyaient la moindre objection à leur présence sur ce blog, je les retirerai  immédiatement.

Je plaide néanmoins la bonne foi : le site (et ce sera ma seule critique) ne précise pas le régime de droit sous lequel les oeuvres sont placées (je me permets au passage de leur suggérer une licence libre, qui serait parfaitement adaptée à l'esprit du site) et le webmaster a visiblement oublié de renseigner la rubrique "conditions d'utilisation"...  =)

21 janvier 2010

Alma

Je ne suis pas très inspiré cette semaine (et je n'ai pas beaucoup de temps), aussi vais-je me contenter pour le moment de ce film d'animation, petit par la durée mais grand par la maîtrise. Je n'ai pas beaucoup de mérite à affirmer que c'est un chef d'oeuvre, vu toutes les récompenses qu'il a décroché.


Cela fait un petit moment que j'avais mis de côté cette petite merveille dénichée sur Ecrans, pour la visionner calmement un jour ou l'autre. C'est chose faite ce soir, et je m'empresse de la partager.

Beau, mais un peu flippant malgré tout... mais chut, je n'en dit pas plus...

25 novembre 2009

Glander ou glaner ? Chronique du d, de Poe et de la sérendipité heureuse

Je me faisais hier la réflexion qu'il n'y a qu'un petit "d" de différence entre glaner et glander, et que sur internet, dans le domaine des blogs en particulier, c'est une lettre, ou plutôt un état d'esprit, qui peut mener à des résultats assez intéressants.

Je laisse à d'autres l'emploi de mots compliqués tels que procrastination ou sérendipité, encore que si le premier est employé à tort et à travers sur de nombreux blogs, le second n'est pas pour me déplaire. Francis Pisani nous explique qu'il donne à cet anglicisme le sens de "hasards heureux", et indique comment et pourquoi favoriser le plus possible leur survenue, notamment en pratiquant ce qu'il appelle le "ricochet virtuel".

Voilà une expression particulièrement heureuse ! Que de fois fois n'ai-je pratiqué le ricochet virtuel sans le savoir ? Grâce à Francis Pisani, je le ferai désormais en pleine connaissance de cause. Je sérendipiterai intelligent, tout en continuant à massacrer la langue française, bien sûr.

Et tout en manipulant des concepts qui me dépassent. Mais si je n'avais pas cette ambition, je n'aurais pas de blog.

Mais trève de digressions, parlons un peu du sujet qui motivait l'écriture de cette chronique, avant que je ne m'égare (de l'Est) avec ces deux notions légèrement snob : connaissez-vous Edgar Allan Poe ? Oui, bien sûr, sinon vous ne seriez pas là. (je flatte, mais c'est pour que continuiiez de procrastiner en ma compagnie)

Tandis que je procrastinais comme un beau diable en cliquant mollement sur les images défilant dans le nouveau Netvibes Wasabi, je suis tombé -par un hasard heureux- sur une image qui a déclenché toute une série de ricochets virtuels. J'en ai le cerveau encore tout éclaboussé.



Comme vous connaissez Poe, cette gravure doit immédiatement vous évoquer quelque chose, non ? Un indice : la traduction de la phrase sous l'image donne ceci "Le bateau semblait suspendu comme par magie, à mi-chemin de sa chute, sur la surface intérieure d’un entonnoir". Ca y est, vous y êtes ? Il s'agit bien entendu d'une illustration pour La descente dans le maëlstrom.

C'est là que je me suis mis à faire des ricochets sérendipitesques dans tous les sens. J'ai commencé par trouver la page Flickr d'origine, et Flickr, pour les procrastineurs en quête de sérendipité, c'est le nirvana. La première chose qui saute aux yeux, c'est que nous avons sans doute là l'intégralité du travail d'un certain Harry Clarke sur Poe ; la seconde, c'est qu'il avait beaucoup de talent.


"Pour l'amour de Dieu, Montresor ! Oui -dis-je-, pour l'amour de Dieu"
La barrique d'amontillado

Le propriétaire de cette page Flickr a un blog, A journey round my skull, joyeusement sous-titré "Unhealthy book fetishism from a reader, collector, and amateur historian of forgotten literature. Recent obsessions: illustration and graphic design." Ce qui peut se traduire de la façon suivante : "Fétichisme malsain d'un lecteur, collectionneur et historien amateur de littérature oubliée. Obsessions récentes: l'illustration et le design graphique". (Allez sérendipicrastiner du côté de Google traduction, l'affichage des résultats au fur et à mesure que vous taperez la phrase d'origine vous fera comprendre pourquoi il ne sert désormais plus à rien d'apprendre les langues étrangères)

Il va sans dire que ce titre m'a intrigué. J'ai donc cherché (deuxième ricochet) d'où il pouvait bien tenir son origine. Bien m'en a pris, j'ai ajouté un nouvel élément à cette pyramide de choses qui me feront me coucher moins sot ce soir : Voyage autour de mon crâne est un roman de Frigyes Karinthy, écrivain hongrois comme son nom l'indique, qui raconte comment les trains qu'il entend dans sa tête sont le premier symptome de sa tumeur au cerveau. Il en sera opéré, avec succès (en 1936 !) et mourra bêtement deux ans plus tard.

Une telle histoire valait bien la peine d'être découverte non ?


En moi tu existais, — et vois dans ma mort, vois par cette image qui est la tienne,
comme tu t’es radicalement assassiné toi-même !
 William Wilson 


Sentant qu'il fallait battre le ricochet pendant qu'il était chaud, je décidai alors de faire un sérendipas de côté, pour en savoir plus sur Harry Clarke. A ma grande surprise, ma première découverte a été d'apprendre que la Wikipédia française n'a pas d'entrée sur lui. Mais la richesse du web, c'est justement qu'il existe toujours un passionné de quelqu'un ou de quelque chose, et donc une page en rapport. Le chouette site de Rocbo m'a confirmé cette règle une fois encore.

Page du site Rocbo.chez-alice.fr consacrée à Harry Clarke

Clarke (1889-1931) n'est pas seulement illustrateur, il est avant tout maître verrier. Son dada, ce sont les vitraux. Ses illustrations de Poe et d'Andersen, c'était pour passer le temps. Une sorte de sérendipité de luxe finalement.


"...jeté profondément, bien profondément, et pour toujours, dans une fosse ordinaire et sans nom"
L'ensevelissement prématuré - et son bonus pour les sérendipiditeurs acharnés

Il n'y a qu'un petit d de différence entre glaner et glander. La sérendipité n'est que le luxe des curieux.

26 octobre 2009

Brock Davis sens dessus dessous



Brock Davis est un illustrateur diffusant ses créations sur le site communautaire Behance .

En 2009, il s'est lancé le défi de faire "quelque chose de cool chaque jour" (Make Something Cool Every Day, je ne prétends pas traduire parfaitement), ce qui donne une page assez longue à afficher, mais qui recèle pas mal de trouvailles.

J'aurais pu retenir sa série de personnes avec de faux yeux, qui est très drôle, où celle de gens téléphonant avec des bananes, mais j'ai préféré m'attarder sur les objets photographiés par en-dessous. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas moi-même.



C'est sans doute parce que ces photos, en permettant de voir un objet banal sous un angle différent, donnent à ceux-ci une nouvelle dimension ; mieux que ça, on ne sait pas trop si on est passé dans le sol sous les boîtes de conserve, ou bien si le chien est en train de voler au-dessus de nos têtes.



Pour reprendre l'expression cliché et consacrée "c'est simple, mais il fallait y penser".



 

 

 

***

A propos de Brock Davis :

- Son profil sur Behance
- Son site

23 octobre 2009

Dis moi où tu travailles...

Joe Holmes est un photographe new-yorkais de 55 ans, plutôt en vogue d'après les photos qu'il publie sur son compte Flickr, et auteur d'une série de clichés assez remarquables sur les environnements de travail, dégottée sur le blog A continuous lean, via Ffffound.


On peut presque deviner la profession et la personnalité de la personne qui travaillait là quelques secondes avant que la photo soit prise. De l'établi fonctionnel au bureau minimaliste, en passant par le foutoir intégral où seul le propriétaire légitime peut se retrouver, chacune de ces photos somme toute intimistes nous plonge dans l'univers d'un métier particulier, en nous obligeant, le sujet humain étant momentanément absent, à porter une attention accrue aux détails.




Le travail de Joseph Holmes finalement, c'est ça : donner vie à l'outil de travail, révéler l'esthétique qui se cache derrière l'outil, qu'il soit industriel ou bureautique.

Le portfolio complet est visible sur son site.





02 septembre 2009

Des collines d'un vert bien saturé

Dans la foulée de mon article d'hier sur l'image "colline verdoyante" de Windows XP, je voudrais ajouter aujourd'hui un mot sur des photographies issues du site amolife : Incredible Photography of Fields.

Vous voyez le lien avec l'article précédent ? 

Faut traduire ça comment ? "Des photos incroyable de champs "? Sans doute. Mais ce qui m'a paru incroyable, c'est l'extrême saturation de ces photos. Un peu ça va, mais là, c'est presque trop... à la limite du kitsch. Je vous laisse juger.