Affichage des articles dont le libellé est BD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BD. Afficher tous les articles

24 avril 2012

Le sens de la vie (de l'univers et du reste), enfin !

Je partage beaucoup sur le web, pour peu que je sois interpellé, touché, choqué... par quelque chose. 
C'est de plus en plus souvent sur Seenthis, rarement sur Google+, de temps en temps sur Twitter seul (mais quasiment tout converge vers Twitter). Mais ça peut aussi être sur Tumblr (ici, ou ici, ou ici, ou bien ... hum) ou sur Scoop it

Mais quand quelque chose me plait vraiment, j'en parle sur mon blog !

Ce qui me plait vraiment ce soir, c'est cette petite BD, découverte via la chronique Vendredi c'est graphism de Geoffrey Dorne sur OWNI.


J'y vois des références geekesques et littéraires ; j'ai pensé tant à Douglas Adams (à cause du 42, de l'univers...) qu'à Borges (à cause de l'idée que chaque homme est tous les hommes, souvent développée dans ses histoires), et peut-être un petit peu aussi à Stanley Kubrick (ceux qui ont réussi à voir 2001 l'odyssée de l'espace jusqu'au bout comprendront).

Mais trêves d'interprétation, c'est là que ça se passe : http://www.sansemploi.com/bonus/l-uf

18 novembre 2011

La leçon d'anatomie du professeur Uderscinny

Je croyais connaître toutes les allusions dans Astérix, mais je viens de me rendre compte que j'en avais loupé une ! Tout ça grâce à un film sur Rembrandt - que je vous conseille au passage, bonne interprétation, belles images, on a parfois l'impression de naviguer dans les tableaux du maître.

La leçon d'anatomie du professeur Tulp - Rembrandt
Astérix - Le devin
Parce ce qu'il y a eu une époque où Uderzo a eu un grand talent, ce rapide billet veut lui rendre un modeste hommage. Pour ne pas se quitter sur une mauvaise impression.

27 septembre 2011

Ils sont fous ces gaulois...

On savait déjà que les schtroumpfs étaient d'affreux staliniens antisémites, voilà que l'on nous apprend aujourd'hui qu'Astérix est un nazi. C'est Michel Serres, que l'on a connu plus inspiré, qui a pondu cette théorie fumeuse sur France Inter, le 18 septembre dernier. La preuve tient selon lui dans le cocktail explosif suivant : règlement des conflits par la force (il est pas frais mon poisson ? ...chic une bagarre !), éloge de la drogue (la potion magique...) et mépris de la culture (pauvre Assurancetourix)

Notre bon philosophe aurait-il perdu sa vis comica ? Peu importe, tout le monde a le droit de dire des bêtises de temps en temps. Même si elles sont grosses enveloppées, hein Obélix ?

Mais cela n'était pas le but de ce billet. Je voulais me faire l'écho d'une excellente nouvelle : Albert Uderzo passe la main. Non, je n'ai pas fait de faute de frappe, et ce n'est pas un raccourci simplificateur : au vu de la nullité abyssale des 5 derniers albums, on peut même dire qu'il a un peu trop attendu. Encore que ce ne soit pas Uderzo le dessinateur qui pose problème, mais bel et bien Uderzo le scénariste.Mais grâce lui soit rendu d'avoir eu le courage de passer la main, pour éviter à Astérix le sort tragique de Tintin, icone vitrifiée, juste bon à jouer les pompes à fric.

Le nom des remplaçants sont désormais connus : il s'agit de Jean-Yves Ferri au scénario, et des frères Bogdanov Frédéric et Thierry Mébarki au dessin.

Et c'est une excellente nouvelle, par Toutatis !

31 janvier 2011

Lectures et autres nourritures culturelles de janvier

C'est une petite idée comme ça, à voir si je la maintiendrai sur la durée : faire un petit récapitulatif mensuel de mes découvertes culturelles. Dans un premier temps, j'avais pensé ne traiter que de mes lectures, puis je me suis dit que c'était un peu réducteur.

Voici donc mes lectures de janvier, et quelques autres points d'intérêt d'hiver et variés. Le cas échéant, j'ai placé un lien vers un article où j'aborde ce thème.

Livres :
  • Fondation foudroyée, suivi de Terre et Fondation / Isaac Asimov : ma petite citation du début du mois ne fait pas réellement justice à cette œuvre. Il faudrait que je me presse le citron pour écrire une chronique à la hauteur du cycle de Fondation. Dur, dur...
  •  Conte de fées à l'usage des moyennes personnes / Boris Vian
  •  Trouble dans les andains / Boris Vian
Boris Vian, c'est la découverte de ce début d'année. Je ne l'avais jamais lu auparavant, alors autant l'attaquer dans l'ordre chronologique. C'est jazz, c'est swing, ça joue sur les mots, c'est Vian. 

  • XXI n°13 : mais pourquoi n'ai-je toujours pas écrit la chronique somptueuse que cette revue mérite ? 
  •  Lecture en cours : Vercoquin et le plancton ; c'est une sorte de suite de Trouble dans les andains, mais en plus contrôlé, et en plus long.

BD :
  • Blake et Mortimer : La malédiction des trente deniers  
  • Largo Winch : Mer noire / Francq et Van Hamme : comme dans tous les Largo Winch, Largo se trouve dans un pétrin ahurissant à la fin du tome. Rassurez-vous, il s'en sortira les doigts dans le nez du méchant au tome suivant. J'ai bien aimé la première page, avec la lettre de Winch à ses employés sur la crise financière. C'est ce que j'ai lu de plus clair sur le sujet depuis 2008...

Cinéma : 

DVD :
  • Peut-être / Cédric Klapisch : Romain Duris passe dans un trou du plafond, se retrouve au même endroit 70 ans plus tard, et rencontre son fils (Jean-Paul Belmondo) qui le supplie de le concevoir. Dans un Paris recouvert par le sable. J'ai un projet de chronique là dessus. Je l'écrirai un jour, peut-être...
  • Alegria (Cirque du Soleil) : féérique...

Spectacles :
  • Florence Foresti, au Zénith de Dijon : c'est drôle
  • Ad astra (danse) : c'est spécial. On en parle ici.

19 janvier 2011

Blake et Mortimer : La malédiction des trente deniers

J'aime bien Blake et Mortimer. Leurs aventures presque pas croyables, mêlant action, fantastique, scientisme à la Jules Verne et mystères souterrains ; les costumes en tweed, les nœuds papillons, les uniformes ; le charme désuet d'une série qui nous transporte dans des années 50 qui n'en finissent jamais ; leur flegmatique habitude de ne pas mourir. A tel enseigne qu'ils ont même réussi à survivre à la disparition de leur créateur en 1987.

Blake et Mortimer, c'est une Angleterre fantasmée, issue des amours de Kipling et de Chapeau melon et bottes de cuir, née dans l'imagination d'un belge. Série culte, elle est devenue ce que Tintin aurait pu être sans le carcan judiciaire qui l'entoure. Et nous avons tous retenu quelque chose de Blake et Mortimer : "Par Horus demeure !", l'espadon, la marque jaune, Nasir, le colonel Olrik...


Ce nouvel épisode, où les héros vont devoir se confronter au mystère entourant les trente deniers reçus par Judas comme prix de sa trahison du Christ, reprend tous les éléments que le lecteur est en droit d'attendre  : une énigme, un super-méchant mégalo, Olrik en ennemi récurrent, des accidents de voitures, quelques naufrages, des explosions, et un soupçon de surnaturel.

L'idée de départ ? L'apôtre renégat Judas a raté son suicide (encore un coup de Dieu, toujours à se mêler de tout) et est enterré, bien des années plus tard, par une communauté chrétienne réfugiée sur une petite île grecque. Avec seulement 29 de ses deniers. Et les deniers, ce n'est pas la peine qu'il y en ait beaucoup pour qu'il y ait des problèmes. Le denier perdu est donc le point de départ  d'une foultitude d'aventures, à cause de la malédiction divine qui tombe sur la tronche de tous ceux qui tentent de s'en emparer, bien sûr.

Pour ma part, je préfère la vision de Judas imaginée par Borges dans la nouvelle "Trois versions de Judas", où il émet l'hypothèse que Dieu s'est fait homme jusqu'à l'infamie, et que le Christ n'est pas Jésus mais Judas... Mais revenons à nos deniers. Traité en film d'aventure, le sujet aurait pu donner un Indiana Jones 4 mieux inspiré, un peu dans le style "Les aventuriers du denier perdu", ou un OSS 117 de plus avec les nazis dans le rôle du méchant, comme d'habitude. De toute façon, pour Jacobs, de manière plus ou moins allusive, c'étaient toujours les nazis les méchants - jusqu'à Olrik, inspiré par le facho anglais Oswald Mosley. Mais même sans la photographie qui le prouve, la référence à la Seconde Guerre Mondiale dans le Secret de l'espadon est assez évidente.

C'est pour cela que je suis un peu gêné par l'entêtement montré par les auteurs des albums post-Jacobs à rattacher B&M à des références historiques (Sptounik dans La machination Voronov, improbable accord entre Hitler et l'empereur Basam-Damdu ici) : on gagne en ancrage dans la réalité ce qu'on perd en charme et en allusion, c'est dommage.


Quitte à faire des références, je préfère les discrets clins d'œil à Tintin du premier tome, que j'aurais aimé retrouver dans le deuxième, qui m'a un peu déçu. Jusqu'à la fin un peu trop grand guignol, où Dieu va encore intervenir, décidément c'est une habitude chez lui. N'est pas Spielberg qui veut et, à une fin à la Indiana Jones, j'eusse apprécié une conclusion à la Ric Hochet, avec explication rationnelle du mystère, démontage de la manipulation, et tea time après avoir bâillonné la Castafiore, mais je crois que je me mélange un peu les pinceaux dans le franco-belge.

Je pense que les auteurs ont voulu nous refaire une fin à la façon du Mystère de la Grande Pyramide, mais il manque le petit quelque chose qui fait qu'on accroche complètement. Il faut faire attention avec les recettes qui paraissent éprouvées : elles ne sont pas toujours à appliquer à la lettre. Mais ne me faites pas écrire ce que je n'ai pas dit, j'ai quand même passé un bon moment en lisant cet album, qui, bien que n'étant pas le meilleur de la série, a su trouver quelques astuces pour imposer sa marque, comme les petits signes montrant le vieillissement des héros, qui leurs donnent un côté plus humain :
Une constatation s'impose old chap : nous ne rajeunissons pas.
C'est peut-être un mystère mais c'est ainsi, les héros vieillissent tout en restant jeunes, et continuent à nous faire rêver tels les quatre mousquetaires dans Vingt ans après. Seule la mort pourra les arrêter. Mais ces deux là paraissent bien décidés à continuer à ne pas disparaître. Peut-être Dieu s'en est-il encore mêlé. On ne va pas s'en plaindre.

***

A la fin de ma lecture comme de cette chronique, bien des questions restent encore sans réponse, et je les soumets à votre sagacité, sages lecteurs : 
  • à quel moment Mortimer peut-il bien se raser la moustache à la page 20 du tome 2 ?
  • pourquoi les pipes que les personnages arborent tout le temps ne font-elles pas de fumée ?
  • pourquoi Olrik est-il aussi méchant qu'un Orangina rouge ?