16 juillet 2006

Festival #01 - L'art de ne rien faire


La cour de Flore a dû voir bien des choses, mais ça, je pense que c'est la première fois. Deux journées consacrées à l'art délicat de la farniente, au savant problème du laisser aller, bref, aux différentes manières de ne rien faire.

Les préparatifs avaient déjà attiré les curieux, il était donc normal que les participants soient nombreux, et entièrement plongés dans cette activité, habituellement peu usitée dans cette cour de prestige acollée à la mairie : se poser les fesses dans un transat et regarder passer le temps, jouer à la pétanque sous des fenêtres ouvragées, résoudre un sudoku ou des mots croisés ou tout simplement discuter aimablement au milieu d'un champ de tournesol artificiels.

Car l'art de ne rien faire ne saurait se passer d'accessoires, et les organisateurs avaient bien faits les choses. Au milieu d'une légère odeur de gazon -d'autant moins synthétique qu'il avait déjà eu le temps de jaunir- on se demande quelques instant où l'on se trouve exactement. Pour un peu on entendrait les mouettes et le bruit des vagues.

J'observe, ravi, ce spectacle à la frontière de l'irréel, qui ne semble pas déstabiliser outre mesure les joyeux estivants qui ont établis ici leurs quartiers pour la journée. La brave mamie qui s'arrête à ma hauteur, par contre, a un peu plus de mal. C'est, disons, un problème conceptuel...
- (étonnée) : Qu'est ce que c'est ?
- (moi, désignant une affiche) : C'est "L'art de ne rien faire" !
- Mais ils font quoi ?
- Eh bien... rien ! C'est ça l'idée !
- Je ne comprends pas... un si beau lieu, faire ça....
- (moi, emphatique) : Justement ! C'est du détournement de lieu ! Regardez ces fenêtres sculptées, ce cadre Grand Siècle, il fallait oser poser du gazon au milieu !
- (dubitative) : Mais ça sert à quoi ?
- ...
Elle s'éloigne, souriante et obstinée, absolument pas convaincue par ma rhétorique, pensant sans doute que ce monde est décidemment de plus en plus fou.
Elle n'a pas vraiment tort au fond.
Soyons joyeusement fous dans un monde fou à pleurer...
***

Ainsi se termine le festival #01
Je n'ai pas tout vu, mais je n'ai pas raté grand chose. A l'heure du bilan, je pense pouvoir dire qu'il s'agit d'une réussite. Les gens étaient là, les spectacles ont plus, n'étant ni trop convenus, ni trop avant-gardistes, avec un petit bémol toutefois pour Shadow blues, qui, à trop vouloir faire dans l'intellectualisme, a bien failli jouer devant des gradins vides...

Seule petite chose qui ne se passe pas dans un des hauts lieux de la capitale bourguignonne : l'exposition virtuelle Karapika à Dijon. Hormis un "prologue" qui se déroulait à l'Hôtel de Vogüe, toute l'histoire se déroulera sur internet. Je vous donne le lien, c'est... spécial. La mamie déroutée par l'invasion des tongs dans le palais ducal ne sera plus la seule à être dubitative...
***

Quittant la cour engazonnée pour quelques heures encore, je monte le grand escalier de pierre blanche menant au Salon Apollon, pour l'exposition photographique "Dijon vu par Yves Guillot"
Difficile de décrire une petite cinquantaine de photos en quelques lignes, il eut fallu prendre des notes. J'ai quand même été conforté dans mes marottes personnelles en constatant que l'artiste avait choisi des points de vue décalés, des détails tels que des lampadaires ou des portes cochères, entrecoupés toutefois de détails pris sur tel ou tel monument dijonnais.

Bon. Encore quelques années d'entrainement et je monte mon expo.
Ce sera joyeusement fou.
***

En attendant ce grand événement, je pars en vacances ! Je lirai vos commentaires -débordant d'enthousiasme, je n'en doute pas- à mon retour, mais j'espère quand même trouver le moyen d'accéder à internet d'ici là...

3 commentaires:

  1. j'aime bien les ptits dialogues, difficiles mais tellement vrais! lol

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  2. On ne peut plus vrais ! Ce n'est pas au mot près, mais les conversations rapportées sont absolument authentiques... ce qui fait tout leur sel, et rend ces chroniques plus vivantes qu'un simple compte-rendu de choses vues par un regard particulier, fut-ce le mien...

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