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24 mai 2010

Polémique musicale du lundi : Viva la vida / Coldplay

Un petit Coldplay pour bien commencer la semaine ?


J'aime beaucoup cette chanson, c'est le genre d'air qui reste longtemps dans la tête.

D'ailleurs, je ne croyais pas si bien dire en commençant à écrire cet article ; regardez ce que j'ai trouvé :


Loin de moi l'idée d'alimenter la polémique, je suis pleinement conscient qu'entre le remix, le plagiat, l'inspiration plus ou moins consciente et l'hommage, les frontières sont souvent très minces ; tout au plus une question d'appréciation. 

Est-ce forcément à un juge de trancher ? A vrai dire, le sujet est très sensible... Lisez donc cet excellent récapitulatif dressé par Lionel Maurel, sur son non moins excellent blog S.I.Lex : Un plaisir toujours coupable : le mashup 

21 avril 2010

Le mauvais goût est-il passible d'amende ?

Une photographie représentant un homme, mimant l'acte de s'essuyer les fesses avec un drapeau français, doit-elle signifier pour son auteur une condamnation à une forte amende ? Et quel devrait-être le montant de cette amende ? La question mérite d'être posée.

Mais jugez plutôt. Je viens de découvrir cette histoire par hasard (ou plutôt par sérendipité) : la Fnac de Nice organisait un concours photo sur le thème du politiquement incorrect et cette photographie, qui semblait remplir tous les critères pour l'emporter, n'a obtenu que le coup de cœur du jury.


Alors que le cliché gagnant, représentant une femme enceinte en train de fumer, n'a pas suscité de polémique démesurée(1) (il serait apparemment plus grave de fumer dans un film), celle en train de grossir autour de celui-ci prend des proportions inquiétantes, mais accouchera probablement d'une souris, comme d'habitude. 

Sitôt reprise par l'édition locale du quotidien gratuit Metro, l'image a provoqué l'ire de blogs "patriotiques"(2) puis de divers responsables politiques, dont certains se sont carrément "lâchés" - je n'en dirais pas plus, voyez les citations sur le blog de Jean-Jacques Bourdin. Mais désormais, l'affaire est remontée jusqu'à MAM, qui a décidé de porter plainte contre les auteurs de cet "acte inadmissible".

Et c'est là que je suis chiffonné.

On peut avoir les opinions qu'on veut, et attacher de l'importance à un symbole ; personnellement, je trouve cette photo de mauvais goût, mais répondant parfaitement aux critères du concours. Les réactions qu'elle provoque le montrent assez bien.

Histoire de recadrer un peu les choses, prenons des éléments de comparaison. Si , au volant de votre bolide, il vous venait l'idée de dépasser de 50km/h la vitesse autorisée (ce qui est énorme), vous encourrez une amende de 1500 € ; si, toujours au volant, vous vous faites prendre sous l'empire d'un état alcoolique, pour reprendre la poétique expression du Code de la route, il vous en coûtera 4500 € (que les pénalistes ne s'offusquent point, je simplifie volontairement).

Mais pour outrage à la Marseillaise et au drapeau français, vous risquez six mois d'emprisonnement et 7500 € d'amende. C'est ce que prévoit l'article 45 bis de la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003(3). L'avocat interrogé par 20minutes affirme sans rire, que "C’est le seul fondement sur lequel on peut agir".

En-effet. Je pense moi aussi que les autres sont un peu trop vieux pour le panpan culcul...

***

1/ A telle enseigne que je n'ai pas pu trouver trace du cliché gagnant sur le web...
2/ On va dire comme ça
3/ Article non applicable en l'espèce, la décision du Conseil Constitutionnel du 13 mars 2003 excluant de son champs d'application les oeuvres de l'esprit (lien : considérant 104) Voilà pourquoi, une fois de plus, la montagne démagogique accouchera d'une souris...

26 mars 2010

La honte est sur nous et pas sur eux

Si je devais citer Me Eolas à chaque fois qu'il dit quelque chose que j'approuve, c'est bien simple, je passerais mon temps à ça. Heureusement pour l'intérêt tout relatif de mon blog, je m'abstiens la plupart du temps, me contentant de relayer sa bonne parole sur Twitter, Del.icio.us, parfois Tumblr, et sur ma liste de partage Google.

Rassurez-vous, je ne suis pas idolâtre pour autant, il m'arrive de n'être pas d'accord avec les opinions de l'avocat blogueur le plus célèbre de France - je me souviens notamment de son débat Twitter au sujet de la religion avec Jean Quatremer, qui m'avait particulièrement agacé. Mais on connait ma position sur la religion...

Mais sur la nouvelle polémique qui passionne les médias qui n'ont rien de mieux à raconter, la désormais fameuse "affaire Zimmer", je ne peux que partager son avis. Ca se passe ici.
 
Et tout ce que retiennent Eric Zemmour et Philippe Bilger, c’est l’origine ethnique des délinquants, comme si elle était pertinente. C’est s’arrêter à la surface. Et pointer du doigt toute une population qui partage ce trait physique majoritaire chez les délinquants. Comme si elle avait besoin de ça.


Regardez donc les grands criminels, ceux qui peuplent les assises, ceux qui violent ou tuent. Marc Dutroux est-il arabe ? Michel Fourniret et Monique Pelletier sont-ils noirs ? Francis Heaulme ? Didier Gentil ? Marcel Petiot ? Patrick henry ? Yvan Colonna ? Les tueurs de l’ETA ? Ou sans aller chercher les grands criminels, Céline Lesage, Véronique Courjault, Marc Cécillon puisqu’il faut bien que je parle encore un peu de rugby ? On me rétorquera Youssouf Fofana et Omar Radad ; mais je n’affirme nullement que les noirs et les arabes sont à l’abri du crime. Mais ôtez le moteur de la pauvreté et du désespoir social (et le crime de Fofana, avant d’être raciste, est avant tout crapuleux), et miracle, la part de la population pauvre diminue instantanément. Il n’y a pas de gène de la criminalité. En est-on à devoir rappeler de telles évidences ?

Les box des tribunaux correctionnels ne sont pas remplis de noirs ou d’arabes. Ils sont remplis de pauvres désespérés. C’était déjà le cas il y a un siècle, quand le blanc était la couleur dominante.

La France n’a pas échoué à intégrer les populations qu’elle a fait venir d’Afrique ces cinquante dernières années. Elle n’a même pas essayé. C’est cela que la couleur des prévenus nous rappelle à chaque audience. C’est que pas un seul d’entre eux, bien que né en France, n’a pensé une seule seconde qu’il avait une chance de devenir lui aussi médecin, avocat, juge, journaliste au Figaro ou avocat général.

La honte est sur nous et pas sur eux.

Encore un mot, malgré tout : n'accablons ni Zemmour, ni Bilger. A l'instar d'Aliocha, je pense que chacun doit pouvoir exprimer son opinion sans encourir les risques d'un lynchage, qui, fut-il virtuel, n'en reste pas moins violent.

Après tout, ce n'est pas parce que Voltaire n'a jamais dit la phrase suivante qu'elle ne mérite pas qu'on lui accorde de l'attention : 
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire."