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13 juin 2012

En vrac #4

Vrac de choses trouvées sur le web ces jours derniers....

On peut tirer des généralités intéressantes sur la culture, même à partir des Télétubbies. Merci André Gunthert.
Mieux vaut regarder les Télétubbies avec ceux qu’on aime que les détester tout seul. Ou pour le dire autrement, ce n’est pas l’œuvre qui compte, mais les liens affectifs et sociaux que nous tissons avec.
Seb Sauvage est vraiment obsédé par Dwarf Fortress ; voici ce que j'ai lu dans son fameux Shaarli : 
En fait, c'est aussi une bonne leçon. Au lieu de gagner tout le temps à tous les jeux, on apprend à perdre. Le psychologue de comptoir que je suis oserait même dire que c'est peut-être une leçon de vie. Ou pas. En tous cas avoir des enfants en bas âge est intéressant: On les voit apprendre à gérer la frustration de l'échec, que ce soit perdre à un jeu ou ne pas réussi à fermer ses chaussures :-D [...] Parallèle (qui me semble intéressant): A l'école, on nous a toujours appris à ne résoudre que des problèmes qui ont une solution. Ce n'est pas forcément une bonne chose: Dans la vie, tout n'a pas forcément de solution (ou du moins de solution dont le coût est acceptable).
Va t-il falloir embaucher des geeks pour donner des cours de pédagogie ? Le hollandais volant s'attaque pour sa part à la philosophie, en répondant négativement à la question : le beau doit-il être utile ? Il prend pour exemple The Big Bang Theory, ce qui prouve bien que la démarche d'Olivier Pourriol est une bonne idée.
Peu importe si c’est beau, utile ou que ça plaise aux autres : vous avez fait quelque chose de brillant et avez utilisé à la fois votre imagination et vos connaissances techniques et théoriques pour réaliser quelque chose et c’est ça qui est magnifique. C’est tout le contraire de ce qu’on nous apprend à l’école !
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Belle histoire lue sur le Framablog, celle du réseau Urban eXperiment (UX), des "hackers" qui oeuvrent dans l'ombre pour préserver le patrimoine culturel délaissé par l'Etat :
Ils se disaient que l’administration serait contente de s’attribuer le mérite de la restauration, et que l’équipe prendrait le relais pour entretenir l’horloge. Ils informèrent son directeur par téléphone, et proposèrent de donner plus de détails sur place. [...] L’administration décida plus tard de poursuivre UX en justice, en allant même jusqu’à demander un an d’emprisonnement et une amende de 48 300 euros de dédommagement. Le directeur adjoint de cette époque, qui est maintenant le directeur du Panthéon, alla jusqu’à employer un horloger professionnel pour reconditionner l’horloge dans son état originel en la sabotant de nouveau. Mais l’horloger refusa de faire plus que d’enlever une pièce, la roue d’échappement, la partie même qui avait été sabotée la première fois. UX s’infiltra peu de temps après pour reprendre la roue en leur possession, afin de la mettre en lieu sûr, dans l’espoir qu’un jour une administration plus éclairée saluerait son retour.
Je vous conseille de lire l'intégralité de l'article, même si il est un peu long ; il est effarant dans ce qu'il révèle sur la quasi-absence de sécurité dans les musées, l'étroitesse d'esprit de certaines administrations (ou des personnes qui les dirigent, ce qui n'est pas tout à fait la même chose) et le choix des priorités de sauvegarde de l'État, révélateur selon eux de l'état d'une civilisation :
Kunstmann a une vision assez peu réjouissante de la civilisation contemporaine, et à ses yeux cette affaire met en évidence beaucoup de ses défauts : son fatalisme, sa complaisance, son ignorance, son étroitesse d’esprit, et sa négligence. Les autorités françaises, nous dit-il, se soucient de protéger et restaurer le patrimoine adoré par des millions de personnes (le Louvre par exemple). Mais d’autres sites moins connus sont négligés, et s’il apparaît qu’ils sont invisibles au public (souterrains par exemples), ils se désagrègent totalement, quand bien même leur restauration ne nécessiterait qu’une centaine d’euros. UX prend soin du vilain petit canard : celui qui est étrange, mal-aimé, les objets oubliés de la civilisation française.
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Réflexion édifiante sur la "pornification" de la publicité. Bref, le cul est partout, surtout dans la pub, mais tout va bien :
En passant devant les têtes de gondole bien exposées, je regarde toujours les nouveautés. Et là, j’ai ouvert un bouquin en à la couverture pas vraiment éloquante pour tomber devant la pire BD porno-scato-BDSM que j’ai jamais lue (et j’en ai lue des cochonneries, Youporn existait pas quand j’étais petit, mon gars). Une bande dessinée posée là, à l’entrée du rayon BD du Virgin Megastore de Grands Boulevards, à la disposition de n’importe quel gamin. [...] Et pendant ce temps, le gouvernement bienveillant nous protège du téléchargement illégal, de la cigarette de Gainsbourg et de la pipe de Tati. Certains gouvernements pensent même censurer le porno sur Internet. Laxisme incroyable d’un côté, répression forcenée de l’autre. Du grand n’importe quoi qui avantage les marques et les agences au détriment du “vivre ensemble” social.
Un article complémentaire pour mesurer un peu mieux l'étendue des dégâts ; voir aussi ce tumblr qui recense les sous-entendus graveleux et mêmes pas drôles des publicités.

Drôle de société.

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Et très vite, pour finir : 600 personnes aiment ça - un sport sympa pour le week-end- un village vendu pour 520000 € - les jeux vidéos sont un art visuel - cauchemar - dites non au mouvement perpétuel - empaillez votre chat de manière... intelligente - combien de temps fallait-il pour aller de Burdigala à Lutetia en char à bœufs au mois de décembre ? (réponse : 24 jours) - les ouvrages traitant d'ésotérisme représentent près d'un tiers des 50 documents les plus téléchargés dans Gallica - arbres dans des silos abandonnés - mes voisins sont nuls - adieu M. Trololo

silo: planter for a tree

03 février 2012

En vrac #3

Le premier choc passé, on a commencé à lire des choses un peu plus intelligentes sur megaupload. Il faut bien rappeler que ce qui est choquant dans cette histoire, ce n'est pas la fermeture d'un site flirtant avec la légalité, qui aurait fini par se faire coincer un jour ou l'autre de toute façon, mais la manière dont cela s'est fait. Comme l'a dit Benjamin Bayart, 
"Je ne suis même pas certain d’être en désaccord avec la règle : Megaupload était objectivement mafieux. C’est une malfaisance pour la société, la police intervient, tant mieux. Par contre, je m’interroge sur les moyens déployés : pour fermer Megaupload, les autorités américaines ont mis en oeuvre des moyens supérieurs à ceux pour fermer Guantanamo. Le téléchargement illégal est donc jugé supérieur à la torture."
Deux articles résument assez bien ce que je pense de tout ça : 
- le premier, de Fabrice Epelboin, date de juin 2010 et décrit fort justement où est le problème avec ce genre de site de direct dowload ; (republié sur Reflets info)
- le second est paru samedi dernier sur OWNI, et s'intéresse autant aux aspects juridiques (les USA peuvent donc aussi facilement faire disparaître un site aussi important en terme de trafic ?) que techniques (Megaupload était une aberration du net -Cf. l'article de Fabrice Epelboin- centralisé et aux mains d'une mafia, pas d'une communauté "partageuse").

A lire aussi : Authueil explique pourquoi la disparition de Megaupload ne sert à rien, Maître Eolas donne une explication simple de ce qui s'est passé sur le plan juridique.

Pour suivre l'actualité de ce sujet : (actu un peu moisie, tout ça appartenant désormais au passé du web)
- tag #megaupload sur Seenthis 
- #MU sur Twitter

A propos de passé et du web : est-il encore temps de faire en sorte que le web que nous connaissons ne soit bientôt qu'un souvenir (et nos libertés avec) ? Avec ACTA, c'est certain, ce sera le cas. Les photographes s'y mettent, eux aussi, et la censure arrive sur Twitter. Tout va mal.

Et si vous jouiez un peu, pour vous changez les idées ? Ah ben non, ça va pas être possible... Vous faut-il d'autres preuves que ce système est pernnicieux ?

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Heureusement, certains savent encore nous faire rêver... bonne nuit !


20 janvier 2012

En vrac #2 - Pitié pour les mauvais garzon !

Quelques petites choses en passant, remarquées ces jours derniers sur le web :
  • On a beaucoup glosé, récemment, à propos de la loi pénalisant la contestation du génocide arménien ; pour ma part, je suis d'accord avec l'avis du CVUH : reconnaître officiellement le génocide était une décision courageuse, stériliser le débat en interdisant aux opinions discordantes de s'exprimer, une idiotie. 
  • Dans un registre similaire, si vous suivez l'actualité de nos voisins, vous n'aurez pas manqué de noter que le juge Garzon a des ennuis. En substance, un parti d'extrême-droite lui reproche -au nom d'une loi d'amnistie, d'où le rapport avec l'affaire précédente- de trop remuer le passé franquiste de l'Espagne. (Bon, il a aussi franchi les bornes de la légalité en faisant effectuer des écoutes illégales dans une affaire de corruption - intéressant ce type, une sorte de chevalier blanc pris à son propre piège)
  • Que ceux que cela fait sourire s'interrogent sur la réaction de la classe politique française dès qu'il est question de la guerre d'Algérie... 
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  • J'ai lu cette semaine trois articles (le second pompant le premier et le troisième les réfutant) sur Le nouveau détective. On a tous vu ce journal en kiosque, je ne l'ai jamais lu, j'ai sûrement raté quelque chose... Article11 met en avant le côté racoleur et extrêmement droitiste du journal alors que Jean-no, dont il s'inspire, a cette intéressante conclusion sur le dernier des blogs :
Je me sens presque vexé ou honteux de réaliser que je n’ai jamais eu la curiosité de jeter un œil sur ce type de presse, car au fond, c’est sans doute dans des « lieux » de ce genre que se forge une partie de la conscience politique du public et il serait sans doute imprudent de négliger leur existence. 
André Gunthert dénonce pour sa part une "stigmatisation expéditive" au nom de ses souvenirs d'enfance :
On peut rejeter, en bon kantien sûr de ses Lumières, cette mythologie dans l’enfer du populisme. Moi, je me souviens d’avoir tremblé d’effroi et de plaisir en écoutant Pierre Bellemare, il y a bien longtemps, avant que les humanités ne me lavent le cerveau. S’il y a autant de morale obtuse dans le jugement sans appel d’Article11 que dans les colonnes de Détective, seul le second témoigne d’une compréhension approfondie des ressorts de la culture populaire.
Bref, rien n'est simple.
  • Ces articles qui m'ont fait arriver à celui d'Internet Actu : Comment les métaphores gouvernent notre esprit : 
    Notre vision du monde – et par conséquent nos décisions – seraient en grande partie modelées par notre système de métaphores [...] En bref, lorsque la criminalité est considérée comme une “maladie”, on est plus disposé à chercher à “soigner” plutôt qu’à “combattre” et “punir”.
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CC Prinsessan_J.

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     C'est tout pour aujourd'hui !

      14 novembre 2011

      En vrac - Livre et lecture

      Et si je faisais moi aussi des petits articles "en vrac", plutôt que de faire des collections de liens en prévision d'articles que je n'écris jamais ? Ça m'évitera au moins d'avoir plusieurs dizaines de brouillons en souffrance, et ça me permettra peut-être de réutiliser le matériau accumulé pour en faire quelque chose d'autre.

      J'inaugure cette rubrique par la littérature. Bref, du vrac noble.

      - Mon dernier billet traitait du Goncourt ; je vais donc parler un peu du Renaudot, pour respecter le temps de paroles des différents prix (n'importe quoi...). Vous avez tous en tête le titre de l'ouvrage primé : Limonov, d'Emmanuel Carrère. A l'image de L'adversaire, ce n'est plus tout à fait du roman, ce n'est pas encore un documentaire. C'est un portrait, une vie littératurisée : celle d'Edouard Limonov, voyou, poète, mercenaire, homme politique... Mais ce que j'ai surtout retenu, c'est que je le connaissais grâce au portrait qu'en faisait le premier numéro de XXI.




      - L'incipit du roman cite Anna Politkovskaïa, ce qui donne en quelque sorte le ton de la suite. Là encore, j'ai envie de lire un livre sur une impression positive. Et vous savez quoi ? Elle faisait le sujet suivant Limonov, dans ce même numéro fondateur de XXI.


      - En littérature comme dans les autres domaines de la vie, ce sont les petites choses qui peuvent tout changer ; celle que j'ai choisi de retenir est le passage du taux réduit de la TVA de 5,5% à 7%. Livre inclus. Pour moi le livre est, à l'instar de l'alimentation et des médicaments, un produit de première nécessité. Qui aurait donc dû conserver son statut dérogatoire.

      - Mais il parait que le livre c'est fini ; ce n'est pas moi qui le dit, c'est Ikea, qui a proposé il y a peu une nouvelle version de sa bibliothèque "Billy", qui pourra accueillir tout un tas de babioles, mais pas de livres. Une décision qui incite à réfléchir sur la manière de nommer ce meuble, qui logiquement ne devrait plus s'appeler une "bibliothèque".

      - Voilà qui ne va pas rassurer le très pessimiste Beigbeder, convaincu que l’avènement des supports électroniques signe non seulement la fin du livre, mais à travers lui la fin du roman, car on ne lit pas de la même façon sur un support électronique. Question de support, mais aussi de concentration : "Quand on crée une même machine qui contient YouTube, TF1 et Dostoïevski, eh bien, ayons l'honnêteté de le dire : Dostoïevski est mal barré."

      - Mais pour François Bon, que l'on ne peut certes pas soupçonner de vouloir enterrer la littérature, "le livre numérique n’est pas une fin ni un aboutissement, mais juste une transition". Assouline va jusque à qualifier son essai "Après le livre"  de "cri d'amour pour la littérature". Alors, la forme compte t-elle vraiment  ?

      - Mais je rejoins tout de même Beigbeder sur cette conclusion : "Lire, c'est résister. C'est même le dernier acte de résistance à un monde entièrement huilé autour de la consommation. Le type qui décide d'aller lire dans un coin ne sert pas à grand chose et ne rapporte rien."

      Et ce sera le mot de la fin.


      Les citations de Beigbeder sont tirées du Point du 8 septembre 2011