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15 juillet 2011

Lectures d'avril-mai-juin

Quelques lectures printanières !

XXI n°14 : Nos meilleurs vieux
Vous n'êtes pas encore abonnés ? Mais il faut que je vous le dise comment ? Ce qui m'a marqué dans ce numéro : un très long texte de Jonathan Littell sur le Sud Soudan, la cavale des bonnes sœurs, le plus américains des maoïstes...




Le scorpion, tome 8 : L'ombre de l'ange
Très bonne série, avec des combats à l'épée, une histoire bien compliquée et pleine de rebondissements, avec de jolies femmes, des méchants très méchants et un héros intrépide. J'espère juste qu'ils ne vont pas nous faire un plan à la XIII, avec une histoire qui n'en finit pas...







Tortillas pour les Daltons
Un grand classique des aventures de Lucky-Luke, le vrai, celui dessiné par Morris et scénarisé par Goscinny, celui qui tirait des coups de revolver et qui avait une clope au bec, pas un brin de paille... Ça n'a pas pris une ride, et c'est vraiment drôle, contrairement au sagouinage de Laurent G., dont le métier n'est pas d'imiter les géants de la bande-dessinée, je le rappelle car il semble l'avoir perdu de vue.







Metronome / Lorànt Deutsch
Que dire qui n'ait pas été dit sur ce best-seller ? Ça se lit bien, on apprend plein de petites choses sympa sur Paris, à travers un parti pris original : chaque chapitre présente un siècle d'histoire de la capitale, en partant du nom d'une station de métro représentative.







Esprit chien / Luc Lang
Restons à Paris avec ce roman méchamment drôle : un type hérite de la maison de ses parents à Neuilly-sur-Seine ; dans le même temps s'installe une voisine trop charmante dans la maison d'à côté, avec son couple de lévriers afghans. Plus ou moins contre son gré (et parce qu'il a envie de coucher avec elle), il va se retrouver embarqué dans une aventure de psychothérapie canine. Tout le gratin de Neuilly sera de la partie Jean Nero (l'acteur), le député-maire-ministre et son épouse Cécilia... Tout cela finira assez mal pour notre héros, car à trop se frotter à un monde qui n'est pas le sien, on y laisse des plumes. Enfin, des poils. C'est loufoque, avec des passages très drôles, et une morale qui va au-delà de la simple farce. Ouaf.



L'énigme des blancs manteaux / Jean-François Parot
Un bon roman policier se déroulant au XVIIIème siècle, qui nous permet de rester à Paris ! J'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais dans cette chronique.









Journal d'un défaitiste / Joe Sacco
Tiens, encore une chronique à aller lire ! Décidément, ce billet tourne à l'auto-promotion ! Mais je redis ici tout le profit que vous aurez à lire Joe Sacco.









Dark knight / Frank Miller 
Une excellente aventure d'un Batman vieillissant, qui arrive à sortir des habitudes stéréotypées des "aventures de super-héros" ; je pourrais vous dire d'aller lire ma chronique pour en savoir plus, mais je ne vais pas faire ça quand même ?


Ah ben si.





Les soirées du hameau (2ème partie) / Nicolas Gogol
La suite de ma lecture de février, que je n'avais pas vraiment pris le temps de présenter ; il s'agit des premiers contes écrit par le jeune Gogol, s'inspirant largement du folklore ukrainien. C'est drôle et teinté de fantastique, malgré quelques longueurs, il faut bien le reconnaître.

Vous pouvez découvrir une petite présentation et les œuvres en ligne, sur cette page.





Le cimetière des bateaux sans nom / Arturo Perez-Reverte
Un vrai roman de chasse au trésor, avec un bateau coulé, une femme très belle et très dangereuse, un nain mélancolique dangereux aussi, et un marin sans bateau qui se laisse mener par le bout du nez par la femme ci-avant évoquée. Je suis en train d'écrire un petit quelque chose là dessus.








Et hop, c'est l'été ! (oui, je suis en retard, et alors ?)

05 avril 2011

Lectures de mars (et ça repart)


- Far West, journal de la première traversée du continent nord-américain - 1 : La piste de l'Ouest / Meriwether Lewis, William Clark 

Le récit mythique de la première traversée du continent américain. Un journal de bord au jour le jour, avec des rivières, des indiens, des grizzly, des bisons, des indiens et des épines de figuiers de barbarie. Et aussi quelques indiens. J'avoue, l'ingestion est un peu pénible, et j'ai eu un peu de mal à finir. Mais si on est dans le bon état d'esprit, ce journal de bord se lit comme un roman d'aventures : une poignée d'hommes à la découverte d'un vaste territoire totalement inconnu, des espaces immenses découverts pour la première fois, des relations avec les indiens aussi diverses que le sont les multiples tribus rencontrées, mais toujours pacifiques. C'est plus tard que ça se gâtera. Pour tous ceux qui veulent plonger aux sources des mythes de la Conquête ou rêver d'une autre Amérique...



- Le secret de l'espadon : est-ce dû à ma récente chronique sur Blake et Mortimer ? Toujours est-il que je suis tombé sur une édition complète (les 3 tomes en un seul volume), et que je n'ai pas pu résister au plaisir de le relire.



- Joe Bar team : tomes 1, 3 et 7 prêtés par un collègue. Je pense que l'on doit mieux apprécier tout le sel des gags si on est -comme lui- motard soi-même, mais cela reste assez drôle. D'ailleurs, j'ai lu les 3 Tom, et Jerry.

28 février 2011

Lectures de février

- Croisière à l'intérieur des terres / R.L. Stevenson
Lecture dans le prolongement de L'île au trésor, relue il y a peu. Prochain sur ma liste dans la catégorie Stevenson : le pendant de celui-ci, à savoir Voyage avec un âne dans les Cévennes



- Les soirées du hameau (Première partie) / Nicolas Gogol




Images : CC Wikimedia

31 janvier 2011

Lectures et autres nourritures culturelles de janvier

C'est une petite idée comme ça, à voir si je la maintiendrai sur la durée : faire un petit récapitulatif mensuel de mes découvertes culturelles. Dans un premier temps, j'avais pensé ne traiter que de mes lectures, puis je me suis dit que c'était un peu réducteur.

Voici donc mes lectures de janvier, et quelques autres points d'intérêt d'hiver et variés. Le cas échéant, j'ai placé un lien vers un article où j'aborde ce thème.

Livres :
  • Fondation foudroyée, suivi de Terre et Fondation / Isaac Asimov : ma petite citation du début du mois ne fait pas réellement justice à cette œuvre. Il faudrait que je me presse le citron pour écrire une chronique à la hauteur du cycle de Fondation. Dur, dur...
  •  Conte de fées à l'usage des moyennes personnes / Boris Vian
  •  Trouble dans les andains / Boris Vian
Boris Vian, c'est la découverte de ce début d'année. Je ne l'avais jamais lu auparavant, alors autant l'attaquer dans l'ordre chronologique. C'est jazz, c'est swing, ça joue sur les mots, c'est Vian. 

  • XXI n°13 : mais pourquoi n'ai-je toujours pas écrit la chronique somptueuse que cette revue mérite ? 
  •  Lecture en cours : Vercoquin et le plancton ; c'est une sorte de suite de Trouble dans les andains, mais en plus contrôlé, et en plus long.

BD :
  • Blake et Mortimer : La malédiction des trente deniers  
  • Largo Winch : Mer noire / Francq et Van Hamme : comme dans tous les Largo Winch, Largo se trouve dans un pétrin ahurissant à la fin du tome. Rassurez-vous, il s'en sortira les doigts dans le nez du méchant au tome suivant. J'ai bien aimé la première page, avec la lettre de Winch à ses employés sur la crise financière. C'est ce que j'ai lu de plus clair sur le sujet depuis 2008...

Cinéma : 

DVD :
  • Peut-être / Cédric Klapisch : Romain Duris passe dans un trou du plafond, se retrouve au même endroit 70 ans plus tard, et rencontre son fils (Jean-Paul Belmondo) qui le supplie de le concevoir. Dans un Paris recouvert par le sable. J'ai un projet de chronique là dessus. Je l'écrirai un jour, peut-être...
  • Alegria (Cirque du Soleil) : féérique...

Spectacles :
  • Florence Foresti, au Zénith de Dijon : c'est drôle
  • Ad astra (danse) : c'est spécial. On en parle ici.

03 juin 2007

Petit questionnaire littéraire

En attendant la suite, voici un questionnaire à caractère livresque si ce n'est littéraire. Il m'a été proposé par mon amie Delphine, qui feint de croire qu'elle ne connait pas mes goûts en la matière. Je pense plutôt qu'elle cherche de quoi me faire écrire plus régulièrement. Qu'elle en soit remerciée.

1) Le 1er livre qui vous a marqué ?

Si on part du principe que les aventures de Oui oui et Potiron ne rentrent pas vraiment en ligne de compte, je pense que le premier livre qui m'a marqué doit être Les voyages de Gulliver de Swift.

2) Celui que vous n'avez jamais pu terminer ?

Attention, je vais cafter méchamment. La maîtresse de Brecht de Jacques-Pierre Amette, prix Goncourt de je ne sais plus quelle année, me tombe des mains comme c'est pas permis. C'est une juxtaposition de phrases creuses et sèches, une qualité d'ennui rarement atteinte. Aussi passionnant qu'un procès-verbal de garde à vue.

3) Celui que vous reliriez avec plaisir ?

Il faudrait plutôt demander ceux que j'ai relus avec plaisir ! En commençant par certains livres que l'usage destine aux lectures enfantines, et que j'ai relus plus tard, tels que les Voyages de Gulliver déjà cités ou L'île au trésor ; Le seigneur des anneaux un peu plus tard. Viennent ensuite quelques livres ou auteurs dont l'oeuvre ou un titre en particulier se prêtent à des relectures complètes ou fragmentaires : Chroniques martiennes (Ray Bradbury), Fictions (Jorge Luis Borges), Les fleurs du mal, Les aventures du Petit Nicolas, Contes et nouvelles (de Maupassant. -je suis très éclectique- et les Chroniques de Vialatte, récemment évoquées dans ces pages.

4) Celui qui vous a fait le plus pleurer ?

La fin de La coupe de feu. Siiiii ! Il y en a sûrement eu d'autres, mais ils m'échappent pour l'instant.

5) Celui qui vous a le plus déçu ?

La petite chartreuse : de bons passages mais l'ensemble est inutilement larmoyant.
Le mobilier national : l'auteur (Laurence Cossé) en parlait bien à la radio, ce qui m'avait donné envie de le lire, mais c'était assez... fade.

6) Celui que vous ne lirez jamais ?

Euh... je vous le dirai quand j'aurai lu tous les autres ?

7) Celui que vous attendez avec impatience ?

Mauvaise question! Ce sont les livres à lire qui m'attendent avec impatience sur mes étagères, pas l'inverse !

8) Un auteur dont vous avez lu tous les livres?

Fred Vargas (du moins tous les rompols)

9) Un auteur dont vous prévoyez de lire tous les livres?

De Maupassant, j'ai lu toutes les nouvelles (en Pléiade, bé oui, j'ai des gouts de luxe) - il me reste encore à lire ses romans. Il faudra que je m'attaque à ce qu'il me reste de Vialatte un jour.

10) Un livre qui n'a rien d'un chef d'oeuvre mais que vous avez tout de même beaucoup aimé ?

Qu'est ce qu'un chef d'oeuvre d'abord ? Il conviendrait de répondre à cette question avant de se lancer dans des jugements à l'emporte-pièce... Cela dit, j'ai une vague idée de la question, et je citerais donc Bouquiner (Annie François nous raconte sa vie au milieu des livres, tous les lecteurs se reconnaitront au moins une page sur deux), la série des Harry Potter, Les fourmis de Bernard Werber, la série des aventures de Monsieur Malaussène de Daniel Pennac...


11) Un livre qui a laissé une marque profonde en vous ?

Dur, dur... Vies minuscules de Pierre Michon ? Si c'est un homme ?

12) Un livre qui vous a été recommandé de lire à l'école et que vous avez (contre toutes attentes) vraiment beaucoup aimé ?

J'ai suivi deux années durant les cours du DEUST "Métiers du livre" -il faudra que je vous raconte ça un jour- au milieu desquels surgissaient les prestations d'une sorte de fou littéraire, un critique qui ne comprenait pas que nous ne possédions pas le centième de ses connaissances ; je dois malgré tout à sa non-pédagogie la découverte de Alexandre Vialatte (eh oui...), Jean-Philippe Toussaint, Jean Echenoz, Pierre Michon, Arto Paasilinna...

13) Un classique français qui vous tombe des mains ?

La condition humaine. Pour paraphraser Desproges, c'est comme l'annuaire : on tourne trois pages et on décroche...

14) Un classique français qui vous a énormément plu ?

Madame Bovary. C'est féroce, cynique, violemment bien écrit. Indispensable.

15) Le dernier livre que vous avez acheté ?

Microfictions de Régis Jauffret

16) Le dernier livre que vous avez terminé ?

Allez, je personnalise la question en listant les quatre derniers livres lu :
  • Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler / Luis Sepulveda
  • La vie devant soi / Romain Gary-Emile Ajar
  • Les jeux de l'amour et de la mort / Fred Vargas
  • La fille de la nuit / Serge Brussolo
17) Le(s) livre(s) que vous lisez en ce moment ?

L'élégance du hérisson / Muriel Barbery
Microfictions / Régis Jauffret

D'une façon générale, je vous renvoie au "Sammy express" qui s'affiche dans la colonne de droite pour savoir en permanence le titre du livre en cours !

18) Le prochain livre que vous lirez ?

Plateforme / Michel Houellebecq

19) Votre liste de livres à lire ? (question rajoutée par Sammy)
  • Plateforme / Michel Houellebecq
  • Le monde selon Garp / John Irving
  • L'aveuglement / José Saramago
  • Notre Dame de Paris / Victor Hugo
  • Aragon, Zweig, Camus, Gogol, Simenon, Saint-Exupéry...
20) Quels sont les livres ou les écrivains que vous conseillerez absolument ? (encore une question que je rajoute !)

Hormis les habituels Vialatte et Maupassant, je vous suggère amicalement de lire (pourquoi pas cet été) le fabuleux Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki. Vous aurez le bon goût de préférer l'édition José Corti.


Et, dans le plus grand désordre, vous serez bien avisés de lire ou relire : Phèdre, La légende des siècles, Pars vite et reviens tard, La confusion des sentiments, Les bienveillantes, Kressman Taylor, Eloge de la folie, Paroles, Terre des hommes, Desproges, Le petit monde de Don Camillo, Coeur de chien, Les Mille et Une nuits, Dino Buzzati, Anna Gavalda, Le parfum, Le lion, Albert Londres et La Fontaine, qui font partie, avec quelques uns de ceux que j'ai cité dans ce questionnaire, de mes meilleurs souvenirs de lecture de ces dix dernières années.

Et comme je suis d'un naturel généreux, j'invite Miss Alfie, Céline, Posuto, Florence et Melle Bille à nous parler à leur tour de leurs lectures !

Quand à Delphine, elle peut maintenant me faire part de ses réponses...

Les ilustration sont gracieusement fournies par monsieur Amazon.

15 octobre 2006

Code de la route et code de conduite, chronique essentiellement littéraire

Pour fêter dignement le retour de l'eau chaude dans ma vie, je décidai vendredi soir de m'en aller dépenser l'argent économisé pendant 10 jours, en le plaçant dans les deux seules choses véritablement importantes que le commerce puisse nous offrir : la bouffe et les livres. La quête de nourriture ne présente pas d'intérêt particulier, si ce n'est l'habituel regard ironique et attendri qu'il me permet de poser sur mes compagnons de caddie. J'ai quand même eu l'occasion de vérifier une hypothèse que je gardais par devers moi depuis quelques temps : les caissières partagent mon point de vue sur la frénésie dont certains clients sont pris à l'approche du tapis roulant.

L'anecdote qui donne son titre à cette note n'est pas très importante. Anodine. Sans gravité. Juste agaçante. Elle s'est produite quelques instants plus tôt, comme j'entrais sur le parking du centre commercial. Une voiture entame une marche arrière pour quitter sa place. Bon, je n'aurai pas à tourner trois heures. Mais... elle recule dans le mauvais sens ! La première allée, moins large que les autres, est en-effet à sens unique. Agitation frénétique de l'index droit. De gauche à droite et de droite à gauche. Manoeuvre corrélative de la tête, même sens. Peine perdue. Madâme veut passer. Berline, cinquantaine élégante, lèvres pincées, sourire méprisant. Elle s'arrête à ma hauteur. Ma vitre est baissée, la sienne non. Je ne suis même pas énervé. Simplement, elle n'a pas le droit de passer, c'est à sens unique. Je le lui dis. Je lis sur ses lèvres à deux reprises la même réponse : c'est pas grave. Sourire méprisant, lèvres pincées, cinquantenaire fière de sa berline, madâme est passée.

Evénement anodin et sans gravité. Juste agaçant. J'ai déjà eu affaire à des chauffards, des vrais, de véritables meurtriers de la route ; il m'est arrivé -comme tout le monde hélas- de manquer me faire tuer par quelques uns de ces spécimens particuliers. Mais est-ce faire preuve d'étroitesse d'esprit que de demander aux autres, les conducteurs dit ordinaires, de respecter le minimum vital en terme de sécurité routière ? Mais il me semble que le problème se situe au-delà du thème de la voiture. C'est une question de posture : ce n'est pas grave ; j'ai le droit ; je fais ce que je veux ; tant pis pour les autres...


Le véritable but de cette expédition n'était pourtant pas le Carrefour et ses alignements désordonnés de petits pois et de bouteilles d'eau minérale, mais la plus récente grande surface à vocation culturelle ouverte de l'autre côté du parking.

Je vous dirai peut-être un jour le charme des petites librairies de quartier -les seules dignes de ce titre- et en quoi il est indispensable de les privilégier plutôt que les grandes enseignes. Certains d'entre vous se souviendront alors de ce texte (les lecteurs sont impitoyables) et me feront remarquer que je ne respecte pas ma propre consigne. Que je n'applique pas mon code de conduite. C'est que l'on ne fait pas toujours ce qu'on veut, que je suis aussi paresseux que tout le monde, et que le besoin urgent de posséder certains livres pousse à de telles extrêmités. Ecrivant ceci je me souviens que la première édition de ce qui s'appelle aujourd'hui fort sobrement "Lire en fête" s'intitulait "La fureur de lire", ça avait quand même une autre classe.

C'est donc poussé par une véritable fureur de lire que j'investis les allées larges et bien éclairées de ce magasin de livres ; ces gens là vendent des livres de la même manière que j'ai vendu des chaussures. Avec des têtes de gondole, des PLV (1), des affiches qui pendent du plafond. Comme la Fnac, comme Virgin. C'est malheureusement très agréable, surtout en cette fin de journée où les allées se vident. Mais allez demander à un vendeur un renseignement autre que l'emplacement de la caisse ou la localisation du Nothomb annuel. Demandez-lui, par exemple, quel Corto Maltese vient après Les Celtiques, quel est le roman le plus connu de Fred Vargas ou bien si il connait Kressmann Taylor. Essayez. Si vous avez du temps à perdre bien sûr.

De toute façon je ne me sers jamais des vendeurs. Je n'ai pas de temps à perdre alors qu'il est urgent de flâner dans les rayons. Mon premier objectif s'aligne d'ailleurs en pleines étagères dès l'entrée : le nouvel opus des inédits des histoires du Petit Nicolas. Est-il nécessaire que je vous présente ce monument ? Il me semble que tout le monde connait le Petit Nicolas. Non, non, pas celui là. Le vrai. Celui de Sempé et Goscinny. Je vous en parlerai peut-être un jour.

Je lui ai demandé à Clotaire comment ça se faisait qu'il ait un porte-bagages sur son vélo de courses et il m'a répondu que, justement, c'est pour ça que c'était un vélo de courses, le porte-bagages lui servait à faire des courses pour sa maman.
Et Jonathan Littell, c'est bon , ça vous dit quelque chose ? Ou alors c'est que vous le faites exprès ! D'après les pronostics des milieux autorisés à penser (2), ce monsieur, qui connait un succès foudroyant avec Les bienveillantes, doit, la chose est nécessaire, obtenir le Goncourt. Qu'il l'ait ou pas, il a déjà vendu plus d'exemplaires de son livre que bien des primés déprimés. Mais pour un américain qui écrit directement en français, et avec ce style là, le Goncourt serait peut-etre le lot de consolation pour n'avoir pas été naturalisé. Ce style là, mais quel style ! J'ai lu la première phrase, puis toute la page, puis les dix suivantes. Je pense que c'est le genre d'écriture où l'on accroche tout de suite ou jamais. J'ai accroché. J'en reparlerai.


Je suis venu essentiellement pour acheter le tome III des oeuvres de Melville dans la Pléiade. J'ai un vieux compte à régler avec son Moby-Dick, et c'était l'occasion. Une occasion un peu chère sans doute, mais j'ai des goûts de luxe. Chacun ses vices. Seulement voilà, mon chemin croise le recoin où sont confinés les policiers et la SF -je ne comprendrai jamais ni ce mariage forcé, ni cette ségrégation- et je me dois d'aller voir si l'un des derniers Vargas encore non lu est présent. Ah zut. Il est là. Me voilà donc lesté d'un quatrième titre, Debout les morts, une histoire où les hêtres poussent en une nuit sous les fenêtres des cantatrices. En gros. Je me résouds à reposer la monumentale biographie de Baudelaire par Jean Ziegler et Claude Pichois (3) ; ce sera pour une autre fois. Il faut savoir rester raisonnable. Courons vite vers la sortie afin de ne pas succomber à de nouvelles tentations !


Je me demande si j'ai économisé assez d'eau chaude du coup...

***

(1) Publicité sur le lieu de vente
(2) Pierre Assouline par exemple
(3) en recherchant cette illustration, j'apprend qu'il est mort ! Et pas aujourd'hui, mais en 2004 !