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17 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort - Deuxième partie

Nous venons d'aller voir Harry Potter et les reliques de la mort - Deuxième partie, et je dois dire que je suis un peu déçu. Non pas que l'histoire ne soit pas fidèle au livre, mais je m'attendais à plus d'émotions, et à moins d’effets spéciaux. 

Platform 9 3/4, King's Cross - London

Ce qui faisait tout l'intérêt du livre, et que l'on retrouvait en partie dans le film précédent, c'était la longue errance de Harry, Hermione et Ron, leurs doutes, leurs peurs, leurs engueulades. Puis, au fur et à mesure que l'on approchait du dénouement, les révélations sur la part d'ombre de Dumbledore, ses relations avec sa sœur, son frère et Grindelwald ; sa quête des reliques de la mort, ses erreurs telles qu'il les explique à Harry à la fin ; Voldemort vu à travers le prisme de sa profonde incapacité à s'intéresser à des choses telles que "des elfes de maison, des contes pour enfants, de l'amour, de la loyauté, de l'innocence et il n'y comprend rien".

Cela dit, ne crachons pas dans la pensine : le film est bien construit, sans longueurs, et on ne voit pas passer les deux heures. Ce ne sont pas des gallions dépensés en vain, on passe un bon moment de cinéma, avec ce qu'il faut d'émotions, de spectacle et de musique prenante. Mais comme tous les films, celui-ci pêche par ses raccourcis et ses simplifications. L'attaque de Gringotts était presque trop simple, Rogue n'est pas assez malheureux et Neville Londubat pas assez époustouflant. Quand Harry annonce à Ron et Hermione qu'il va se faire tuer par Voldemort (c'est pas dans le liiiiivre ! Sacrilège !), c'est à peine s'ils le retiennent. Ça fait partie du plan, c'est juste un mauvais moment à passer, je me fais tuer et je reviens, faites pas de conneries pendant mon absence.


Pire, on n'a pas vu Graup, le demi-frère géant de Hagrid, on n'a pas vu les centaures et les elfes de maison prendre part à la bataille finale ! Et le combat final entre Harry et Voldemort, celui que tout le monde attendait depuis 10 ans, était surjoué. J'admets, le côté visuel était là. Trop peut-être : ce n'était pas la fin du Seigneur des ténèbres, c'était Règlement de comptes à OK Poudlard, avec roulés-boulés dans la poussière, coups bas et projections dans des décors qui s’écroulent. Et sorts-rayons lasers qui se repoussent en rouge et vert, juste avant la désintégration finale du méchant, pour le côté flashy et Star Wars like.

Mais tout cela n'est pas très grave. On a passé un (dernier) bon moment avec Harry, on a bénéficié des derniers conseils de Maitre Dumbledore au padawan Potter (alors que dans le livre... oui, bon, on sait) et on a tous eu un petit pincement au cœur à la toute fin, quand le Poudlard Express part une nouvelle fois du quai 93/4, 19 ans plus tard, emportant les enfants de la petite bande vers de nouvelles aventures.

Car comme dans toutes les belles histoires, ils furent heureux et eurent plein de petits sorciers.

11 janvier 2011

De mignons émotifs anonymes chroniques

Dans le dernier spectacle de Gad Elmaleh -Papa est en haut- il y a une interjection qui revient assez régulièrement, principe de comique de répétition oblige : "C'est mignon"


Lorsque Gad (oui, on s'appelle par nos prénoms, on est super proches) dit "c'est mignon", ce n'est pas moqueur, c'est réellement parce que c'est mignon. Il est en va de même pour qualifier le film Les émotifs anonymes. C'est réellement mignon. C'est à dire que c'est mignon, pas mièvre, ni dégoulinant de sensiblerie, et pas non plus fouillé dans un tripatouillage de sentiments à la Isabelle Huppert, non, c'est mignon tout court, et ça fait du bien. 


L'histoire est assez simple : Jean-René, patron d'une chocolaterie, hyper-émotif, embauche Angélique, super-émotive, comme vendeuse chargée de promouvoir ses chocolats auprès des boutiques de la région. Mais Angélique ne postulait pas pour le poste de vendeuse, elle est chocolatière... Seulement, ils sont l'un comme l'autre bien trop timides, que ce soit pour mener un véritable entretien d'embauche ou pour oser faire part de l'erreur.




Angélique participe à un groupe d'émotifs anonymes, Jean-René voit un psy, ou un coach ; la première fait des efforts monumentaux pour surmonter ses bouffées d'angoisse, le second se voit confier des exercices par son coach : toucher quelqu'un, inviter une femme à diner...

Devinez un peu sur qui il va "s'exercer" lors de plusieurs situations burlesques et attendrissantes...

C'est mignooon !

Isabelle Carré est gentiment émouvante et Benoît Poelvoorde, à la limite du contre emploi, fait un extraordinaire numéro de timide pathologique. C'est mignon !  Et ça fait tellement plaisir de temps en temps !

08 janvier 2011

Harry Potter et les reliques de la mort - première partie

Ce n'est un secret pour personne, je suis fan d'Harry Potter. Le jour où je suis tombé dedans, j'ai  dévoré les quatre premiers tomes, avant de rejoindre la cohorte des lecteurs avides de connaître la suite. C'était un délicieux supplice, où l'attente participait autant au plaisir que la lecture du livre en elle-même. Mais la fin est arrivée. Et le manque avec. Les vrais fans me comprendront : jamais plus nous ne lirons une nouvelle aventure de Harry ; pire, jamais plus nous ne connaîtrons le sentiment de la découverte lié à la première lecture, avec ses surprises, ses émotions, l'attachement aux personnages.

Dans un premier temps, j'ai d'abord refusé de voir les films. Trop attaché aux impressions des livres, refusant que l'on m'impose des visages et des lieux à la place de ceux que je m'étais imaginé, gardant trop en mémoire les détails du texte pour profiter de l'histoire, je n'en aurais de toute façon pas profité.

Flûte, je m'a gouré de logo

J'en ai finalement vu un - le premier de la série. Ce devait être un peu avant mon arrivée à Dijon : dans une chambre d'hôtel solitaire, sur une télévision minuscule, avec un lecteur de DVD à bout de course. Autant dire que c'était un pêché véniel. Je n'ai ensuite vu que Le Prince de sang mêlé, passant au travers de la promotion tapageuse de 3 films successifs. 

Et puis... le temps a fait son œuvre. J'ai oublié les détails des livres, j'ai eu envie de ressentir de nouveau un peu d'effet Harry, ne serait-ce qu'à travers le prisme d'un film. Voilà pourquoi nous avons vu Les reliques de la mort cet après-midi. Je suis satisfait de ces 2h30 de potterrisme. L'essentiel est là, y compris ce que j'avais oublié. L'ambiance est presque aussi sombre que celle du livre, avec peut-être une pointe d'émotion supplémentaire -grand écran oblige. Et aussi parce que j'ai lu chacun des livres très vite, ne prenant pas forcément le temps de m'approfondir sur les passages émouvants. 
"Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes." 
(Aucun rapport avec le schmilblick, mais j'aime beaucoup cette citation de Dumbledore)
Je ne cacherai pas avoir été très sceptique quand j'ai appris que le septième tome serait adapté en deux films.  Après visionnage, je dirais que ce premier film couvre un peu moins que les 3/4 du livre et je trouve que le réalisateur a su tirer parti des longs passages d'errance de Ron, Hermione et Harry à travers la campagne, sans pour autant tomber dans le piège d'assommantes longueurs. J'avais apprécié à sa juste valeur cette quête initiatique dans le livre, où les trois protagonistes se perdent, se retrouvent, affrontent des dangers trop grands pour eux. Je persiste d'ailleurs à trouver des points communs entre ce volume et La Communauté de l'anneau... voire entre la saga Harry Potter et Le seigneur des anneaux en général.  Mais ce n'est pas mon sujet aujourd'hui. J'en reparlerai peut-être... après la sortie de la deuxième partie. 

Que je suis impatient de voir pour le coup.

23 avril 2007

Chronique des dragons, des fauteuils rouges et des yeux grands comme des soucoupes

Samedi soir, entre minuit et minuit 30. Sammy et Chérie de Sammy (qui est trop pudique pour accepter de voir son nom divulgué sur internet, et puis c'est joli, Chérie de Sammy non ?) rentrent du cinéma. Mais vous pouvez aussi dire Blanc d'oeuf et petit jaune d'oeuf, c'est joli aussi.

Place Saint Bernard, nous sommes abordés par un quidam en phase d'alcoolisation avancée, désireux de connaitre le chemin le plus court pour se rendre au bar "Le Broque" où ses amis l'attendent pour d'autres libations ; après une courte délibération, nous lui indiquons le chemin avec grand volontiers, comme dirait Melle Bille. Ce charmant jeune homme -on peut être pété comme un serre joint et rester poli, je ne pense pas que ce soit génétique, c'est plutôt une question d'éducation- nous quitta en nous gratifiant d'un "bonne soirée les amoureux" qui nous fit nous envoler à quelques centimètres du trottoir. Je ne sais pas si il s'en aperçut. Sans doute le porta t-il au crédit de son état, très aérien également.

Nous sortions, comme je l'évoquais plus haut, d'un cinéma miteux, où les écrans sont dans le même état que les fauteuils -défraichis et couturés- et où la foule, même un vendredi soir, ne se presse pas. La salle sale où nous étions inconfortablement installés (pourquoi les accoudoirs ne se relèvent-ils pas ?), bien que de petite dimension, permettait aux sept personnes de l'assistance de se placer à bonne distance les unes des autres. Je mis à profit l'attente d'avant film pour détailler le chapeau de l'homme assis dans les premier rangs ; il était laid, pas très propre, et couvert de grafitis. D'ailleurs, il faut vraiment que je songe à acquérir un modèle d'été. Je vous tiendrai au courant de cette nouvelle expédition.


Dernière interrogation métaphysique avant les bandes-annonces, qui laissa Chérie de Sammy perplexe : pourquoi les fauteuils des cinémas sont-ils toujours rouges ? Elle m'objecta bien qu'elle connaissait un cinéma de campagne où ils sont d'une couleur différente, mais il n'ouvre que trois jours par semaine en haute saison, et c'est de l'orange foncé. Pour ne pas dire du rouge délavé. Ce qui ne nous avance pas beaucoup. Certaines questions sont faites pour ne pas avoir de réponses.

Un peu comme le sens du film Les contes de Terremer, une histoire assez mal ficelée où un magicien déguisé en Obi-Wan Kenobi affronte un sorcier qui se prend pour Celui dont on ne doit pas prononcer le nom Voldemort[1] -en fait je n'ai pas trop compris si il s'agissait d'un sorcier ou d'une sorcière- et qui finit bien tristement, comme le chien du conte, avec des yeux de la taille d'une soucoupe.[2] C'est censé représenter le visage de la Mort. J'espère qu'elle n'est pas comme ça la Mort pour de vrai, ce ne serait pas très sérieux. Et avec un travail comme le sien, le sérieux, c'est important. Il est vaguement question de magie, de l'équilibre du monde, du cycle de la vie. Et de dragons. Que des choses grandes et magnifiques. L'équilibre du monde est bien entendu menacé par le méchant qui ressemble à un Voldemort qui aurait fusionné avec Marilyn Manson, et auquel l'émule d'Obi-wan explique que c'est la certitude de la mort qui rend la vie si belle. Ou quelque chose dans ce genre là. Le jeune padawan apprenti du magicien passe comme il se doit du côté obscur, mais il est sauvé par les supers pouvoirs de sa copine qui ressemble tantôt à Heidi, tantôt à Laura Ingalls, mais qui s'avérera être une magicienne aussi. Et les dragons volent dans tous les sens en crachant du feu, c'est ce qu'ils savent le mieux faire.

Bref, des bons sentiments, mais une histoire assez convenue aggravée d'une réalisation déficiente. A vrai dire, la seule surprise est de réussir à suivre le fil ténu de la narration d'un bout à l'autre. La seule manière de s'en sortir est d'oublier très vite les passages que l'on ne comprend pas et d'espérer que la suite apportera une explication. Goro Miyazaki a encore du chemin a faire pour marcher sur les traces de son papa...[3]

Samedi soir, entre minuit et minuit 30. Nous rentrons doucement en ne songeant plus du tout aux fauteuils rouges délavés et aux bars convoités par des fêtard égarés. La nuit est magnifique aujourd'hui. Serre-moi dans tes bras. Souris. Et laisse moi te regarder, avec des yeux grands comme des soucoupes.

***

[1] Vous n'avez pas lu Harry Potter ? Une telle chose est-elle vraiment possible ? A l'instar du méchant du film, Voldemort a un visage vipérin et sa principale motivation est la peur de la mort
[2] Hans Christian Andersen : Le briquet
[3]Hayo Miyazaki


05 mars 2007

Chronique du simple bonheur

J'aime beaucoup le café. J'en bois le matin, j'en bois à midi, si je m'écoutais je me reléverais la nuit pour en boire. Je signale au passage à M. Nespresso que ma carte bleue a bien été débitée mais que je n'ai toujours pas reçu mon café. Et si d'autres font leurs délices du thé ou du produit de la vigne, certain(e)s succombent aux tentations voluptueuses de la tisane. Chacun trouve son bonheur où il peut. C'est le thème du film d'Eric-Emmanuel Schmidt, Odette Toulemonde. C'est un film sur le bonheur des autres. Ceux qui sont heureux de pas grand chose, ceux qui collectionnent les poupées costumées, ceux qui lisent du Balthazar Balsan et planent au-dessus des toits de Bruxelles parce qu'ils ont appréciés son dernier livre, ceux là aussi ont droit au bonheur, qui n'est pas réservé à une certaine forme d'élite. Elite intellectuelle qui méprise les bonheurs simples et populaires, ou qui se plait à séparer le monde en deux catégories : les gagnants et les perdants.


Odette Toulemonde, petite employée de grand magasin au destin terne et banal, vit avec son fils coiffeur et sa fille grincheuse, habite un modeste appartement dans une banlieue ouvrière plus modeste encore, avec les gosses qui courent dans le couloir, les poubelles à descendre et la mer du nord comme dernier terrain vague. Mais elle lit. Pas les chefs d'oeuvre de la littérature, ni des centaines de livres par an, ni des auteurs recommandés par les critiques les plus en vue ; non, elle lit les livres de Balthazar Balsan, et c'est une des choses qui suffisent à son bonheur. Mais la vrai raison de sa joie de vivre, elle la porte en elle, toujours souriante, chantante, virevoltante, entrainant tout son petit monde avec elle au son de Joséphine Baker.

Le film commence alors qu'elle prend son après-midi de congés pour se rendre à Bruxelles, pour enfin rencontrer en dédicaces et en vrai cet auteur auquel elle voue une admiration sans bornes. Seulement voilà, une fois devant son grand homme, elle est tellement émue qu'elle n'arrive même pas à dire son nom. Elle décide alors de lui écrire, choisit son plus beau papier à lettres (le rose, avec un petit ange au milieu) et lui dit l'importance qu'il a dans sa vie, avec ses mots naïfs mais débordant de sincérité. A l'occasion d'une autre séance de dédicaces, elle lui remet sa lettre. Balsan n'accorde qu'une importance relative à cette inconnue parmi d'autres, la lettre finit dans la poche intérieure de se veste, il la retrouvera par hasard en s'enfuyant de l'hôpital où sa tentative de suicide le mènera. Parce que si il a toutes les apparences du bonheur, il n'est pas heureux. Parce qu'il vient d'être descendu en flammes par le critique le plus important du moment, parce que son fils se fait taper dessus suite à cette émission, parce que sa femme le trompe avec le critique en question. Tombant par hasard sur la lettre d'Odette, il se met à sa recherche, et échoue un soir dans son petit appartement... La suite est assez évidente, aussi ne vous la raconterai-je point.



Dans Little Miss Sunshine aussi, tout le monde poursuit à sa façon son petit bonhomme de bonheur. Et le bonheur, c'est pas évident, surtout lorsque l'on divise le monde en deux catégories : les gagnants et les perdants. C'est la marotte du père d'Olive Hoover, qui applique à longueur de journée à sa famille sa méthode en neuf points pour devenir un gagnant, un vrai, un de ceux qui marchent sur la tête des autres.

Ce qui n'empêche pas les uns et les autres d'avoir des rêves grands et magnifiques. Le père, veut vendre sa méthode -et se heurtera à de cruelles désillusions- le fils a fait voeu de silence jusqu'au jour où il entrera à l'Ecole de l'air -il fait des pompes et lit Nietzche- l'oncle suicidaire rêve d'une Amérique qui comprendrait Proust et le grand-père, épicurien shooté et obsédé, ne demande pas grand chose à la vie. Ou alors juste un magazine porno et un rail de coke de temps en temps. Olive Hoover, 6 ans, ne rêve que de devenir Little miss sunshine, sorte de mini-reine de beauté. Se trouvant sélectionnée pour ce prestigieux concours, toute la famille s'embarque à bord de l'antique combi wolkswagen et se met en route pour la Californie.

J'aime beaucoup les road-movies. C'est toujours l'occasion de toutes les mises au point, les réglements de comptes, et le retour à l'essentiel, en général au bout de la route. Celle que l'on fait sur l'asphalte du Nouveau-Mexique, mais aussi en soi. Et c'est sans compter tous les événements tragiques ou cocasses que les héros ne manquent pas de rencontrer. Comme faire démarrer un van sans embrayage, ou mettre le cadavre de papy dans le coffre sans se faire remarquer. Au bout du compte, au bout de la route, quelques illusions se seront envolées, mais ils se seront mis d'accord sur l'essentiel. Qu'il faut faire ce que l'on aime, les vrais gagnants sont ceux qui ont le courage d'essayer. Qu'un rêve est fait pour être vécu jusqu'au bout, qu'il faut profiter de tous les plaisirs de la vie tant qu'on le peut, parce qu'on a tôt fait de se retrouver résumé au contenu d'une petite boîte. Et que les concours de beauté pour petites filles, c'est encore plus pitoyable qu'un défilé de caniches pomponnés.
Il faut faire ce que l'on aime, et merde au reste
(Dwayne Hoover, nietzchéen repenti)
Les rêves sont faits pour être vécus, le bonheur est fait de petites choses simples. Et merde au reste.

05 février 2007

La langue de Molière, chronique de l'inspiration

Le précédent étant mort au champ d'honneur, tombé glorieusement la pointe en avant, je projetais depuis un moment de faire l'acquisition d'un stylo plume. J'ai bien tenté de m'accoutumer aux divers erstaz que les papetiers mettent à notre disposition, mais rien à faire, ça ne va pas. Celui-ci écrit trop gros, celui là trop bleu -c'est rédhibitoire- un tel trop lentement et tel autre a su surtout faire preuve de sa capacité à fuir. J'ai donc fait cette importante acquisition un soir à C*rrefour. Pour tout dire, j'en ai acheté deux, ne pouvant me résigner à choisir entre ces exemplaires au semblable mérite. Quelle folie. Le premier fait six euros, c'est l'exemplaire de luxe, il reste à la maison. Le second n'en coûte que cinq et se satisfait très bien de voir du pays en voyageant dans mes poches.

Celui qui voyage est en plastique bleu et transparent. Moderne, dynamique, original. Son tracé fin est appelé aux choses les plus grandes. Les mémoires, les comptes-rendus. Voire les feuilles de congés. Il transcrit la parole du chef. C'est dire qu'il a su se rendre indispensable. Je prends des notes rapides et aériennes, soulignant d'un trait vif les points à retenir et entourant d'un large cercle les choses à faire tout de suite. Pour les affaires les plus pressantes, le cercle se multiplie en autant d'épaisseurs qu'il y a de retard accumulé. C'est magnifique.

La plume maison, au corps métallique et froid, sert au griffonnage, brouillonage et autres listes de choses à faire. Dois-je l'avouer ? Il a comme un air de souvenir d'enfance. Mon tout premier ressemblait fort à celui-ci, peut-être même était-il plus beau. Il dû lui aussi tristement finir, au terme d'une servitude scolaire de plusieurs années. Car mes histoires avec les stylos plumes sont des amours contrariées. Pourtant, je ne suis pas comme l'impétueux Jean-Baptiste Poquelin en proie à une crise d'inspiration, jetant rageusement sa plume sur le bureau. Il faut dire que c'était une plume d'oie et que le côté archaïque de l'outil faisait aussi sa solidité.

C'est plus ou moins avec cette scène que le film du même nom débute vraiment. Non, il ne s'intitule pas Jean-Baptiste Poquelin, mais Molière, tout simplement. Pourquoi Molière au juste ? Parce que "la langue de Poquelin" ça sonnait mal.



Ce n'est pas "la vie de Molière", ce serait plutôt "un mois dans la vie de Molière" Ou comment, après avoir été jeté en prison pour dettes, il disparait pendant plus d'un mois, au terme duquel il entrainera sa troupe en tournée pendant 13 années à travers le royaume. C'est authentique. Aujourd'hui encore ses biographes ignorent ce qu'il a bien pu bricoler pendant l'intervalle entre la sortie de prison et le départ en tournée. C'est cela que le film imagine, ce qu'il s'est passé, et c'est tout simplement génial. L'histoire, que je ne vous raconterai pas, c'est du Molière, avec des intrigues comme chez Molière : le bourgeois enrichi qui se voudrait gentilhomme, la comtesse méprisante, les servantes et les amours contrariées. Pas avec des stylos et des plumes cette fois. Non, c'est du Molière vous dis-je ! Mais entre de beaux jeunes gens confrontés à l'autorité paternelle.

Ce serait de ces instants décisifs que Molière aurait tiré la matière de toute son oeuvre future. Elle ne serait qu'une forme de transposition de cette aventure. Ou comment l'auteur utilise son vécu pour créer son oeuvre... L'ensemble comporte donc de vrais morceaux de Molière ! On retrouve quelques uns de ses futurs personnages, et quelques phrases lancées dans le feu de l'action deviendront ses répliques les plus célèbres, Le petit chat est mort, Belle marquise mourir vos beaux yeux d'amour me font, Cachez ce sein... et autres Qu'allait-il faire dans cette galère. C'est vraiment très drôle, très fin, on rit tant des clins d'oeil que de l'histoire elle-même, portée par un Romain Duris brillant. Ce type est formidable ; je ne sais pas si vous aviez vu "De battre mon coeur s'est arrêté", où il était déjà très bon, mais je me suis rendu compte que je ne le reconnaissais pas. Autant Luchini fait du Luchini (pardon Céline), mais du bon Luchini quand même ! autant lui devient véritablement Molière. D'ailleurs, il mérite un César rien que pour la scène où il fait le cheval. Je ne vous en dit pas davantage, je vous laisse découvrir...

Pour en savoir plus, vous devez maintenant aller le voir... Et plus vite que ça encore ! Hors d'ici tout à l'heure, et qu'on ne réplique point...

11 décembre 2006

Chronique du double effet James Bond

Dans les films de James Bond, les méchants sont toujours très laids. Je dois dire que le dernier en date ne m'a pas déçu. Moue dédaigneuse incurvée vers le bas, traits anguleux et oeil vitreux barrée d'une petite cicatrice que même Harry Potter il en a pas une comme ça, il a tout pour plaire. Et il est mal rasé. Je suis sûr qu'il a mauvaise haleine en plus. Et les cheveux gras. Voire les chaussettes trouées. Disons le tout net : il a une tête à inciter au délit de sale gueule.


Ses faits et gestes au cours du film incitent à penser qu'il n'est pas très gentil. Je pourrais même m'avancer jusqu'à le supposer mesquin. Si j'étais médisant, je l'imaginerais volontiers cruel et manipulateur, mais ce serait vraiment juger quelqu'un sur son apparence. Gageons qu'il a eu une enfance difficile, des camarades de classe taquins et qu'il a perdu son octodon dans des circonstances dramatiques. Depuis il cherche à se rattraper en ambitionnant de dominer le monde, ce qui est finalement assez compréhensible. Mais de là à ne pas tenir la porte aux dames, il y a un pas que ce sacripant franchit sans état d'âme.

On comprend mieux dès lors pourquoi le petit homme frustré évoqué par Bénabar dans une de ses chansons rêve d'être un méchant de James Bond. C'est une situation certes périlleuse, et qui finit la plupart du temps par une série d'explosions dévastatrices, mais qui impose le respect à ses collègues, l'admiration à sa concierge, le silence dans les rangs. C'est le premier effet James Bond.
Il voudrait être un méchant de James Bond pour menacer la planète et soumettre le monde, armé jusqu'aux dents dans un repère qu'il imagine à l'intérieur d'un volcan ou dans une base sous-marine.


Seulement, maître du monde ce n'est pas une situation très stable. Comme je viens de l'évoquer, ça finit souvent de manière tragique. Il faut dire qu'il y a beaucoup de postulants et une seule place. C'est un domaine où la concurrence est rude. Le petit cercle des maîtres du monde accepte difficilement de nouveaux membres, et les places sont chères. C'est sans doute pour cette raison que le nouveau méchant s'est choisi le rôle de banquier des autres méchants. Ils commettent leurs forfaits, il s'occupe de gérer leur petit capital, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de terreur possible.

En général, c'est à ce moment là que James Bond arrive. Ils sont bêtes les maîtres du monde. Cela fait maintenant 21 épisodes qu'il vient sans cesse contrecarrer leurs projets, et ils s'obstinent malgré tout à élaborer des plans diaboliques, des machinations compliquées, des complots ingénieux. La plupart du temps je ne comprend pas grand chose à toutes ces subtilités, et je regarde avec ravissement l'agent 007 tout ravager sur son passage. Les bases secrètes explosent, les ennemis tombent comme des mouches, le monde est sauvé. A la fin, le méchant qui voulait être maître du monde est châtié, et l'héroïne s'enfuit avec son sauveur. Tout cela est grand et magnifique.


Parce que lui non plus, il ne s'embarrasse pas de subtilités. A l'écouter, il ne demande que ça d'ailleurs : du sexe et de la violence gratuite, (dialogue entre Q et 007 dans Jamais plus jamais, ça aussi c'est de la culture) façon de procéder plutôt bien résumée par le tendre et délicat Alain Souchon.
Au cinéma y a James Bond
Il est vraiment pas comme tout le monde
Il n'a peur ni des brunes ni des blondes
Il pète la gueule à tout le monde
On croit qu'on est lui ça monte
On tue les reptiles immondes
On tue tout le monde
Et puis on rallume la salle
Et c'est l'horrible bye bye...
Dans Casino Royale, il y a malgré tout quelque chose d'un peu différent. Ce Bond là est un peu plus humain. C'est sa première mission en tant qu'agent "double zéro", et il a encore quelques failles. Il a déjà les défauts du "vrai" James Bond -arrogance et goût du risque- mais encore des points faibles, et il fait des erreurs qu'il ne commettra plus par la suite, comme boire un verre sans savoir d'où il vient, se vautrer bêtement en bagnole, ou faire confiance aux gens qui sont dans le même camp que lui...


Daniel Craig, malgré les préventions que je pouvais avoir à son égard (c'est vrai quoi, blond aux yeux bleus, le mythe du brun ténébreux en prend un coup dans l'aile) est un excellent James Bond. Regard fixe qui ne cille jamais, tête de tueur, petite touche d'ironie. Un petit trop baraqué par contre. Non, non, ce n'est pas de la jalousie. Regardez donc Sean Connery : pas besoin d'être body-buildé pour être crédible.


Mais tout ça n'est pas très important. C'est juste deux heures de divertissement entrecoupées de séquences publicitaires à la gloire des montres Omega et des portables Sony. Depuis deux jours, je sens bien que le PDA d'Eva Green est l'accessoire qui manque le plus à mon confort.
Et ça, c'est le deuxième effet James Bond.

***

A lire et à écouter :
Alain Souchon : C'est déjà ça
Bénabar : Les risques du métiers
Ian Fleming : Casino Royale

A voir sur internet pour en savoir plus :
Remerciements :
Orion, Céline et paysan heureux, qui reconnaîtront, chacun en ce qui le concerne, la façon dont ils ont pu contribuer à cette chronique !

15 juin 2006

La maison, quel bonheur...

Encore une critique de film... Si ça continue, ce blog va devenir de moins en moins un réceptacle à états d'âme et un carnet de choses vues, mais une annexe d'un célèbre site bien pratique pour chercher les horaires des films, encore faut-il avoir la présence d'esprit d'y penser...

Mais je n'ai pas eu besoin de recourir aux services de ce site, ni à appeler au 01-47-20-0-0-0-1 (ne me dites pas que je suis le seul à retenir le numéro de Jean Mineur ? Si ? Ah bon)
J'ai juste fait 36-15 Gégé ;-)

Bref, le cinéma, ça occupe l'esprit, et en bonne compagnie, c'est encore mieux. Si en plus le film est vraiment bon, on en sort avec un sourire jusque là. C'est le cas pour La maison du bonheur, premier film de Dany Boon, adapté d'une pièce de théatre (La vie de chantier) dont je n'ai jamais entendu parler, mais on ne peut pas tout savoir !

Salace ! Parfaitement ! S, a, deux l, a, deux s, e !
Avez-vous déjà envisagé d'acheter une maison ? Pire encore, vous pensez faire des travaux pour l'aménager à votre goût ? Vous pouvez encore renoncer vous savez... Peut-être l'avez-vous déjà fait ? Je suis sincérement désolé...

Pour son premier film en tant que réalisateur, Dany Boon fait en sorte de nous ôter à jamais cette envie. En-effet, quelle erreur ! Ces choses là occasionnent les pires ennuis. Ce ne sont qu'inondations, explosions et chutes en tout genre. Les gardes-corps ne gardent pas, les robinets n'empêchent pas l'eau de couler et l'électricité est une science bien hasardeuse. Résumons-nous : rien ne se passe jamais comme on le voudrait.

C'est une vraie comédie, avec des gags, des dialogues qui font mouche, des grimaces, des catastrophes en cascade. Une femme au bord de la crise de nerf, un banquier sous Prozac et des ouvriers désastreux. (Zinedine Soualem et Laurent Gamelon sont parfaits en Laurel et Hardy du bricolage)


Dany Boon est parfait lui aussi. Qui ne fait pas du Dany Boon, mais qui joue vraiment le rôle du cadre radin qu'un coup de tête (acheter une maison de campagne, pour faire plaisir à sa femme, alalalala, ce que vous nous faites faire...) va entraîner dans une spirale de catastrophes hilarantes.

Bref, un film à aller voir si vous voulez rire un bon coup. Je crois que c'est mieux que Camping, mais c'est juste un avis personnel.

Petit conseil : ne quittez pas la salle avant la fin du générique...

Message perso : Bon... d'accord pour Poséidon... j'emmenerai des boules quiès, une lampe de poche et un livre...

11 juin 2006

Davincible ennui

Il est minuit, c'est l'heure du crime, je vais donc assassiner le film Da Vinci Code. C'est un juste retour des choses, dans la mesure ou ce (très) long métrage a tenté de me faire mourir d'ennui. C'est long. Très long. Et on se fait chier. Oh oui. Et pourtant je ne partais pas avec un préjugé défavorable. Je ne me laisse plus influencer par les critiques fielleuses des journaux branchés depuis longtemps.

Sur un plan purement scénaristique, l'histoire colle au roman, pas la moindre sortie de route, c'est une adaptation honnête. Mais autant le livre est un pavé de 500 pages qui peut se lire agréablement en 3 jours sans casser trois pattes à un canard, autant le film aurait vraiment gagné à être raccourci d'une grosse demi-heure. Même si il n'est pas aussi calamiteux que certains voulaient le faire croire, on s'ennuie avec ferveur pendant les 2h30 qu'il dure. Ce qui est d'autant plus paradoxal que le début est presque trop rapide ; les énigmes au Louvre sont résolues "fingers in the noze" par un Tom Hanks que l'on a vu en meilleure forme et je doute que les personnes n'ayant pas lu le livre aient compris quelque chose à ces histoires d'anagramme... De même, il me semble que les passages avec le "cryptex" étaient un peu plus élaborés dans le roman. N'y avait-il pas deux cryptex l'un dans l'autre ? Hum, à vérifier.

Par contre, à partir du moment où le casse-tête vincinien est résolu et le méchant démasqué, je m'attendais à une fin plus rapide... et c'est là qu'il faut lutter contre le sommeil et/ou l'envie de partir... Autre chose que j'ai franchement détesté, c'est cette façon de prendre les spectateurs pour des imbéciles en illustrant systématiquement tout ce qui est dit. Un mot, une image. Pire encore, certains objets dans le film vont carrément être mis en surbrillance, effet jeu vidéo garanti. Je suis gentil quand même, je ne présupose pas que ma critique hargneuse vous dissuadera d'aller le voir, et je ne dévoile rien Je vous aurais néanmoins prévenu...

Voili voilou... ni le livre, ni le film ne justifiaient de faire tout ce pataquès médiatico-religieux ; c'est juste un bon thriller, original, avec une histoire bien inventée sur un thème historico-mystique qui marche à tous les coups. J'insiste sur le terme... ne comptez pas sur moi pour acheter un de ces innombrables ouvrages glosant autour de celui-ci et démontrant ses "erreurs"; c'est absurde, je ne demande pas à un roman ce qu'un livre d'histoire pourrait m'apporter. On ne lit pas Dumas pour la vérité historique... Et encore, en matière de romans policier j'ai déjà lu mieux... en toute franchise j'avais compris bien avant la fin qui était le méchant... le "rebondissement" n'est pas vraiment nouveau, c'est une grosse ficelle du roman policier, utilisée avec plus ou moins de talent suivant les auteurs...

Je termine par un petit coup de pub et une bonne résolution (encore une...) : si vous voulez du bon polar, avec un auteur qui écrit bien et qui crée autour de personnages très attachants un univers bien à lui, ou plutôt à elle, car il s'agit d'une femme, lisez les romans policiers, les "rompols" de Fred Vargas. N'importe lesquels de préférence, mais j'avoue que j'ai un faible pour "Pars vite et reviens tard" et "Sous les vents de Neptune". Il faudra que je fasse un article complet pour dire tout le bien que j'en pense, un jour... mais j'ai peur de me lancer, tant il est vrai qu'il est plus facile de critiquer ce qu'on aime pas (dire du mal, quel délice) que ce qu'on aime (si je ne parvenais pas à vous faire partager mon enthousiasme ?)

La critique est aisée, mais l'art est difficile, n'est ce pas Delphine ?

Du côté des bandes annonces : Pirates des caraïbes 2 ; Casino Royale, même si le nouveau James Bond n'a pas du tout, mais alors pas du tout la gueule de l'emploi ; Avril. Une histoire de nonne qui quitte le couvent pour découvrir la vraie vie, ça ne peut que plaire à un anticlérical primaire dans mon genre...

P.S. Vous avez été sages, vous avez lu jusqu'au bout sans grogner, voici donc une version parodique du film, circulant sur internet. Le titre parle de lui même : Da Vinci Gode...
Eloignez les enfants de l'écran...

04 juin 2006

Don Almodovar de la Mancha

Dans la Mancha, les patios sont frais, les façades blanches, les rues pavées et on ne se bat plus contre les moulins à vent depuis longtemps. Ils ont d'ailleurs cédé la place aux éoliennes. Non, dans la Mancha d'Almodovar, on se bat contre les fantômes du passé et leurs conséquences dans le présent. Car les fantômes reviennent parfois, sous la forme de souvenirs, voire de façon plus tangible, et on retrouve alors une mère disparue, qui revient pour régler certaines choses une bonne fois pour toutes.

Volver est une histoire de femmes, une histoire d'amour entre mère et fille, entre soeurs ; les deux personnages masculins du film n'ont pas le beau rôle, et d'ailleurs ils sont morts, soit au début de l'histoire, soit bien avant, dans ce passé enfoui que l'on veut oublier mais qui revient.

Car l'histoire, comme souvent chez Almodovar, commence avec un cadavre fort encombrant. Qu'en faire ? Et que dire aux voisines ? Ah, c'est déjà pénible d'avoir un homme dans les pattes mesdames... alors son cadavre, imaginez...

Pour une fois, le scénario n'est pas tortueux, et l'on a pas besoin de se faire expliquer après le film, ni de le voir deux fois pour comprendre (ceux qui ont vu "La mala educacion" savent de quoi je parle) ; l'histoire est moins violente que celle de la mauvaise éducation, c'est une comédie dramatique, on est balancé du rire aux larmes par un style que le réalisateur qualifie lui-même de "naturalisme suréel", et il n'est pas bien difficile de deviner le fin mot de l'intrigue bien avant la dénouement.

Mais ce n'est pas là que réside la force de ce film. Elle est dans l'interpétation magnifique des femmes au coeur de cette histoire et, si Penélope Cruz domine le film par sa présence magnétique -et son décolleté- les autres, toutes les autres sont essentielles à l'histoire, et produisent un remarquable jeu d'actrices. Le jury cannois ne s'y est pas trompé. Il n'y a pas que la soeur, la fille et la mère, il y aussi les voisines, les amies, la vieille tante un peu fêlée, représentant en quelque sorte les femmes à différents âges de la vie, et toutes unies et complices face à l'adversité d'une histoire qui semble se répéter.

L'explication finale, noeud du pourquoi de la disparition et du retour de la mère, (les mots sont ambigus, c'est normal, je ne peux pas en dire plus, allez voir le film !) est d'une grande pudeur, et d'une émotion très maîtrisée, alors qu'il eut été si facile de tomber, au choix, dans le graveleux ou dans l'inutilement larmoyant.

Pedro Almodovar accorde une grande importance à la musique de ses films, et Volver n'est pas en reste. L'interprétation du tango éponyme, par Estrella Morente, me fait dresser les poils des bras à chaque fois.

Guardo escondida una esperenza humilde
que es toda la fortuna de mi corazon


Petit détail à noter, pour les amateurs de clins d'oeil : Almodovar s'est intégré dans son film, à la manière d'Hitchcock ; on voit son fugitif reflet dans une porte vitrée d'un bus, ainsi que celui de la caméra en train de filmer la scène. Je n'ose croire que cela soit dû au hasard des éclairages. Par contre, si quelqu'un pouvait me confirmer la chose... parce que c'est passé vraiment très
vite.

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Rendons à César...