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20 octobre 2008

Chronique des bouts de parapluie

Je suppose que tout le monde connait Flickr. Le vétéran des services de partage de photos en ligne est devenu tellement populaire qu'il n'est guère besoin de le présenter. Comme tout le monde je me suis créé un compte, dont je ne me sers quasiment pas ; les photos commencent d'ailleurs à dater.

J'ai reçu ce matin un mail, tout en anglais rédigé, envoyé par un éditeur de guides de tourisme, ou quelque chose dans ce genre. Un de mes modestes clichés à eu l'heur de plaire, et l'on m'explique qu'il faut que je coche la case indiquée pour autoriser ces gens à l'utiliser dans leur futur guide, tout en précisant au passage les conditions -exceptionnelles- de rémunération :
Hi sammyfisherjr,

I am writing to let you know that one of your photos has been short-listed for inclusion in the fifth edition of our Schmap Lyon Guide, to be published late November 2008.
[...]
While we offer no payment for publication, many photographers are pleased to submit their photos, as Schmap Guides give their work recognition and wide exposure, and are free of charge to readers. Photos are published at a maximum width of 150 pixels, are clearly attributed, and link to high-resolution originals at Flickr.

Ce que je traduis par "on va pas te donner un rond, mais estimes toi heureux, il y a plein de photographes, des vrais, des pros, qui nous supplient à genoux pour figurer dans notre guide, tellement qu'il est beau."

Bof.

De toute façon, les photos que j'ai stocké sur Flickr, ce ne sont pas vraiment des chefs d'œuvre, et si j'avais voulu en faire le commerce, j'aurais plutôt ouvert une petite boutique dans une rue du centre-ville, de celles qui proposent en vitrine des myriades de premiers communiants, mariés souriant et portraits chics et classieux avec sourire guindé et pose tout à fait naturelle et décontractée.

Je suppute, non sans quelque naïveté, qu'une éventuelle publication pourrait ramener vers ce blog des foules délirant d'enthousiasme, rêvant d'en savoir plus sur l'auteur d'un tel cliché, tout empli d'émotion artistique, sincère mais original, impertinent dans le traitement du sujet, bref, du vrai Doisneau en couleurs...

Ou pas.

Jugez donc par vous-même :

Parapluie cassé


Cliché qui nous ramène à la genèse de ce blog... c'est fou comme le temps passe vite !

***

Voir la galerie sur Flickr

01 février 2007

Chronique des miniatures et autres japillages

J'ai interrompu mon récit de mes promenades lyonnaises acque beline Delphine à la Demeure du Chaos, promettant de vous narrer la suite au plus vite. Après toute une série d'intermèdes aussi littéraires que radiophoniques, il était temps que je m'y mette, sinon vous auriez fini par m'ablager sans vergogne.

Il existe au coeur du vieux Lyon un endroit tout entier empli de petites choses chenuses comme tout. Fabriquées avec amour, exposées avec le plus grand soin et admirées avec plus d'enthousiasme encore par les grands que par les gones. Qui se pressent néanmoins en une bourdifaille canante et cancanante, quelques tarabates couvrant même les pias pias des autres. Pour tout dire, ils trafiquent comme des galapiats.


Il s'agit du musée international de la miniature, et c'est une visite que je conseille à tous ceux qui auraient l'occasion de passer par Lyon, et qui se demanderaient comment occuper une après-midi où l'abat interdit de se bembaner autant que l'on voudrait par les rues de cette bonne ville. Surtout si l'on a un parapluie pour deux. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de constater à quel point le bugne qui orne mon gadin était résistant à la pluie. Me voilà rassuré sur ce point, car je me posais justement la question peu de temps auparavant.

C'est sans cesser de bajafler que nous avons investi ce lieu chargé d'histoires. La grande et les petites. Celle que suggère le cadre de la Maison des avocats et du quartier Saint-Jean, et celles que raconte Françoise Coüasnon à travers les saynètes de l'exposition temporaire "Le petit musée de madame Hum". Ce petit brin de femme en pâte à sel vit ses aventures complétement ordinaires dans des petites boîtes. On l'espionne à travers une vitre. On la voit dans son bain, au restaurant, dans un magasin de chaussures. Ou dans son salon en train de regarder les feux de l'amour. Tout ceci est fort indiscret. Mais c'est tellement drôle. On ne peut faire autrement que sourire devant ces histoires racontées par le seul décor faussement naïf.

Les feux de l’amour © copyright Françoise Coüasnon

Toujours dans le domaine de la mise en scène, le musée abrite dans ses caves les décors du film Le parfum, adapté du roman éponyme de Patrick Süskind. Mais si, vous savez bien, cette histoire à l'humour grinçant qui commence par ces mots : Au dix-huitième siècle vécu en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables... J'espère que vous vous êtes épargné le film et que vous allez bien vite (re)lire cet odorant roman !

Car le musée de la miniature est aussi celui des décors de cinéma. D'ailleurs les plus beaux décors sont bien souvent des maquettes... Celles de Ronan-Jim Sevellec me semblent à ce titre exemplaires. Au point que je vous ai ramené ce splendide documentaire pour illustrer mes dires :


Maquette
envoyé par SammyFisherJr

Le musée renferme bien d'autres trésors...Des petits personnages de coquillage, des fourmis joueuses de jazz, une arche de Noé en timbres-poste, des origamis... Les plus beaux sont au dernier étage. On jurerait voir exposés de ces meubles et divers objets du quotidien fabriqués tout exprès pour Gulliver par les artisans de la reine de Brobdingnag. A moins qu'il ne s'agisse de ceux ramenés de son voyage à Lilliput. J'ai vaguement espéré qu'un natif de cette lointaine contrée aurait pu être enfermé dans une armoire à sa taille, et m'attendait à l'en voir sortir. Mais je n'ai vu d'êtres minuscules dans aucune des vitrines. Gageons qu'ils se cachent à nos regards et attendent la nuit pour se dégourdir les arpions. A moins que tout ceci ne soit qu'un conte ? On m'aurait pris pour un benoni ? Je trouve que c'est pousser le Bouchon un peu loin...


***

Un site :
- Site du Musée international de la miniature et des décors de cinéma

Des livres :
- Les voyages de Gulliver : vous pouvez les relire sur internet ! Ici et là !
- Le parfum / Patrick Süskind
- Comme un roman / Daniel Pennac (m'a donné envie de lire le précédent)

Des mots :
- Dictionnaire lyonnais
- Le parlé lyonnais (le site de l'association @lyon est bien sympa, profitez en pour flâner un peu)
- Une source delphinienne ;-)

Et comme je suis gentil (si, si), voici le lexique lyonnais de cette chronique !

09 mai 2006

Par les rues de Lyon

J'ai déjà parlé du spectacle de la rue et des petites choses sans importance ; j'ai évoqué hier mon goût pour les détails anodins rencontrés lors de nos promenades lyonnaises.

Voici donc quelques photos anti-touristiques que j'ai rapporté d'une des plus belles villes de France.

Il y a de nombreux trompes-l'oeil un peu partout dans la ville ; cette peinture sur un transformateur EDF n'en est pas un à proprement parler, mais elle nous a plu. A vrai dire, elle a surtout plu à Delphine... :-p
Vous ne trouvez pas que ça ferait un beau fond d'écran... ?

Une initiative intéressante dont d'autres villes feraient bien de s'inspirer : le véloV, un vélo que l'on loue et que l'on repose arrivé à destination, à l'une des nombreuses bornes que l'on trouve en de nombreux points de la ville. Nous en avons croisé absolument partout.
Très joli bas de pantalon retroussé, Miss !

Si les photos précédentes peuvent encore laisser planer le doute sur mon état mental (quoique celle du vélo m'a valu de passer pour un japonais), les deux suivantes ont définitivement convaincu ma guide que j'avais décidement un grain...
Qui paye les pots cassés... ?

Quel est ton mot pour qualifier ça Delph ? Décalé ? Je ne me souviens plus du terme exact que tu as employé. En tout cas, le parapluie dans la poubelle restera un grand moment...
Un parapluie cassé surgissant d'une poubelle, n'est ce pas beau et poétique ?

Je passe maintenant pour avoir un goût particulier pour les objets cassés... non, non, je ne suis pas un maniaco-dépressif aux goûts morbides, ni un déconstructiviste fustigeant la société de consommation !

A ce propos (admirez la finesse de la transition), je ne fais pas dans la déconstruction, mais eux, si : La demeure du chaos
Merci pour l'info Delphine... ça pourrait faire un article intéressant en plus... il faudra juste que tu me donne tes conclusions sur la dimension esthétique de l'art...

08 mai 2006

Retrouvailles lyonnaises

Rire. Rire à en avoir mal au ventre. Parler, parler jusqu'à celles des heures de la nuit qui n'ont qu'un chiffre. Profiter tout simplement du plaisir d'être ensemble, à nouveau, et savourer une complicité intacte après tout ce temps.

J'ai revu Delphine ce week-end, mais peut-être que le mot "retrouvé" serait plus juste. Cela fera bientôt 8 ans que l'on se connaît, dont 6 années sans se voir, passées à la vitesse de l'éclair... C'est donc sans la moindre hésitation que j'ai saisi la première occasion de venir me perdre dans la grande ville, qu'elle vient de réinvestir.

Petite interrogation alors que le train entre en gare. Comment sera t-elle ? Et comment va t-elle me trouver ? N'ai-je pas changé de mon côté ? Les souvenirs et la réalité vont-ils se rejoindre ?

Mais j'ai été presque instantanément rassuré à la sortie du métro, 20 minutes plus tard : tu n'as pas changée Delphine (la preuve, moi qui ne suis pas physionomiste, je t'ai reconnu au premier coup d'oeil, ah ah) ; j'ai effectivement retrouvé la même femme qu'il y a 6 ans, toujours la même bonne humeur, le même humour et le même tempérament ; toujours aussi belle aussi (bah oui, c'est vrai). J'ai également retrouvé toutes ces petites choses uniques qui définissent une personne, la voix, la façon de sourire, le regard, la démarche et d'autres détails impalpables. Toujours la même au bout du compte...


Et comme il parait que je n'ai pas changé non plus, l'étonnement ravi des retrouvailles a somme toute vite été dépassé, et nous nous sommes tout de suite comportés comme si l'on s'était séparés l'avant veille, poursuivant un dialogue jamais vraiment interrompu.

Delphine a tenté deux jours durant de me perdre dans les métros, ruelles et autres traboules de Lyon, mais comme nous marchons à la même vitesse ses efforts furent vains...

Nous avons pratiqué l'art délicat de la déambulation, où j'exerçais ma prédilection pour les détails anodins, et celui tout aussi plaisant de la conversation, où je démontrais mon grand talent pour les digressions...

Ce fut un réel plaisir que de pouvoir se reparler. Je pense que tu as conscience de faire partie des quelques personnes vraiment importantes pour moi, l'une de celles avec qui je suis totalement moi même, sans dissimulation et sans rien tenter d'enjoliver non plus. Voilà pourquoi je me suis senti aussi bien, aussi détendu. Merci pour ça aussi.


Je ne connaissais pas Lyon ; ville très agréable qui ne donne pas le même sentiment d'oppression que l'on peut sentir à Paris. Je n'ai pas eu le sentiment d'être dans une ville d'un demi million d'habitants.
Saucisson lyonnais, Saint Marcellin et côtes du Rhône : les atouts de ce pays ne sont pas seulement touristiques et nous en avons aussi profité... sans se cantonner aux produits du terroir d'ailleurs...
Ca change des nouilles... et de l'eau...


Petit coup de blues au train du retour. Le convoi prend de la vitesse en quittant l'agglomération, et je regarde le même paysage que 48 heures plus tôt défiler en sens inverse, comme un film que l'on rembobine. Retour vers la routine. Impression de refermer une parenthèse. J'espère que ce n'est pas le cas... Mais ne restent bientôt que les images joyeuses et la joie sincère que j'éprouve à ce souvenir efface l'impression désagréable du départ.