Affichage des articles dont le libellé est Culture geek. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Culture geek. Afficher tous les articles

17 mai 2013

Mass Effect : mes cosmodésiques mésaventures

Cet article est un rescapé, qui dans d'autres circonstances n'aurait jamais paru sur ce blog. J'avais ouvert en 2011 un micro-blog sur Posterous, destiné à recueillir les solutions à mes problèmes trouvées sur le web. Avec l'originalité qui me caractérise, je l'avais appelé Soluces du web. Mais les services gratuits sur internet souffrent souvent du même mal : ils disparaissent.

J'ai donc récupéré mes quelques articles, les ai stocké dans un coin, et me suis tâté un petit moment. Quand j'en ai eu assez (de me tâter), j'ai décidé d'en publier quelques-uns ici, en commençant par cette synthèse de mes problèmes rencontrés avec Mass Effect. D'abord parce que ce sont les plus "écrits", les autres n'étant que des notes du style "pour résoudre tel problème appliquez telle solution" ; ensuite parce je pense que ça pourra toujours servir à quelqu'un et générer du trafic sur ce blog, youpi.

***

Énervement galactique avec Mass Effect 3 


EA commence vraiment à m'énerver. Plusieurs mois après sa sortie, je viens de faire l'acquisition de Mass Effect 3. J'avais un peu trop vite oublié mes précédentes péripéties avec Mass Effect 2...

Installation


En-effet, après le lancement automatique du DVD (ça au moins ça marche), celui-ci me propose de mettre à jour Origin (le Steam-like d'EA) et après... impossible d'installer le jeu, le pop-up se ferme aussitôt après avoir cliqué sur le bouton "installer".


Après quelques recherches (ici et notamment), j'ai vite compris qu'il fallait ré-installer Origin avant toute chose ; la soi-disante mise à jour me l'avait plus ou moins effacé... Il faut ensuite relancer l'installation, le logiciel demandant alors le numéro de série et le répertoire d'installation. Pour anticiper les éventuelles mauvaises surprises que je suppute, j'ai créé mon propre répertoire en dehors de celui proposé par défaut.

Sauvegarde


Après cette installation à rebondissements, je peux enfin profiter de l'interminable (mais néanmoins excellente) séquence d'introduction de Mass Effect 3 - je dis interminable car ça a son importance pour la suite. Lorsque le jeu me laisse enfin la main, je me rends compte qu'il est impossible de sauvegarder... Pourquoi ne suis-je pas plus surpris que ça ? Bien entendu, je teste différentes méthodes trouvées sur le web, et me retape à chaque fois toute l'introduction, qui pour le coup me parait un peu longuette...


Le problème viendrait en fait de l'emplacement de \Mes documents, que j'ai, comme beaucoup de personnes, déplacés de C:\ vers une autre partition de mon disque dur. Eh ben les gens de Bioware, ils n'avaient pas prévu ce cas de figure, pourtant loin d'être exotique... Dans leurs esprits, le jeu crée son dossier "save" dans "Mes documents", qui doit se situer dans C:\users\[nom d'utilisateur]\Documents. Et si le chemin a été modifié, le jeu ne crée tout bonnement pas de sauvegarde !

Après une inutile désinstallation/réinstallation, j'ai trouvé la solution sur le forum anglais de Bioware : il ne sert à rien de bidouiller la cible du raccourci du jeu sur le bureau, ni de chambouler tous ses répertoires pour tenter de revenir à l'état d'origine (y'en a qu'on essayé, ils ont eu des prob... ça ne marche pas) ; il suffit juste de créer un nouveau profil, avec les droits d'administrateur, et de lancer le jeu depuis ce profil. Les dossiers seront créés avec les chemins par défaut. C'est un peu idiot, mais simple et rapide à mettre en œuvre, et surtout, ça marche !

J'aurais dû me douter que ce ne serait pas simple... 

Car j'avais déjà connu quelques soucis avec les épisodes précédents : difficulté pour importer un personnage -en ce qui concerne l'épisode 3, j'ai carrément renoncé- et impossibilité de charger une partie.

Comment importer son personnage de Mass Effect dans Mass Effect 2 ?


Toutes les explications sont largement disponibles par ailleurs, il y a juste un petit hic sur le détail de la procédure : il faut choisir le dossier des sauvegardes de Mass Effect dans l'outil de configuration du jeu avant de lancer le jeu et sélectionner le dossier "Save" de ME1. Information en provenance de Wiwiland 




Impossible de charger une partie dans Mass Effect 2


Il peut arriver (et à lire les forums consacrés à Mass Effect, le cas semble même assez répandu, a priori surtout sous Windows 7) de ne pas pouvoir charger une partie dans Mass Effect 2 : on peut sauvegarder, mais on reprend toujours à la sauvegarde la plus récente, impossible de charger un élément antérieur, l'écran de chargement est vide :

Que faire dans cette situation ? Après avoir étudié diverses solutions, voici celle qui a fonctionné pour moi :

- Aller dans le dossier "Bioware/Mass Effect 2/Save",
- Créer un dossier "Prénom de votre Perso"_31_"date de création" de votre perso,
Exemple : "John_31_180210"
- Mettre ses sauvegardes dans ce dossier, ce qui donne quelque chose ressemblant à ceci :
Bioware/Mass Effect 2/Save/John_31_180210/Save0004.pcsav

Et le tour est joué ! Solution trouvée sur le forum Bioware ; merci à Neophil69

14 mars 2013

Nous sommes tous des esclaves connectés


Sacré coup de massue à l'instant : Google va arrêter son service de flux, Reader. Après un bref moment de panique, j'ai vite été rassuré en constatant que Feedly, service qui s'appuie sur Reader en proposant une interface personnalisable et un aspect plus "magazine" va perdurer. Cela fait belle lurette que je me sers quasiment exclusivement de Feedly. Ouf. I will survive.

Au-delà de ça, cette décision montre à quel point nous sommes dépendants du bon vouloir d'une entreprise. Et si demain, Google décidait de fermer son service d'agenda ? Ou Gmail ? Ou Blogger, qui permet à ce blog d'exister ? Nous n'aurions rien à dire, nous ne serions évidemment pas consultés, nous devrions juste tenter de trouver une solution plus ou moins satisfaisante.

Alors oui, il n'y a pas vraiment de raisons de paniquer, personne n'est mort(1), un nouveau service va émerger d'ici quelques mois et Feedly prend son indépendance. Mais le problème principal demeure : nous sommes -pour la plupart d'entre nous- dépendants de tous ces services plus ou moins utiles, plus ou moins gratuits, plus ou moins indispensables(2), mais qui rythment notre quotidien sur le web depuis quelques années.

D'aucuns diront, parmi les geeks tendance hardcore, "t'as qu'à installer ton propre serveur, et ceci, et cela...", semblant ignorer que ce n'est pas nécessairement à la portée de tout le monde, tant en investissement financier que temporel... Nous sommes condamnés à la servitude électronique(3).

Petite mise à jour pour le fun :


***

(1) Encore que... je me marre tout seul en imaginant des otakus venir s'immoler devant le siège de Google en signe de protestation ! :-D
(2) Le jour ou Facebook disparaîtra, ce sera carrément du suicide collectif !  
(3) Ce à quoi mon chef bien aimé répondrait, et il n'a pas tout à fait tort, que le papier et le crayon restent indétrônables !

25 mai 2012

Towel day 2012


25 mai : c'est la journée de la serviette.  Nous rappelons donc à nos aimables visiteurs qu'en ce jour, la vitesse est limitée à 42 miles à l'heure, charge à vous de faire la conversion en euros ou en drachmes.

Aujourd'hui, tout le monde a 42 ans. Tout le monde habite au numéro 42 de sa rue, dans le département de la Loire, et  la journée ne durera que 23h42 (pour compenser, le 25 mai prochain durera 24h42);
Et personne n'oubliera sa serviette, c'est vraiment très important.

Towel Day - Pas de panique

 


24 avril 2012

Le sens de la vie (de l'univers et du reste), enfin !

Je partage beaucoup sur le web, pour peu que je sois interpellé, touché, choqué... par quelque chose. 
C'est de plus en plus souvent sur Seenthis, rarement sur Google+, de temps en temps sur Twitter seul (mais quasiment tout converge vers Twitter). Mais ça peut aussi être sur Tumblr (ici, ou ici, ou ici, ou bien ... hum) ou sur Scoop it

Mais quand quelque chose me plait vraiment, j'en parle sur mon blog !

Ce qui me plait vraiment ce soir, c'est cette petite BD, découverte via la chronique Vendredi c'est graphism de Geoffrey Dorne sur OWNI.


J'y vois des références geekesques et littéraires ; j'ai pensé tant à Douglas Adams (à cause du 42, de l'univers...) qu'à Borges (à cause de l'idée que chaque homme est tous les hommes, souvent développée dans ses histoires), et peut-être un petit peu aussi à Stanley Kubrick (ceux qui ont réussi à voir 2001 l'odyssée de l'espace jusqu'au bout comprendront).

Mais trêves d'interprétation, c'est là que ça se passe : http://www.sansemploi.com/bonus/l-uf

19 novembre 2011

Joyeux anniversaire Framasoft !

Framasoft a déjà 10 ans ! Je n'ai pas vu le temps passer...

Pour l'occasion, ils seront ce soir les invités de l'émission "Place de la toile" sur France culture.
« Place de la toile » reprend sa marche normale, avec FRAMASOFT qui vient "squatter" l'émission pour ses 10 ans. Framasoft c'est cette association qui oeuvre tous azimuts sur la Toile pour soutenir et diffuser le logiciel libre. Alexis Kauffmann, le fondateur de l'association, sera là pour nous raconter l'histoire de ce réseau, avec Christophe Masutti, coordinateur de la collection Framabook qui édite des livres sous licence Creative Commons (et autres licences libres).

CC Simon "Gee" Giraudot

Une bonne occasion de découvrir cette émission :)


28 octobre 2011

ACTA, un danger qui nous menace tous

J'en ai déjà parlé il y a presque 2 ans, mais je viens de voir la vidéo ci-dessous chez Korben ; c'est court, c'est efficace... et ça fait peur.

J'ai repris le titre de Korben sans le modifier, car je trouve qu'il exprime bien la vérité telle qu'elle est : ACTA est dangereux, et le danger qu'il représente va bien au-delà que le web, contrairement à ce que je croyais en 2009.



A l'instar de Korben, je ne peux que vous renvoyer vers la quadrature du net pour suivre cette ténébreuse affaire.

30 juillet 2011

Un dinosaure du net pour sensibiliser à l'ingénierie sociale ?

Je viens d'écouter cette intéressante chronique de Jérôme Colombain sur France Info, intitulée "Moi Anthony, ex-prince des hackers", consacrée à Anthony Zboralski, qui connut son heure de gloire de hacker en 1995. Bref, un dinosaure du net.

Elle m'a parue intéressante à plusieurs titres : 
  • pour une fois le terme de "hacker" n'est pas utilisé de manière péjorative, mais plutôt dans son sens de "bidouilleur",
  • il n'y a pas d’assimilation hacker = pirate, ni hacking = les exploits d'Anonymous,
  • la fin de la chronique met en avant l'ingénierie sociale, "l'art d'extorquer des informations sans rien casser"
Même si cette partie est la plus courte, c'est celle que j'ai trouvée la plus pertinente ; je pense qu'il est important, voire qu'il va devenir vital de sensibiliser les nouveaux utilisateurs du web et des réseaux dits sociaux, mais aussi certains autres qui se pensent plus chevronnés, à ce genre de technique, pour s'en prémunir. Comme le dit Anthony Zboralski, "les gens sont très naïfs en fait", et il est très facile d'obtenir des informations de la part de quelqu'un dont on a gagné la confiance.



25 mai 2011

Journée de la serviette / Towel day

Aujourd'hui, c'est la journée de la serviette, ze towel day, comme disent nos voisins outre-manchots. C'est le jour dans l'année où les routards, les vrais, ceux qui savent faire face à toutes les situations grâce à leur serviette éponge sont mis à l'honneur.
« La serviette est sans doute l'objet le plus vastement utile que puisse posséder le voyageur interstellaire. D'abord par son aspect pratique : vous pouvez vous draper dedans pour traverser les lunes glaciales de Jaglan Bêta ; vous pouvez vous allonger dessus pour bronzer sur les sables marbrés de ces plages irisées de Santraginus V où l'on respire d'entêtants embruns ; vous pouvez vous glisser dessous pour dormir sous les étoiles, si rouges, qui embrasent le monde désert de Kakrafoon ; vous en servir pour créer un mini-radeau sur les eaux lourdes et lentes du fleuve Mite ; une fois enfilée, l'utiliser en combat à mains nues ; vous encapuchonner la tête avec afin de vous protéger des vapeurs toxiques ou bien pour éviter le regard du hanneton glouton de Tron (un animal d'une atterrante stupidité : il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus - con comme un balai, mais très très très glouton) ; en cas d'urgence, vous pouvez agiter votre serviette pour faire des signaux de détresse et, bien entendu vous pouvez toujours vous essuyer avec si elle vous paraît encore assez propre.

Plus important, la serviette revêt une considérable valeur psychologique : si pour quelque raison, un rampant (= non voyageur) découvre qu'un routard a sur lui une serviette, il en déduira illico que ce dernier possède également brosse à dents, gants de toilette, savonnette, boîte de biscuits, gourde, boussole, carte, pelote de ficelle, crème à moustiques, imperméable, scaphandre spatial, etc. Mieux encore, le rampant sera même heureux de prêter alors au routard l'un ou l'autre des susdits articles (voire une douzaine d'autres) que ledit routard aurait accidentellement pu "oublier"; son raisonnement étant que tout homme ainsi capable de sillonner de long en large la galaxie en vivant à la dure, de zoner en affrontant de terribles épreuves et de s'en tirer sans avoir perdu sa serviette ne peut être assurément qu'un homme digne d'estime. »
Douglas Adams, H2G2 tome 1
Une utilisation oubliée par l'auteur : la serviette peut servir de drapeau
Aujourd'hui, peut-être croiserez-vous quelques hurluberlus arborant une serviette sur l'épaule et un livre électronique portant l'inscription "Don't panic" en guise de page de titre. Vous devrez alors impérativement en déduire que :
  • vous êtes en présence de fans de H2G2 ;
  • il est temps que vous lisiez H2G2, la trilogie en 5 volumes, ou cette chronique y afférant ;
  • ce n'est pas moi (j'ai piscine).
CC Teetante
Et n'oubliez pas que c'est le jour où tout devient possible. Les vogons peuvent arriver sans crier gare (ni autre chose d'ailleurs) et raser la planète pour créer une voie expresse intergalactique. Vous pouvez vous rendre compte (mais comment avez-vous fait pour ne pas le voir pendant tout ce temps ?) que votre meilleur ami est un extra-terrestre. Avec un peu de chance, vous rencontrerez l'amour. Avec un peu moins de chance, un robot dépressif.

Happy towel day ! Et encore merci pour le poisson.

11 mai 2010

Un quart d'heure de gloire tous les matins

Feedly, cette extension Firefox qui permet d'afficher ses flux en page d'accueil dans un format magazine, est décidément une bien belle chose, en ce qu'elle permet de cultiver ma sérendipité. Sans rentrer dans les détails de cette merveille qui m'a fait abandonner mon cher Netvibes, disons simplement que ses possibilités de suggestions en fonction du thème de ce que vous êtes en train de lire sont assez sympas.

C'est ainsi que je suis tombé sur ce tweet de @DecouvrirParis,

qui m'a conduit au site en question, qu'il n'est dès lors plus besoin de présenter davantage : un parisien, qui se prend en photo, tous les matins. A 09h09. Pourquoi 09h09 ? Sans doute parce que c'est l'heure à laquelle il a publié son premier message.


Dès le deuxième, le monsieur s'interroge : tiendra t-il longtemps cette contrainte ? 2810 clichés plus tard, on peut  considérer que la réponse est positive.


En voyant ces photos, outre la légitime interrogation sur l'utilité de la chose (mais un blog étant par nature futile, il n'y a là qu'un côté paroxystique dans l'inutilité), et passé le sentiment d'admiration devant une telle ténacité, je me demande dans quelle mesure ces photos sont sincères, et dans quelles mesures elles résultent d'une mise en scène. 


Cependant, en parcourant le site au hasard, on comprend très vite qu'il habite vraiment Paris, qu'il a un goût certain pour les chemises improbables et qu'il est certainement ambidextre. Ces quelques éléménts mis à part, on ne saura pas grand chose sur les motivations profondes de cet acte gratuit.

Ca se passe ici : 09h09.blogspot.com C'est peut-être complétement stupide, c'est certainement inutile, c'est peut-être poétique. C'est ça qui est beau.

23 avril 2010

Attention au phishing Twitter !

Voilà ce que je viens de trouver en jetant un petit coup d'œil préventif dans mes spams Gmail :


Vous remarquerez que la chose imite très bien le look Twitter. Prudence donc. 

Et pour ceux qui douteraient de l'arnaque, et bien que l'url réelle du lien ne laisse pas de place pour le doute, voici ce que ça donne si on s'obstine, et choisit malgré tout de cliquer sur le lien :



Petit plus spécial noobs
- Définition du phishing
- Téléchargez Firefox 3 pour être protégé !

31 mars 2010

L'appel du meuporg

Comme vous en avez tous entendu parler, je ne reviens pas sur les faits. Ah ? Il y a en au fond qui n'ont pas suivi ? Vous dormiez ? Bon, leçon de rattrapage : un journaliste de Télématin, émission jeune, techno et geek si il en est, s'est lancé, l'inconscient, dans un long développement sur l'addiction vidéoludique, se terminant en apothéose lorsqu'il désigne le coupable de tous les maux dont souffre notre belle jeunesse : le meuporg.

Le quoi ? Mais le meuporg voyons :


Ah oui, quand même, hein ? Il a beau être matinal, il a mal.

Je sais, c'est facile de se moquer, mais j'avais prévenu dès le titre.

Depuis, dans un éclat de rire général, le barbarisme (ou le néologisme ?) a fait l'objet de multiples reprises, parodies, détournements, caricatures, dont cet excellent remix, trouvé hier soir sur Ecrans :


Depuis, c'est la gloire. Nathanaël de Rincquesen est en passe de devenir la nouvelle idole des jeunes, le meuporg a un site a son nom, ainsi que l'inévitable page Facebook qui va avec et... France 2 a acheté le mot clé chez Google.

La gloire vous dis-je.

15 mars 2010

Votre mission, si vous l'acceptez...

Rendre hommage à tous les disparus plus ou moins connus, c'est quasiment mission impossible quand on tient un blog...

Mais Jim Phelps Peter Graves est mort, et je ne peux laisser passer cette occasion de jouer un peu avec un générique ultra-célèbre, et les ressources du web... J'accepte cette mission !

Tout d'abord le générique de la série originale :



Une version symphonique :



Une reprise à la guitare électrique :

(je ne vous mets pas toutes les versions à la guitare, Youtube regorge de vidéos de ce type ; mais je ne peux résister à l'envie de vous envoyer voir le bon, la brute et le truand de la guitare sèche)

Et une autre... à l'accordéon !



La version a capella (un peu à la façon du générique des Simpsons déjà évoqué) :



Et une bonne vieille parodie des Inconnus pour la route :



Hommage accompli !

01 mars 2010

Au bonheur des noobs

Ce matin, j'ai lu cet édito de PC Inpact portant essentiellement sur les noobs. Dans le jargon webo-informatique, noob est le qualificatif légèrement méprisant dont on affecte les nouveaux venus et par extension, ceux qui n'y connaissent rien et/ou ne comprennent rien et/ou posent toujours des questions de base, même après des années de pratique.

Nil Sanyas, l'auteur de l'édito, donne d'ailleurs une liste (non exhaustive...) des questions typique du noob :
- Les noobs ne savent pas/oublient que mettre un accent dans une url ou une adresse email pose des problèmes…
- Les noobs lisent et même cliquent sur les spams qu’ils reçoivent.
- Les noobs installent des navigateurs, des barres (Google, Yahoo!), etc. sans s’en rendre compte lorsqu’ils installent d’autres logiciels.
- Les noobs, en général, ne lisent pas et cliquent sur OK (ou suivant) sans vérifier ce qu’ils installent ou ce à quoi ils s’abonnent.
- Les noobs ne saisissent pas l’importance des formats texte, vidéo et audio, et leurs conséquences que cela peut avoir s’ils veulent ouvrir lesdits fichiers (sans les codecs installés), ou encore sur les autres ordinateurs ou le matériel qu’ils utilisent (baladeur, etc.). Le mot compatibilité leur est quasi inconnu, et ne parlons pas d'interopérabilité.
-Les noobs sont très en avance sur leur temps et pensent que la licence globale est appliquée. Oui, pour eux, télécharger n’importe quel morceau et film est tout à fait légal. Payer leur abonnement Internet est suffisant.
- Face à un problème informatique, même mineur, le noob bloque directement. Et ils vous appellent… Ou il achète un nouvel ordinateur sans chercher à résoudre le problème. À croire que la logique informatique est différente du reste du monde, alors que concrètement, pas tant que ça.
- Le son ne marche pas ? Le noob ne pense pas à vérifier si les enceintes sont allumées ou si le son est coupé sur leur OS.
- Internet ne fonctionne pas ? Le noob ne pense pas à vérifier si le câble Ethernet est bien enfoncé, ou si le Wi-Fi est bien activé.
- Demander Alt+F4 en discutant sur un chat ou via un jeu vidéo par exemple fonctionne très souvent. Sauf si la personne est tellement noob qu’elle ne sait pas qu’il faut garder le Alt enfoncé...

 
A cette définition un brin généralisante, j'apporterais volontiers un bémol : il faut distinguer le noob du newbie. Le newbie (= le nouveau) est le nouveau venu pur sucre, celui qui découvre. Il est là pour apprendre et ne doit donc pas être blâmé de ses erreurs. Le noob par contre, a plus d'expérience, mais commet des erreurs ou adopte un comportement de débutant.

Ces définitions n'ont bien sûr rien d'officiel, et peuvent s'appliquer à la bureautique, au web, aux jeux vidéos... qu'importe le domaine, à partir du moment où l'on peut expédier la question du noob d'un cinglant "RTFM"

La suite de l'édito semble vouloir démontrer, à travers l'interview de deux femmes de geek, que le noob est avant toute chose une créature avide d'apprendre, qui ne demanderait qu'à progresser. Cela partant d'un constat  expérimentalement vérifié sur deux sujets, je ne mets pas en doute cette hypothèse.

Néanmoins, je ne suis pas vraiment satisfait de cette démonstration. D'abord parce qu'après la lecture de la liste des questions de noob, je m'attendais à une autre conclusion. Ensuite parce que dans l'une des deux interview se trouve une phrase révélatrice de tout ce qui sépare le geek du noob, qui apparait dans cet optique comme le synonyme de "monsieur tout le monde" : "C'est pourtant simple comme bonjour pour nous tous, mais il est important de savoir que ce n’est pas le cas pour tout le monde, loin de là"


Ce que j'espérais en guise de conclusion, c'est un appel à une informatique plus simple, plus accessible à mamie Suzanne, à nos chéries-qui-s'y-connaissent-pas, à Tatie Germaine, et à Tonton Gaspard qui fait ce qu'il peut pour rester dans le coup.  Et l'auteur le reconnait à demi-mot quand il dit que ce n'est pas simple comme bonjour pour tout le monde. 

Car je pense que ce n'est pas seulement une question d'apprentissage et de bonne volonté. Bien souvent, lire ce satané mode d'emploi ne sert à rien, parce que ce Fichu Manuel n'a pas été conçu pour moi, mais pour mon voisin "qui s'y connait". Parce que le manuel a été traduit avec les pieds. Parce que mon mari/petit ami/fils/cousin/voisin/pote geek va m'expliquer avec ses mots à lui, et que la pédagogie n'est pas un don inné. Parce que j'ai peur de mal faire et de "casser quelque chose".


La peur de mal faire. Casser quelque chose. S'estimer mal équipé pour comprendre. Si vous avez déjà été amené à dépanner quelqu'un, même pour quelque chose de simple (surtout pour quelque chose de simple), vous avez forcément déjà entendu l'une de ces phrases. Voilà pourquoi je suis un peu déçu par cet édito : ce n'est pas aux noob de venir à l'informatique, c'est à l'informatique de se mettre à leur niveau. Voilà pourquoi RTFM, même si ce n'est qu'une expression-cliché, pas aussi utilisée qu'on pourrait le croire, est révélatrice avant tout d'un état d'esprit, qui doit disparaître au profit de l'éducation et de la simplification.

Et au profit de l'égalité des sexes ? Avez-vous remarqué à quel point ces articles (l'édito dont je parle depuis tout à l'heure, et mon texte) sont connotés ? On dit "un geek" et "ma chérie ne comprend pas". Ok, c'est souvent comme ça que ça se passe, mais quand même...

Car on est toujours le noob de quelqu'un !


Illustrations :
- I'm a noob CC Andrew*
- RTFM cofee mug CC  richardmasoner
- If you want them RTFM, make a better FM CC Rerun van Pelt

25 février 2010

Luc, je suis ton père, lol

M6 diffuse ce soir l'épisode V de Star Wars, c'est donc le moment où jamais de ressortir des favoris cette petite vidéo lolesque dénichée sur Ecrans il y a quelques temps de cela.


Ce petit exercice démontre à mon sens que ce n'est pas l'hilarité inhérente à certaines scènes qui faisait rire, dans les séries B genre Cosby show, mais bel et bien les rires enregistrés...

11 février 2010

De l'avenir Star Wars la nostalgie te donnera

Dans les blogs, on peut distinguer, grosso modo, trois familles : ceux qui prennent tout à la rigolade, ceux qui voient le monde comme un immense drame, et ceux qui prennent prétexte des sujets en apparence les plus futiles pour nous permettre de nous coucher, le soir venu, un peu moins sots.

Totem, le bloc-notes visuel d'André Gunthert, appartient à la troisième catégorie. André Gunthert est maître de conférences à l'école des hautes études en sciences sociales, où il dirige le laboratoire d'histoire visuelle contemporaine. Inutile que je vous explique l'intérêt de la lecture des écrits du monsieur, appliqués à internet, au cinéma, en un mot, aux images de la vie de tous les jours. Outre qu'il est l'auteur d'un des commentaires les plus intelligents sur Avatar (avec celui-ci, même si les thèmes abordés ne sont pas les mêmes), il écrit parfois de petites notes sur un détail qui l'a marqué dans le film de la veille. 


Et il a regardé, lui aussi, Star Wars épisode 3. Mais il en tire des remarques intelligentes, lui ; les conversations par hologrammes interposés constituent une référence à laquelle les moins de (10 ans ? 15 ans ?) ne peuvent plus accéder :
[...] la manifestation du “bruit” de la transmission [holographique] reproduit un effet de sautillement caractéristique du signal électronique, qui a totalement disparu des écrans. Plus habitués à l’affichage à retardement de quelques paquets de pixels, trace d’une inhomogénéité de diffusion, mes enfants n’ont jamais vu l’image qui leur permettrait de comprendre ce clin d’œil référentiel, issu du passé de George Lucas.
Quand on lit ça, en général on fait "Waouh... " Vous pouvez lire l'article entier ici (il est à peine plus long que ma citation) 


- le portail Culture visuelle (où vous pourrez notamment lire un article sur l'iconologie du casque de Dark Vador)


02 février 2010

Huis clos sur le net, les naufragés volontaires de l'info en ligne

Vous en avez sûrement entendu parler pour peu que vous suiviez peu ou prou l'actualité trépidante de la planète twitter : 5 journalistes francophones se livrent actuellement à une "expérience" consistant à se couper du monde -ils sont dans le Périgord- et de l'information -ils n'ont pas accès aux circuits traditionnels de distribution de l'information pendant une semaine- avec pour seule fenêtre sur le monde les seuls réseaux dits sociaux, au moins Facebook et Twitter, si j'ai bien compris.


En regardant vite, on pourrait penser c'est plus ou moins le concept du loft, sauf qu'il manque les candidats décérébrés, l'animateur crétin et les caméras... Mais en regardant un peu moins vite -parce que ce n'est pas capital non plus- que constate t-on ? Qu'il s'agit de voir jusqu'à quel point on peut se tenir informé en utilisant seulement Twitter (oublions Facebook, voulez-vous ?), et comment les informations qui font l'actualité sont transformées par la moulinette Twitter.

L'un des intervenants ne dit pas autre chose :

Enfin, l’isolement dans un gîte a, inévitablement, provoqué les analogies avec Loft Story et la Ferme Célébrités (qui commence, manque de chance, quasiment en même temps !). De quoi décrédibiliser, d’avance, l’expérience… Or il ne s’agit pas d’une expérience sociologique (critiques sur la méthode) et cela n’a jamais été présenté comme tel. Il s’agit de la vision de journalistes qui sont des utilisateurs lambda de ces réseaux. Ni plus, ni moins. Avec une volonté de partir sans a priori.  Tout est question d’honnêteté dans la présentation des choses.
Qu'est ce qui est important, comment se hiérarchisent les nouvelles au niveau de l'utilisation globale du service ? A la fin de la semaine, quel sera le bilan ? Constaterons-nous un décalage entre l'information à la sauce "communautaire" Twitter  et l'information sélectionnée, hierarchisée, en un mot professionnelle des médias traditionnels ? Oui, sans doute; mais je pense qu'il ne sera pas aussi extrême que ça.



Pourquoi ? Pour plusieurs raisons.

Tout d'abord parce que nous avons affaire à des professionnels de l'info, habitués à faire le tri entre ce qui est important et ce qui l'est moins, et à rechercher l'information pertinente en remontant à la source et en éliminant le bruit (et ici le buzz...) parasite. Ensuite, même si l'information disponible dépend uniquement de la "qualité" des personnes suivies par nos Bombard du net, beaucoup de twitts sont des copiés-collés de journaux en ligne... Je veux dire par là que nous "créeons" très peu d'information sur Twitter ; la plupart des informations réellement pertinentes sont des reprises.

La lecture des premiers résultats est à ce titre édifiante. J'ai  appris des choses dont je n'avais pas entendu parler (le PDG de Pier Import) ; pour le reste, je trouve qu'il y a l'essentiel.


L'image qui précède est extraite du fil Twitter de Benjamin Muller, journaliste France Info, et membre du groupe. Les 4 autres sont : Nicolas Willems (RTBF), Anne-Paule Martin (RSR, Radio Suisse Romande), Nour-Eddine Zidane (France Inter) et Janic Tremblay (Première chaîne - radio Canada). Je ne voudrais pas qu'elle donne un aperçu trompeur de leur acuité : j'ai écouté Nour-Eddine Zidane ce matin sur France Inter, et il s'est livré à une sorte de revue de presse, séparant ce qui lui paraissait important dans l'actualité du jour, et livrant au passage quelques informations nouvelles par-rapport au "vrai" journal du jour, de ce qui constitue le bruit de fond de Twitter (buzz, nouvelles sectorielles, geekeries etc.).

J'ai créé une liste Twitter pour les suivre, et je suis un peu déçu de ce côté là : ils sont aussi peu bavards qu'ils sont à l'écoute ! On ne peut pas tout faire en même temps ! Par contre, ils tiennent un blog collectif, sur lequel ils sont beaucoup plus prolifiques. Les personnes intéressées par l'expérience seront bien avisées d'y jeter un oeil, voire deux. C'est plus pratique pour lire.



De par le recul dont je viens de parler (ce qui pose la question de leur choix : sont-ils des habitués des réseaux sociaux ? Ou bien a t-on, à dessein, choisi les quelques journalistes encore vierges de twitteraddiction et facebookophilie ?), les remarques sont plutôt pertinentes :
- Pourquoi suit-on (ou pas) quelqu'un ?
- Twitter et Facebook ne suffisent pas pour suivre et comprendre l'actualité (le graissage est de moi)
- Les réseaux sociaux sont utiles aux opposants dans les dictatures (Iran, Russie)

Un dernier commentaire pour finir, à propos de Facebook, que je ne considère pas comme étant le réseau social le mieux indiqué pour cet exercice. C'est plutôt une sensation diffuse, nous verrons bien le bilan à la fin de l'exercice, mais malgré ses efforts pour imiter Twitter, je pense que Facebook ne parviendra jamais au même résultat. Pas forcèment à cause de la profusion d'applications à base de Paf le chien (quoique...), ou basées sur des quizz idiots, ou dérivant du principe du poke, ou tout simplement inutiles, mais surtout à cause de l'opposition fondamentale entre ces deux réseaux : Twitter est un réseau ouvert (où l'on peut faire le choix de rendre son compte privé), alors que Facebook est un réseau à l'origine fermé, où il faut être autorisé par le titulaire du compte pour en voir le contenu.


Illustrations CC - respres, jez et Todd Barnard
Reblog this post [with Zemanta] 

15 janvier 2010

Le chevalier blanc et le dragon rouge, encore un mot sur Google et la Chine

Il semblerait que tout ne soit pas si simple et que, dans cette histoire comme dans bien d'autres, généralisation et simplification soient les deux mamelles de l'erreur de jugement.

Tout d'abord, les positions relatives de Google et de Baidu sur le marché de la recherche chinoise se seraient rapprochées, selon StatCounter que relaie Ecrans : "Depuis le mois de juillet 2009, où il détenait 30% des parts de marché face aux 68% de Baidu, Google a connu une hausse impressionnante. Notre analyse suggère que, vu les performances récentes de Google, les parts de marché ne sont certainement pas la raison de leur menace de retrait en Chine."

Analyse qui me conduit, dans un deuxième temps, à remettre en cause une partie de mon raisonnement : Google  a peut-être un peu plus à perdre que ce que j'imagine (et même si il était encore à 30% de part de marché, ce ne serait pas négligeable non plus), même si je ne suis pas le seul à penser qu'il cherche avant tout à redorer son blason auprès des occidentaux, et à renouer avec son image de chevalier blanc du web. L'article de ZDnet, relayé par Tristan Nitot, ne dit pas autre chose : "La firme joue donc probablement un gros coup de bluff : qui imaginerait que le gouvernement chinois autoriserait Google à sortir de sa politique de censure du web ? Qui croirait un instant que Google tournerait définitivement le dos à un marché de plus de 300 millions d'internautes, le plus grand marché au monde ?"

Et la Chine dans tout ça ? Officiellement, Pékin s'en moque. Officieusement, Pékin ne peut pas laisser Google partir. "Ce serait une claque terrible pour le pouvoir : toute sa politique internationale est justement fondée sur l'idée qu'il peut imposer ses propres règles", explique-t-il. En termes symboliques, la fermeture de Google.cn serait désastreuse, "d'autant plus qu'aux yeux des Chinois, Google, c'est le seigneur d'Internet, "le" grand moteur de recherche, même s'il reste moins utilisé que Baidu à l'échelle du pays". (via Le Monde, cité par T. Nitot)

Et le mot (provisoire) de la fin ? Je le laisse à Pierre Haski, le "monsieur Chine" de Rue89 :

Aujourd'hui, on approche d'une heure de vérité qui verrait la Chine devenir un vaste intranet, débarrassé des influences étrangères, et dans lequel tous les contenus provenant de l'étranger pourraient être approuvés (une « liste blanche » pourrait être créée, avec les sites étrangers autorisés). Cela laisserait les internautes chinois face à eux mêmes et à leurs censeurs.
[...]
Alors dans la course de vitesse entre « Big Comrade » et sa muraile électronique, et la créativité libertaire des internautes, le vainqueur ne sera pas nécessairement celui qui a le gros bâton. Décrié ailleurs comme une force hégémonique dangereuse, Google apparait désormais en Chine comme un facteur-clé de pluralisme et de liberté.

Parce que l'internet chinois, pour le moment, ça ressemble plutôt à ça :




13 janvier 2010

Google, la Chine, et la communication de crise

Ce serait, à en croire la blogosphère geekesque, la nouvelle du jour : Google arrête de se censurer en Chine, et s'affirme prêt, courageux petit bonhomme, à cesser ses activités chinoises si il le faut.

Quel courage. Ou plutôt : quel talent.

Pourquoi ? Tout simplement parce que, en Chine du moins, Google n'a pas beaucoup à perdre : soit il négocie un accord plus ou moins léonin avec le gouvernement chinois (qui ne se privera pas de continuer à hacker ses serveurs), soit il est contraint de quitter la Chine, qui a toujours menée la vie dure à Google, et dont les objectifs dans ce pays n'ont tout simplement pas été atteints : en terme de part de marché, Google est très loin derrière le moteur de recherche autochtone, Baidu

Au final, Google ne perdrait pas grand chose. Il quitterait la Chine tête haute, avec la double image de la victime d'une agression informatique et du défenseur des droits de l'homme (avec quatre ans de retard à l'allumage tout de même), et redore son blason, qui commence à perdre de son éclat, auprès de l'opinion publique.

"Nous avons des preuves suggérant que l'objectif premier des assaillants était d'accéder aux comptes Gmail de militants chinois pour les droits de l'homme."

Que conclure de ce non-événement ? Que chez Google, on est quand même sacrément opportuniste et très doué en communication de crise. Ce qui me parait vraiment très fort, c'est que tout le monde -à commencer par Rue89- présente l'affaire comme un camouflet pour la Chine, qui risque de se voir "privée" de Google, alors que bien au contraire, c'est Gogle qui renonce, temporairement sans doute, au gâteau chinois...





Quelques liens :
- Sur la dégradation de l'image de Google dans l'opinion, je vous renvoie à l'article de Tristan Nitot : Google et Facebook dans le collimateur du public, publié sur le standblog. Autres preuves que le vent est en train de tourner pour le colosse (aux pieds d'argile) de Moutain View : le dossier de janvier du magazine L'informaticien : Google, l'arnaque planétaire ? ou cette inquiétude d'une ministre allemande : Google est devenu trop puissant.

25 novembre 2009

Glander ou glaner ? Chronique du d, de Poe et de la sérendipité heureuse

Je me faisais hier la réflexion qu'il n'y a qu'un petit "d" de différence entre glaner et glander, et que sur internet, dans le domaine des blogs en particulier, c'est une lettre, ou plutôt un état d'esprit, qui peut mener à des résultats assez intéressants.

Je laisse à d'autres l'emploi de mots compliqués tels que procrastination ou sérendipité, encore que si le premier est employé à tort et à travers sur de nombreux blogs, le second n'est pas pour me déplaire. Francis Pisani nous explique qu'il donne à cet anglicisme le sens de "hasards heureux", et indique comment et pourquoi favoriser le plus possible leur survenue, notamment en pratiquant ce qu'il appelle le "ricochet virtuel".

Voilà une expression particulièrement heureuse ! Que de fois fois n'ai-je pratiqué le ricochet virtuel sans le savoir ? Grâce à Francis Pisani, je le ferai désormais en pleine connaissance de cause. Je sérendipiterai intelligent, tout en continuant à massacrer la langue française, bien sûr.

Et tout en manipulant des concepts qui me dépassent. Mais si je n'avais pas cette ambition, je n'aurais pas de blog.

Mais trève de digressions, parlons un peu du sujet qui motivait l'écriture de cette chronique, avant que je ne m'égare (de l'Est) avec ces deux notions légèrement snob : connaissez-vous Edgar Allan Poe ? Oui, bien sûr, sinon vous ne seriez pas là. (je flatte, mais c'est pour que continuiiez de procrastiner en ma compagnie)

Tandis que je procrastinais comme un beau diable en cliquant mollement sur les images défilant dans le nouveau Netvibes Wasabi, je suis tombé -par un hasard heureux- sur une image qui a déclenché toute une série de ricochets virtuels. J'en ai le cerveau encore tout éclaboussé.



Comme vous connaissez Poe, cette gravure doit immédiatement vous évoquer quelque chose, non ? Un indice : la traduction de la phrase sous l'image donne ceci "Le bateau semblait suspendu comme par magie, à mi-chemin de sa chute, sur la surface intérieure d’un entonnoir". Ca y est, vous y êtes ? Il s'agit bien entendu d'une illustration pour La descente dans le maëlstrom.

C'est là que je me suis mis à faire des ricochets sérendipitesques dans tous les sens. J'ai commencé par trouver la page Flickr d'origine, et Flickr, pour les procrastineurs en quête de sérendipité, c'est le nirvana. La première chose qui saute aux yeux, c'est que nous avons sans doute là l'intégralité du travail d'un certain Harry Clarke sur Poe ; la seconde, c'est qu'il avait beaucoup de talent.


"Pour l'amour de Dieu, Montresor ! Oui -dis-je-, pour l'amour de Dieu"
La barrique d'amontillado

Le propriétaire de cette page Flickr a un blog, A journey round my skull, joyeusement sous-titré "Unhealthy book fetishism from a reader, collector, and amateur historian of forgotten literature. Recent obsessions: illustration and graphic design." Ce qui peut se traduire de la façon suivante : "Fétichisme malsain d'un lecteur, collectionneur et historien amateur de littérature oubliée. Obsessions récentes: l'illustration et le design graphique". (Allez sérendipicrastiner du côté de Google traduction, l'affichage des résultats au fur et à mesure que vous taperez la phrase d'origine vous fera comprendre pourquoi il ne sert désormais plus à rien d'apprendre les langues étrangères)

Il va sans dire que ce titre m'a intrigué. J'ai donc cherché (deuxième ricochet) d'où il pouvait bien tenir son origine. Bien m'en a pris, j'ai ajouté un nouvel élément à cette pyramide de choses qui me feront me coucher moins sot ce soir : Voyage autour de mon crâne est un roman de Frigyes Karinthy, écrivain hongrois comme son nom l'indique, qui raconte comment les trains qu'il entend dans sa tête sont le premier symptome de sa tumeur au cerveau. Il en sera opéré, avec succès (en 1936 !) et mourra bêtement deux ans plus tard.

Une telle histoire valait bien la peine d'être découverte non ?


En moi tu existais, — et vois dans ma mort, vois par cette image qui est la tienne,
comme tu t’es radicalement assassiné toi-même !
 William Wilson 


Sentant qu'il fallait battre le ricochet pendant qu'il était chaud, je décidai alors de faire un sérendipas de côté, pour en savoir plus sur Harry Clarke. A ma grande surprise, ma première découverte a été d'apprendre que la Wikipédia française n'a pas d'entrée sur lui. Mais la richesse du web, c'est justement qu'il existe toujours un passionné de quelqu'un ou de quelque chose, et donc une page en rapport. Le chouette site de Rocbo m'a confirmé cette règle une fois encore.

Page du site Rocbo.chez-alice.fr consacrée à Harry Clarke

Clarke (1889-1931) n'est pas seulement illustrateur, il est avant tout maître verrier. Son dada, ce sont les vitraux. Ses illustrations de Poe et d'Andersen, c'était pour passer le temps. Une sorte de sérendipité de luxe finalement.


"...jeté profondément, bien profondément, et pour toujours, dans une fosse ordinaire et sans nom"
L'ensevelissement prématuré - et son bonus pour les sérendipiditeurs acharnés

Il n'y a qu'un petit d de différence entre glaner et glander. La sérendipité n'est que le luxe des curieux.