J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique.
27 octobre 2008
Quelques vers...
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24 octobre 2008
Zombies de tous pays, unissez-vous !
Une information vue à l'instant sur 20 minutes : après la gay pride, voici venir la zombie pride. Car le zombie est à la mode parait-il. Du moins celui popularisé par George Romero. On est bien loin du possédé haïtien, plongé malgré lui dans l'emprise d'un maléfice vaudou.
Non, le zombie moderne est tendance, il sort de sa tombe pour manger les vivants et boire du sang, ce qui est nettement plus drôle que d'encaisser des clients toute la journée dans un hyper, vendre des encyclopédies au porte-à-porte ou fabriquer des poupées vaudou en forme de n'importe quoi.
«Le vampire est passé de mode, son esthétique était très années 1990. Il était plus sérieux, connoté gothique, analyse Anthony Ceccarelli, photographe et animateur de ZombieHarbor.com, une communauté dédiée aux morts-vivants. Le zombie, lui, est subversif. Il s'affranchit de la mort, de ses chaînes, pour manger les vivants» et c’est ce qui fait sa popularité.
Ah bon. C'est un peu du grand n'importe quoi, mais il est vrai que l'époque ne prêtant pas vraiment à rire, je comprends que l'on cherche des exutoires jusque dans le grand-guignol. Coincée entre la fête des morts et Halloween, je me demande toutefois si cette mascarade va réussir à faire son trou...
***
Pour aller plus loin :
- l'origine : le zombi vaudou
- le cinéma est passé par là : merci M. Romero
- et même l'informatique s'en mêle : protégez votre ordinateur !
22 octobre 2008
People collector assemble qui se ressemble
People collector est un blog qui poste à chaque billet une série de photos trouvées sur internet de personnes ayant quelque chose en commun. Ils ont tantôt un parapluie qui vient de se retourner, des marques de bronzage, le visage peint un bleu ou bien "un haut blanc et un bas orange"... Loufoque mais sympa. Dommage qu'il ne semble plus mis à jour depuis le mois de juin.
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Sirandanes, devinettes mauriciennes
Petit trésor de la culture et de la langue que je viens de découvrir sur le blog des correcteurs du Monde.fr : les sirandanes. Non pas les six rangs d'ânes, mais bien les sirandanes, ce qui est très différent :
Les sirandanes sont des devinettes qui portent sur la vie quotidiennes à l'île Maurice. [...] Sont-elles vraiment des devinettes ? Elles sont plutôt des mots clés, qui permettent à la mémoire de s’ouvrir, et de révéler le trésor caché [...]. La surprise a lieu, comme dans le monde de la philosophie zen japonaise, et la vie, avec l’esprit, peut jaillir. " (1)
Source de l'image : Amazon
Quelques exemples :
Les réponses si vous êtes sages !
- Quel est ce mort qui conduit le vivant ?
- Qui sont ces trois petits Noirs qui regardent brûler le ventre de leur maman ?
- Pourquoi le tapis du grand-père est-il plein de punaises ?
- Pourquoi ce bœuf crie-t-il entre deux montagnes ?
- Comment est-ce possible : en voilà un qui mange par le ventre et vomit par le dos
Quelques liens pour en savoir plus :
- Quelques sirandanes en créole, français et anglais
- Une présentation plus complète de la place des sirandanes dans la culture créole
(1) Jean Marie Gustave (J.M.G.) et Jémia Le Clézio, Sirandanes, suivies d'un petit lexique de la langue créole et des oiseaux editions Seghers
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20 octobre 2008
Soeur Emmanuelle est morte
99 ans, c'est beaucoup moins triste...
J'aime beaucoup le ton de cet article de l'Express.
Sacré bout de femme quand même. Puissions nous imiter au moins son sourire.

J'aime beaucoup le ton de cet article de l'Express.
Sacré bout de femme quand même. Puissions nous imiter au moins son sourire.
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Chronique des bouts de parapluie
Je suppose que tout le monde connait Flickr. Le vétéran des services de partage de photos en ligne est devenu tellement populaire qu'il n'est guère besoin de le présenter. Comme tout le monde je me suis créé un compte, dont je ne me sers quasiment pas ; les photos commencent d'ailleurs à dater.
J'ai reçu ce matin un mail, tout en anglais rédigé, envoyé par un éditeur de guides de tourisme, ou quelque chose dans ce genre. Un de mes modestes clichés à eu l'heur de plaire, et l'on m'explique qu'il faut que je coche la case indiquée pour autoriser ces gens à l'utiliser dans leur futur guide, tout en précisant au passage les conditions -exceptionnelles- de rémunération :
Hi sammyfisherjr,
I am writing to let you know that one of your photos has been short-listed for inclusion in the fifth edition of our Schmap Lyon Guide, to be published late November 2008.
[...]
While we offer no payment for publication, many photographers are pleased to submit their photos, as Schmap Guides give their work recognition and wide exposure, and are free of charge to readers. Photos are published at a maximum width of 150 pixels, are clearly attributed, and link to high-resolution originals at Flickr.
Ce que je traduis par "on va pas te donner un rond, mais estimes toi heureux, il y a plein de photographes, des vrais, des pros, qui nous supplient à genoux pour figurer dans notre guide, tellement qu'il est beau."
Bof.
De toute façon, les photos que j'ai stocké sur Flickr, ce ne sont pas vraiment des chefs d'œuvre, et si j'avais voulu en faire le commerce, j'aurais plutôt ouvert une petite boutique dans une rue du centre-ville, de celles qui proposent en vitrine des myriades de premiers communiants, mariés souriant et portraits chics et classieux avec sourire guindé et pose tout à fait naturelle et décontractée.
Je suppute, non sans quelque naïveté, qu'une éventuelle publication pourrait ramener vers ce blog des foules délirant d'enthousiasme, rêvant d'en savoir plus sur l'auteur d'un tel cliché, tout empli d'émotion artistique, sincère mais original, impertinent dans le traitement du sujet, bref, du vrai Doisneau en couleurs...
Ou pas.
Ou pas.
Jugez donc par vous-même :
Cliché qui nous ramène à la genèse de ce blog... c'est fou comme le temps passe vite !
***
Voir la galerie sur Flickr
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Sammy
17 octobre 2008
Encore un Nobel pour la France... ou presque
Le blog Autour des sciences, que j'ai découvert il y a quelques semaines grâce à la mélamine (qu'il ne faut plus confondre avec la mélanine), a publié le 03 octobre dernier un billet relatif aux Ig Nobels (prononcez ignobel), "qui récompensent les travaux scientifiques improbables, drôles, impromptus, dérisoires ou effrayants". Je ne résiste pas au plaisir de le partager ici.
Tatou surpris en train de faire avancer la science
Parmi les lauréats distinguéés pour cette cuvée 2008, je retiens :
- l'Ig Nobel de sciences cognitives, qui a démontré que certains amibes pouvaient sortir d'un labyrinthe
- l'Ig Nobel de la paix, pour son engagement en faveur de la dignité des plantes
- l'Ig Nobel (français !) de biologie, grâce aux travaux duquel nous avons enfin la certitude que les puces du chien sautent plus haut que celles du chat
- l'Ig Nobel d'archéologie, pour avoir démontré le rôle des tatous dans la compréhension des sites archéologiques
Le reste du palmarès, avec les liens pointant vers les travaux récompensés, est à découvrir sur l'article d'origine : Le palmarès des Ig Nobels
16 octobre 2008
Chronique du tigre et du canard
Au bonheur des mots de Claude Gagnière est un gros livre qui a des allures de petite malle au trésor. Contrairement aux apparences, ce n'est pas un dictionnaire ; l'ordre alphabétique n'est utilisé que par convention. Ou par mauvaise habitude. Car ce livre là est fait pour se laisser butiner, être feuilleté de ci, de là, par petits coups d'une curiosité jamais satisfaite. Je ne suis pas près de le rendre à son légitime propriétaire...
Son sous-titre parle de lui-même : "Encyclopédie souriante et irrévérencieuse de la culture et des lettres françaises, à l'intention des esprits peu chagrins soucieux d'enrichir leurs connaissances sans pour autant s'ennuyer."
Tout un programme.
Des vers, des anecdotes, la petite et la grande Histoire, des sigles, des expressions, les mots de la fin des hommes célèbres, des chiffres, de fausses citations et de vraies coïncidences, on trouve un peu de tout dans ce bouillon de culture.
On apprend ainsi que l'anagramme de Pierre de Ronsard est Rose de Pindare, que hypocrite vient du grec hupokrites qui signifie acteur, et que Jean-Baptiste Lully est mort de s'être donné un coup de canne sur le pied. On trouve quelques dictées, des centenaires en pagaille, des étymologies, la liste des premiers académiciens Goncourt, des faire-part, des mariages ; on découvre, avec un sourire croissant, qui s'est terminé pour moi en crise de rire, la liste des surnoms dont furent affublés quelques amiraux.
Ou bien encore pourquoi Le canard enchaîné s'appelle comme ça : c'est la faute de Clémenceau.
En ce temps là c'était la guerre, la grande, celle que préférait Brassens, celle de quatorz'-dix-huit, et un autre Georges, que d'aucuns surnommaient le tigre parce qu'il avait de grosses moustaches parce qu'il préférait Rocky III parce qu'il avait fondé les brigades du même nom, dirigeait un journal nommé L'homme libre.
L'homme libre dénonçait l'incompétence du gouvernement et de l'état-major dans la conduite de la guerre. De 1914 à 1916, nombre de ses articles furent donc coupés par les délicats ciseaux d'Anastasie. Le tigre, la moustache frémissante, rebaptisa donc son journal "L'homme enchaîné" en guise de protestation. Il pensa un peu faire une grève de la faim, mais finalement non.
Mais en 1917, le président Poincaré, qui était dans sa période fauve, accorda les pleins pouvoirs à Clémenceau pour la conduite de la guerre. Allait-il abolir la censure ? Bien sûr que non. "Vous me prenez pour un c... ?" répondit-il aux naifs qui lui osèrent lui poser la question.
Son journal redevint L'homme libre, se mit à appuyer la politique du gouvernement (de son propriétaire donc), et Le Canard enchaîné créé depuis 1915 par Maurice et Jeanne Maréchal proclama qu'il ne deviendrait Le canard libre que le jour où son directeur serait nommé président du conseil...
Il attend encore.
***
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14 octobre 2008
Le retour de la loco
Wired est décidement un site très intéressant. Dommage que ce soit en anglais, mais nul n'est parfait. Je viens de tomber sur cette série de photos intitulée "L'âge d'or des trains en noir et blanc"
Les photos sont de Jim Shaughnessy, qui a commencé à prendre ses photos à l'âge de 13 ans, en 1946.
Les plus anciens des lecteurs de Sammy se souviendront peut-être de la chronique des princesses qui fument... En tout cas, c'est à cette locomotive que j'ai pensé en voyant celles-ci.
Photographer Jim Shaughnessy first turned his lens on trains in 1946 at age 13. Over the following 20 years, he chased trains around New England and Canada, documenting the fall of steam engines and the rise of diesel locomotives — all in gorgeous black and white.
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Chronique des mauvais coups (de téléphone)
Ca avait pourtant bien commencé. Un bonjour prononcé d'une voix suave digne du plus torride des téléphones roses, immédiatement suivi d'un nettement moins agréable "vous êtes bien sur le standard automatique de la direction régionale des trucs et des machins" (afin de préserver mon anonymat, les activités de cette administration ont été floutées au montage), nos services sont ouverts de 8h30 à 12h et de 14h à 18h.
Si votre question est relative aux trucs, tapez 1 ; si votre question est relative aux machins, tapez 2 ; si vous recherchez de la documentation ou des informations sur les trucs et les machins, tapez 3 ; pour contacter la direction de la direction régionale (bonjour la redondance) des trucs et des machins, tapez 4 ; pour contacter le secrétariat général de la direction régionale des trucs et des machins, tapez 5 ; pour laisser un message sur le répondeur de notre standard automatique, tapez 6.
Hum. On va tenter le 5.
Si votre demande concerne les moyens généraux, tapez 1 ; si votre demande concerne la comptabilité, tapez 2 ; si votre demande concerne les ressources humaines, tapez 3 ; si votre demande concerne la formation, tapez 4 ; pour laisser un message sur notre boîte vocale, tapez 5.
Bon, ce n'est pas si difficile que ça finalement, je tape 4 et je pose ma question. D'ailleurs ça sonne, quelqu'un ne va pas tarder à décrocher...
...vous êtes bien sur le standard automatique de la direction régionale des trucs et des machins, nos services sont ouverts de 8h30 à 12h, l'organigramme est disponible sur notre site internet à l'adresse trucsetmachins.fr...
Bref moment de désespoir. Le message, imperturbable et sans pitié, continue de dérouler sa litanie. J'entends encore "Merci... Biiip... au revoir", suivi du tûûût, tûûût, tûûût de la défaite.
Ce n'est pas grave, je suis décidément plein de bonne volonté aujourd'hui, je rappelle.
Bonjour, vous êtes bien sur le standard automatique de la direction régionale des trucs et des machins... hop, je tape 5. Que n'avais-je pas fait là ! La sanction tombe, immédiate et brutale : "vous n'êtes pas autorisé à effectuer cette action". A cet instant, je comprends que celui qui a paramétré cette boîte vocale est un sadique. La suite me prouvera que j'avais vu juste.
Si votre question est relative aux trucs, tapez 1 ; si votre question est relative aux machins, tapez 2 ; si vous recherchez de la documentation ou des informations sur les trucs et les machins, tapez 3 ; pour contacter la direction de la direction régionale des trucs et des machins, tapez 4 ; pour contacter le secrétariat général de la direction régionale des trucs et des machins, tapez 5 ; pour laisser un message sur le répondeur de notre standard automatique, tapez 6.
Tremblant, je tape une nouvelle fois le 5, en espérant que mon téléphone ne va pas m'exploser à la figure pour me châtier de tant d'outrecuidance.
Non, tout va bien, la chose décide de faire preuve de magnanimité et déroule sa litanie avec obstination : Si votre demande concerne les moyens généraux, tapez 1 ; si votre demande concerne la comptabilité, tapez 2 ; si votre demande concerne les ressources humaines... Je fais preuve d'une hardiesse que je ne me connaissais pas, je tape 4. Ce n'est pas de l'entêtement, c'est juste parce que j'ai une question à poser.
Vous n'êtes pas autorisé à effectuer cette action. Merci... Biiip... au revoir, tûûût, tûûût, tûûût.
L'univers et la bêtise humaine, on ne sait pas, mais ma patience elle, a des limites. Je rappelle, en écrasant rageusement les touches du téléphone, bien décidé quoi qu'il advienne à laisser un message, je n'aurais pas perdu tout ce temps pour rien. J'écoute bien sagement la féminine mais synthétique voix donner ses instructions, et je tape, au moment où on me le demande, sur la touche permettant de laisser un message.
Vous n'êtes pas autorisé à effectuer cette action.
Vous êtes bien sur le standard automatique de la direction régionale des trucs et des machins, nos services sont ouverts de 8h30 à 12h, l'organigramme est disponible sur notre site internet à l'adresse trucsetmachins.fr
Merci... Biiip... au revoir, tûûût, tûûût, tûûûûût...
Merci... Biiip... au revoir, tûûût, tûûût, tûûûûût...
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Des nouvelles du passé avec Google news archive search
J'avais déjà parlé en juillet de Times archive, 200 ans d'archives du Times mises en ligne par le journal ; je poste ce billet aujourd'hui pour évoquer le service Google news archive search, qui se proposera pour sa part de scanner les articles de presse, comme il fait déjà avec les livres.
A noter : une judicieuse timeline pour visualiser les occurrences d'un mot clé sur une longue période.
A noter : une judicieuse timeline pour visualiser les occurrences d'un mot clé sur une longue période.
13 octobre 2008
Un (superbe) site de films anciens
J'ai appris cette nouvelle tout à l'heure en lisant ma newsletter "culture" de France 24 : le site Europa Film Treasure donne accès gratuitement à une collection de films rares issus des cinémathèques européennes.
Chaque film est accompagné de repères historiques et d'un livret informatif ; cinq langues sont disponibles : le français, l'allemand, l'anglais, l'espagnol et l'italien. L'article nous apprend en outre que ce site a vu le jour grâce à la passion d'un seul homme, le producteur Serge Bromberg, dont le siège de la société abrite une collection de 100 000 vieilles bobines.
Lire l'article d'origine sur France 24
11 octobre 2008
09 octobre 2008
Le Nobel de littérature décerné à Jean-Marie Le Clézio - Revue de web
C'est quand même la nouvelle du jour ! Et puis ça changera un peu de tout ce blabla sur la crise financière. On le sait qu'on va vers la catastrophe, c'est pas la peine de nous le dire 50 fois par jour...
Je copie ici très rapidement le produit de mon survol du web à ce sujet. Je ne sais pas pourquoi ; sans doute parce que je pense que c'est un événement suffisamment rare pour que je prenne la peine d'en garder une trace.
Mention spéciale pour Rue89 : c'est le seul titre qui combine l'information la plus complète (le prix Nobel de Littérature, et non pas "le Nobel" tout court, la mention du fait que le Clézio est français), avec l'élégance de mettre toutes les bonnes majuscules là où il faut, ainsi que le nom complet de l'auteur : J.M.G., pour Jean-Marie Gustave.
Je copie ici très rapidement le produit de mon survol du web à ce sujet. Je ne sais pas pourquoi ; sans doute parce que je pense que c'est un événement suffisamment rare pour que je prenne la peine d'en garder une trace.
- France 24 : Le Nobel de littérature décerné à Jean-Marie Le Clézio
- Le Figaro : Le Clézio décroche le prix Nobel de littérature
- Le Figaro : "Le Clézio avait le profil idéal"
- 20 minutes : Le Clézio : "Le prix Nobel est une réponse"
- TV5 : Le Nobel de littérature à Le Clézio, "explorateur de l'humanité"
- Le Monde : Le Nobel de littérature décerné au français Jean-Marie La Clézio
- Rue89 : Le français J.M.G. le Clézio reçoit le prix Nobel de Littérature
Mention spéciale pour Rue89 : c'est le seul titre qui combine l'information la plus complète (le prix Nobel de Littérature, et non pas "le Nobel" tout court, la mention du fait que le Clézio est français), avec l'élégance de mettre toutes les bonnes majuscules là où il faut, ainsi que le nom complet de l'auteur : J.M.G., pour Jean-Marie Gustave.
Mise à jour du 10/10 : les blogs en parlent aussi, bien sûr. C'est le cas dans la revue d'Olivier, avec Sexo-chocolat ; vous pouvez aussi suivre l'information sur Wikio.
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Nobel
Je suis une future star du web 2.0
99 % de chances.
Parfaitement, 99 %
C'est écrit dans le mail que je viens de recevoir suite à ma participation à l'enquête visant à "étudier l’évolution de nos comportements à l'heure du web 2.0", dixit Jean Véronis, chez qui j'ai trouvé le lien.
Contrairement à ce que vous êtes en train de penser, c'est très sérieux ; c'est une véritable enquête sociologique, menée par la FING et Libération.
Si vous voulez partciper à votre tour, c'est ici que ça se passe.
Et voici la copie d'écran de mon "web appeal", qui montre bien en quoi je suis idéalement positionné ! (en fait, ça me fait surtout penser à ces T-shirts représentant la voie lactée, avec la petit flèche indiquant "you are here"...)
La principale conclusion qu'il faudra tirer de cette étude, c'est que je suis une star injustement méconnue, voilà tout...
08 octobre 2008
Pas d'idées pour Noël ?
...offrez donc un vrai morceau d'escalier de la Tour Eiffel ! On vous reprochera sûrement ce coup de folie à 60 000 € minimum, mais vous serez sûr de faire plaisir.
Par contre, assurez-vous d'avoir un salon assez spacieux pour accueillir la chose : 18 marches, 3,50 m, 700 Kgs.
***
P.S. : l'image vient de Google recherche d'image, la photo sur le site de Drouot n'étant pas visible en grand format pour les non-abonnés
Le sabre et le goupillon
Vu sur le diaporama 24 heures de 20 minutes, cette image d'un prêtre philippin bénissant les nouvelles mitrailleuses de l'armée. Sans commentaires.
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Divers,
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03 octobre 2008
Chronique de la confiance et des facteurs mérovingiens
Le musée de la poste est un endroit charmant, mais désuet, reconnu d'utilité publique, où vous pourrez passer une après-midi passionnante, pour peu que vous ayez moins de 12 ans ou que vous soyez doté d'une insatiable curiosité. A mesure que vous en descendrez les étages -car c'est un musée qui se visite de haut en bas, on commence en prenant l'ascenseur- des installations qui furent modernes vous apprendront tout sur l'histoire de l'acheminement du courrier depuis les mérovingiens, le fonctionnement du télégraphe de Chappe et les mystères du code postal. Vous serez même en mesure de faire à votre tatie médusée un résumé fidèle de l'affaire du courrier de Lyon.
Il faut dire que la pédagogie déployée est impressionnante, à la pointe du progrès de 1985, avec force vitrines illuminées, plans ornés de points clignotant (pour situer un lieu sur une carte, c'est drôlement ingénieux, non ?), reconstitutions presque aussi vraies que nature. Et des mannequins en costume d'époque. Ils sont tous là, sauf la toge du facteur mérovingien, sans doute conservée dans quelque sous-sol en raison de sa fragilité.
Quand vous serez (vite) lassés de jouer au petit télégraphiste (matériel garanti d'époque), vous pourrez faire une pause autour d'une table et de quelques cartes, sur lesquelles vous serez libres d'écrire tout ce que vous voudrez (déclaration d'amour, description de la visite du musée, dénonciation anonyme aux impôts... le choix de sujets disponibles est vaste)
Il faut dire que la pédagogie déployée est impressionnante, à la pointe du progrès de 1985, avec force vitrines illuminées, plans ornés de points clignotant (pour situer un lieu sur une carte, c'est drôlement ingénieux, non ?), reconstitutions presque aussi vraies que nature. Et des mannequins en costume d'époque. Ils sont tous là, sauf la toge du facteur mérovingien, sans doute conservée dans quelque sous-sol en raison de sa fragilité.
Quand vous serez (vite) lassés de jouer au petit télégraphiste (matériel garanti d'époque), vous pourrez faire une pause autour d'une table et de quelques cartes, sur lesquelles vous serez libres d'écrire tout ce que vous voudrez (déclaration d'amour, description de la visite du musée, dénonciation anonyme aux impôts... le choix de sujets disponibles est vaste)
Photo réalisée par Morgane Chartier
Ne lésinez pas sur la quantité de déclarations, descriptions et dénonciations, c'est gratuit. J'en est d'ailleurs profité pour me débarrasser une bonne fois pour toute de la corvée de cartes postales des vacances. Une boîte aux lettres jaune et typique est placée là tout exprès. Un préposé la relève tous les soirs. A 17h48. Ce n'est pas l'horaire réglementaire, mais ça lui laisse du temps pour tout lire.
Plus sérieusement, les cartes disponibles dans cet espace sont le fruit d'une expérience aux allures de campagne de communication, menée auprès de jeunes collégiens, lycéens et étudiants en art, de France et de Chine. Il s’agissait à travers le médium de l’image de mieux comprendre les mécanismes de la construction de la confiance chez les jeunes. (je mets en italique car je n'aurais jamais pondu une phrase pareille tout seul) Et voici l'explication du pourquoi de ces fameuses cartes postales : A l’issue de son parcours, le visiteur est invité à livrer sa propre définition de la confiance et à transmettre à ses proches une carte postale, qui symbolise la confiance.
Ou envoyer à moindre frais un souvenir de Paris, le visiteur fait comme il veut.
Plus sérieusement, les cartes disponibles dans cet espace sont le fruit d'une expérience aux allures de campagne de communication, menée auprès de jeunes collégiens, lycéens et étudiants en art, de France et de Chine. Il s’agissait à travers le médium de l’image de mieux comprendre les mécanismes de la construction de la confiance chez les jeunes. (je mets en italique car je n'aurais jamais pondu une phrase pareille tout seul) Et voici l'explication du pourquoi de ces fameuses cartes postales : A l’issue de son parcours, le visiteur est invité à livrer sa propre définition de la confiance et à transmettre à ses proches une carte postale, qui symbolise la confiance.
Ou envoyer à moindre frais un souvenir de Paris, le visiteur fait comme il veut.
***
Le site de l'exposition : http://www.laposte.fr/faitesnousconfiance/
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02 octobre 2008
Des moutons en fil de téléphone
Des moutons en fil de téléphone ; le corps fait entièrement avec ces anciens fils hyper pénibles qui s'enroulent tout le temps. Et la tête avec le téléphone lui-même. C'est tout. Mais je trouve ça génial.
Vu sur Bookofjoe
Mise à jour du 24/10 : ces moutons sont l'oeuvre de Jean-Luc Cornec (désolé pour le lien en allemand, c'est tout ce que j'ai trouvé)
Mise à jour du 24/10 : ces moutons sont l'oeuvre de Jean-Luc Cornec (désolé pour le lien en allemand, c'est tout ce que j'ai trouvé)
01 octobre 2008
Nicck Brandt - photographies en noir et blanc
Un magnifique site, des photos grandioses des animaux de la savane. Inutile d'en dire plus, il faut juste admirer.
Libellés :
Art,
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Photographie
30 septembre 2008
Votez pour moi !
Françaises, français,
Belges, belges,
Bourguignonnes, bourguignons,
Blogueuses, blogueurs, l'heure et grave.
Non seulement une crise financière menace l'économie mondiale (le prix des carottes râpées a augmenté d'une manière indécente), non seulement le mauvais temps fait de même avec le week-end, mais en plus, je vais vous demander un service. Eh oui, il y a des semaines comme ça.
Contrairement à ce que je supposais il y a quelques jours, le top 50 des blogs "Culture et plaisir" de 20 minutes n'est pas remis à jour tous les ans au mois de mars mais bel et bien là, maintenant, tout de suite. Et il faut voter pour élire icelui que l'on préfère. Le mien si possible.
Pour voter, ça se passe sur cette page.
Vous pouvez aussi cliquer sur ce bouton. Je l'ai copié-collé exprès. Ces 14 secondes de travail méritent bien d'être récompensées.
Blogueurs, blogueuses, aidez-moi ! (à lire avec la voix de De Gaulle un certain soir de la fin du printemps 1961)
Belges, belges,
Bourguignonnes, bourguignons,
Blogueuses, blogueurs, l'heure et grave.
Non seulement une crise financière menace l'économie mondiale (le prix des carottes râpées a augmenté d'une manière indécente), non seulement le mauvais temps fait de même avec le week-end, mais en plus, je vais vous demander un service. Eh oui, il y a des semaines comme ça.
Contrairement à ce que je supposais il y a quelques jours, le top 50 des blogs "Culture et plaisir" de 20 minutes n'est pas remis à jour tous les ans au mois de mars mais bel et bien là, maintenant, tout de suite. Et il faut voter pour élire icelui que l'on préfère. Le mien si possible.
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Vie du blog
Quelques sites pour jouer (vraiment) avec les mots
Voici quelques sites pour jouer avec les mots :
Article original sur le blog du modérateur
- TextOpus, c'est à la fois un convertisseur dans la lignée de ceux présentés dans le billet précédent, et un gadget futile de plus : ce site sert juste à convertir n'importe quel texte en ... autre chose. On peut ainsi convertir son texte en ASCII ou en morse, le passer entièrement en majuscules, mélanger les lettres des mots, classer les lignes par ordre alphabétique (?!), appliquer un encryptage. Pas forcément utile, mais le concept me plait.
- Textris : un peu dans le même genre. Et en plus, le site est plus joli.
- Flip : je l'adore déjà ! Il permet d'écrire à l'envers ! Qui n'en a jamais rêvé ? ¡ ʇuɐsɹǝʌuǝɹ ʇuǝɯıɐɹʌ ʇsǝ,ɔ
Article original sur le blog du modérateur
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Culture geek,
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Générateurs,
mots
24 septembre 2008
Supermarché mon amour
Mon précédent billet m'a fait réaliser que les supermarchés sont un thème récurrent sur ce blog ; depuis mars 2006, j'en ai parlé pas moins de 10 fois. Jugez un peu :
- 15 avril 2006 : Choses vues au supermarché, où l'on apprend le bon usage du sac réutilisable et du tapis roulant de la caisse.
- 29 avril 2006 : Retour au supermarché, car je fais des courses régulièrement, eh oui.
- 05 août 2006 : Folie joyeuse, chronique des supermarché épisode III :où l'on rencontre un farfelu dans les rayons (qui s'avérera être mon voisin !)
- 27 août 2006 : Chose vue au supermarché, au singulier cette fois, parce que c'est très court, pour ne pas dire raccourci...
- 13 septembre 2006 : En sortant de Carrefour. Ca se passe aussi après avoir payé...
- 11 novembre 2006 : Monsieur Hulot au supermarché, chronique à épisodes : où je me moque un peu de moi-même, et compatis pour une grand-mère dépassée par les évènements
- 19 septembre 2008 : Cornettes blanches et petits pains, où une vieille femme s'expose à passer pour une excentrique ; mais il faut tout de même reconnaitre que les jeunes aussi, dans leur genre, sont parfois Complètement brelot...
- Il arrive même que cette obsession me poursuive dans la rue : Libérez les caddies !
Libellés :
Choses vues,
En bref,
supermarché
19 septembre 2008
Cornettes blanches et petits pains
Eh vous là bas, la cornette blanche, disait-elle en élevant à peine la voix. Je cesse d'hésiter entre le pain de campagne à l'ancienne et la baguette moulée ; à côté de moi se dresse un spécimen d'humaine d'une soixantaine d'années, haute comme trois pommes, visiblement courroucée et l'air un peu hagarde.
Oui, vous, là-bas, la cornette blanche, je vous vois ! poursuit-elle en désignant du menton les employés de la grande surface affectés au rayon boulangerie, qui semblent ne même pas entendre ses étranges imprécations. Regardant alentour, elle me prend à témoin : ils me regardent parce que je choisis ce que je veux acheter ! Vous choisissez bien ce que vous achetez vous, n'est ce pas ? Soudainement pris d'un grand intérêt pour les pains au chocolat, je lui répond d'un hum, oui, oui, pas trop fort, tant est grande ma crainte d'être associé à son délire.
Visiblement, cette femme est un peu dérangée me dis-je, moitié amusé, moitié intrigué par son obsession, et surtout par le qualificatif de cornettes blanches par lequel elle désigne les charlottes des boulangers. Sans doute a t-elle été traumatisée par des religieuses dans son enfance ? Peut-être a t-elle été privée de pain. Peut-être n'en a t-elle pas mangé tous les jours. J'imagine déjà toute une histoire autour de ce minuscule incident.
Mais déjà, après avoir lancé quelques nouveaux reproches outrés en direction de ses prétendus tourmenteurs, toujours de cette voix fluette qui ne sera perçue que par les clients et les "cornettes blanches" les plus proches, elle s'éloigne à petits pas, frêle silhouette bientôt oubliée.
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16 septembre 2008
Petit coup d'oeil dans le rétro
Sur internet, le temps passe très vite. On fête déjà les 10 ans de Google, et on a l'impression (un peu abusive) de l'avoir toujours connu. Et voilà que quelques jours après, c'est le tour des 3 ans de Netvibes !
Je me suis tellement habitué à cette page d'accueil que je ne saurais plus m'en passer, je trouve que c'est une réalisation presque parfaite (il ne faut jamais être trop content) et quasiment indispensable.
Vous souvenez-vous des débuts de Netvibes ? L'équipe a (re)mis en ligne la version d'origine, avec son fond hachuré et ses trois gadgets qui se battent en duel... Ca sent bon la nostalgie.
La chose a beaucoup progressé depuis, je ne vais pas en refaire l'historique ici. Rappelons entre autres choses qu'il existe maintenant une page publique associée à la page privée. La mienne est visible ici, et pas forcément très à jour, même si je m'amuse avec de temps en temps.
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15 septembre 2008
Sammy dans le top 50
Il n'y a pas de petites satisfactions, alors je ne vais pas me priver d'être content : je viens de découvrir (avec 5 mois de retard) que 20 minutes, le célèbre quotidien culturel en ligne (j'en rajoute, mais il faut bien que je montre ma gratitude) m'a placé dans son Top 50 culture et plaisir.
Je ne suis peut-être que 44ème, mais je suis dans le top 50 !
Cela dit, j'aimerais bien savoir sur quels critères ce classement est effectué. Est-ce par un "Monsieur Blogs" de 20 minutes ? Par un pigiste qui a recopié la liste de l'année dernière ? Par un vote des lecteurs ? Ou alors ils ont inventé le classement ultime, mieux que Wikio, et je suis vraiment le 44ème meilleur blog culture (et plaisir, ça compte aussi) ?
Il semble que ce classement est remis à jour tous les ans en mars. Faites moi penser de vérifier si je suis encore dedans dans 6 mois !
Je ne suis peut-être que 44ème, mais je suis dans le top 50 !
Cela dit, j'aimerais bien savoir sur quels critères ce classement est effectué. Est-ce par un "Monsieur Blogs" de 20 minutes ? Par un pigiste qui a recopié la liste de l'année dernière ? Par un vote des lecteurs ? Ou alors ils ont inventé le classement ultime, mieux que Wikio, et je suis vraiment le 44ème meilleur blog culture (et plaisir, ça compte aussi) ?
Il semble que ce classement est remis à jour tous les ans en mars. Faites moi penser de vérifier si je suis encore dedans dans 6 mois !
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12 septembre 2008
Brèves de blog, un florilège de commentaires par Pierre Assouline
La République des livres fait partie de ces quelques blogs de très haute volée, de ceux tenus par un professionnel du sujet sur lequel il s'exprime. Il m'est déjà arrivé de citer ici ou là des extraits de billets de Pierre Assouline, mais si je devais le faire à chaque fois que je lis quelque chose que je trouve particulièrement pertinent, je passerai mon temps à faire ça.
Hier sortait un livre du même, intitulé Brèves de blog, le nouvel âge de la conversation, qui est un florilège des commentaires publiés après quatre ans d'existence de la "RDL", comme ils disent. A raison d'environ 200 commentaires par article, il a dû passer quelques heures passionnantes pour en sélectionner seulement 600... Au delà du fait que les rares fois où je me suis attardé du côté de ce magma, j'ai trouvé ça plutôt ennuyeux et bien souvent hors-sujet, rasoir, pédant... ce qui m'a intéressé dans le billet où il présente ce livre, c'est une réflexion sur l'anonymat et la perception du message écrit, bien différente de l'oralité :
Hier sortait un livre du même, intitulé Brèves de blog, le nouvel âge de la conversation, qui est un florilège des commentaires publiés après quatre ans d'existence de la "RDL", comme ils disent. A raison d'environ 200 commentaires par article, il a dû passer quelques heures passionnantes pour en sélectionner seulement 600... Au delà du fait que les rares fois où je me suis attardé du côté de ce magma, j'ai trouvé ça plutôt ennuyeux et bien souvent hors-sujet, rasoir, pédant... ce qui m'a intéressé dans le billet où il présente ce livre, c'est une réflexion sur l'anonymat et la perception du message écrit, bien différente de l'oralité :
L’anonymat libère parfois une humeur bridée, parfois des forces sombres. Il dilue la peur. De grands bavards du virtuel se révèlent être muets dans le réel. L’anonymat nous autorise à explorer des pans de notre personnalité comme nous n’aurions jamais osé le faire sous notre propre nom (…) Beaucoup rejettent l’idée de leur lâcheté supposée. Ils récusent le fait que le pseudonyme soit un moyen d’échapper à l’identité puisqu’ils le tiennent pour une autre identité que celle de la vraie vie, une identité numérique reconnaissable seulement sur la Toile. En ce sens, elle ne relèverait donc pas de l’anonymat. Ils sont au fond plus proches des hétéronymes chers à Fernando Pessoa : eux aussi portent un ou plusieurs « autres noms » destinés à révéler différentes facettes de leur personnalité. Il faut les accueillir comme autant de noms de guerre. (…) Le fait est que l’internet désinhibe comme aucun média de masse avant lui. L’usage des faux noms et des fausses adresses y est pour beaucoup. L’interlocuteur n’ayant pas de visage, de regard ni de gestes, il est privé de l’éloquence du corps ; il ne peut être jugé sur son apparence ; le grain de sa voix nous étant inconnu, on ne peut rien tirer de cet écho d’ordinaire si expressif. Tout passe par l’écriture ; encore celle-ci s’avance-t-elle dépourvue de ce qui renseigne tant en elle, la graphie. (…) Le recours au pseudonyme déforme le débat d’idées, que l’absence d’intonation fausse un peu plus. Pas d’identité réelle, pas de voix, pas de corps, pas de visage. Qui me parle et exige ma réponse ? L’homme invisible. Dans ce terrain mouvant, le dérapage est programmé. Alors le pseudonyme a tôt fait de transformer le commentaire en dénonciation, et le message en lettre anonyme décachetée.
On pourrait trouver dommage que Pierre Assouline ne publie pas une anthologie de ses "écrits de blogs", qui serait, j'en suis sûr, d'une lecture fort agréable, mais là n'est pas le propos. Je me suis rassuré à lire le dernier paragraphe de son (long) billet, qui me confirme que je ne suis pas dans l'erreur et qu'il n'est pas dupe :
Que reste-t-il une fois évacué tout ce qui pollue la conversation, la bêtise à front de taureau, le parasitage délibéré, les dérapages trop bien contrôlés, les lieux communs, les répétitions, le hors sujet intempestif, la diffamation et la calomnie, le racisme et l’antisémitisme, la délation, les appels au meurtre ?… Ce que j’ai retrouvé au-dessus du tamis après des mois d’un orpaillage systématique et acharné est constitué d’un improbable alliage comme seules les sociétés virtuelles en produisent, concentré d’intelligence, d’esprit, d’humour, de culture et d’audace parfois mâtiné de méchanceté, de haine, de perversité pas toujours littéraires. (…) Est-ce pour autant une conversation de bonne compagnie ? En tout cas, elle est devenue la nôtre.
08 septembre 2008
Chronique du monde selon John Irving
J'ai fait la connaissance de Garp l'été dernier, et j'ai tout su sur sa vie en quelques semaines. Garp comment ? Garp tout court. S.T. Garp si vous y tenez, mais ces initiales recouvrent une histoire trop longue pour qu'elle soit contée ici.(1) Garp, c'est un prénom, un nom, parfois une onomatopée ; presque un slogan. Une marque de fabrique en somme. Le monde selon Garp est un roman loufoque et rocambolesque, romanesque au plus ébouriffant sens du terme. C'est un peu long à vrai dire, mais on ne s'ennuie pas une seconde, tant est grande l'envie de découvrir ce qu'il va se passer dans les pages suivantes.
"Un romancier est un médecin qui ne s'occupe que des incurables."
Les personnages ont un petit quelque chose d'irréel, ils sont en quelque sorte plus grands que nature, sans tomber pour autant dans la caricature ; ils sont attachants, humains. Incurablement humains. Ils s'en prennent tellement dans la figure que l'on ne peut que continuer à les regarder vivre, pour savoir comment ils vont se dépêtrer avec leur destin. On pourrait même finir par s'identifier à eux, quand bien même leurs vies ne sont pas des exemples de conformisme : un écrivain médiocre que seule la mort rendra célèbre, un ex-pilier de football américain devenue une femme, et une égérie de la cause féminine devenue telle uniquement par malentendu...
Au-delà de Garp, sa conception extraordinaire(2), sa vie, son oeuvre, ce roman donne encore autre chose à lire, en filigrane. Publié en 1978, c'est aussi un roman sur les femmes, ce sont elles qui mènent cette histoire, ce pauvre Garp étant finalement assez passif dans tout ce qui lui arrive ; l'auteur met en avant un personnage emblématique (la mère de Garp, à laquelle est consacré tout le début du roman), ainsi qu'une inquiétude réelle vis à vis du viol, des violences faites aux femmes, de leur place dans la société, jusqu'à évoquer ceux qui choisissent de devenir une femme. Parallèlement, c'est une satire visant une certaine forme de féminisme. Irving invente un mouvement extrêmiste dont les membres se coupent la langue, à travers lequel il se plait à caricaturer certains excès. Garp se fera assassiner par une de ces fanatiques, tandis que sa mère sera tuée par la caricature du pire macho qui soit. Bref, Irving n'oublie personne et tape sur tout le monde, équitablement.
Mais dans le monde selon Garp, les écrivains sont aussi des pères. Irvong est un père qui écrit, Garp est un écrivain angoissé qui imagine les pires drames, se relève la nuit pour vérifier que ses enfants respirent encore et qui sera, ironiquement, le responsable indirect de la mort de l'un de ses fils dans un accident tragi-comique assez caractéristique du roman. Cette dimension de l'œuvre, la peur des parents envers ce qui pourrait arriver à leurs enfants, n'apparait que quelques temps après avoir reposé le livre, un peu comme une idée enfouie qui remonterait à la surface de ce roman-fleuve.
Dans le monde selon Garp, nous sommes tous des incurables. Incurablement humains.
***
(1) S.T. comme "Sergent Tirailleur". Le héros s'appelle donc Sergent Tirailleur Garp. Vous voilà bien avancés, vous allez être obligés de lire le livre pour comprendre !
(2) Là, franchement, si vous n'avez pas envie d'en savoir plus...
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02 septembre 2008
Fin d'été
L'air est frais ce matin, une fraîcheur légèrement piquante qui surprend un peu quand on sort de la maison, de celles qui font se demander si l'on n'a pas eu tort de ne pas prendre un gilet, mais déjà un soleil qu'aucun nuage ne vient voiler apparait, comme une promesse de chaleur à venir. C'est peut-être une des vraies dernières journées d'été, ce serait dommage de s'enfermer dans la voiture ; prenons l'air pour aller au travail.
Dès les premiers pas le doute s'estompe, oui il fait beau aujourd'hui, il ne faudrait pas qu'il fasse plus chaud, ni même plus froid d'ailleurs, ce serait bien de rester comme ça, avec cette petite brise du matin qui transforme cette fin d'été en doux printemps et le chemin quotidien en promenade joyeuse sous les feuilles qui commencent tout juste à roussir.
C'est encore l'été et pourtant quelque chose est terminé ; on a ressorti les cartables, les cahiers, et repris les habitudes d'avant la parenthèse des vacances : c'est aujourd'hui la rentrée. Je croise le sillage d'enfants convergeant vers un même lieu, des papas en costume gris, cravate rose et lunettes de soleil sur le front bronzé, qui font un détour pour cette journée moins ordinaire ; on sent bien que les autres jours, ce sera la tâche de maman uniquement.
Il y a les touts petits, un peu effrayés, ou au moins décontenancés, silencieux. C'est leur première fois. Ils ont leur côté réservé pour entrer, loin de la cohue des "grands", c'est un rassemblement tendre et amusant, des poussins qui s'éloignent de maman. Aucun pleurs toutefois, il fait trop beau pour que tout cela soit vraiment tragique, et puis on se revoit ce soir, maman viendra te chercher...
Les moins petits, déjà habitués à ce cérémonial annuel, pépient, volubiles, entre leurs parents qui pensent à leurs affaires, le travail qui reprend, les impôts, la cantine à payer ; qui pensent à cette belle journée de fin d'été, où il ferait pourtant si bon se promener sous les feuilles.
Dès les premiers pas le doute s'estompe, oui il fait beau aujourd'hui, il ne faudrait pas qu'il fasse plus chaud, ni même plus froid d'ailleurs, ce serait bien de rester comme ça, avec cette petite brise du matin qui transforme cette fin d'été en doux printemps et le chemin quotidien en promenade joyeuse sous les feuilles qui commencent tout juste à roussir.
C'est encore l'été et pourtant quelque chose est terminé ; on a ressorti les cartables, les cahiers, et repris les habitudes d'avant la parenthèse des vacances : c'est aujourd'hui la rentrée. Je croise le sillage d'enfants convergeant vers un même lieu, des papas en costume gris, cravate rose et lunettes de soleil sur le front bronzé, qui font un détour pour cette journée moins ordinaire ; on sent bien que les autres jours, ce sera la tâche de maman uniquement.
Il y a les touts petits, un peu effrayés, ou au moins décontenancés, silencieux. C'est leur première fois. Ils ont leur côté réservé pour entrer, loin de la cohue des "grands", c'est un rassemblement tendre et amusant, des poussins qui s'éloignent de maman. Aucun pleurs toutefois, il fait trop beau pour que tout cela soit vraiment tragique, et puis on se revoit ce soir, maman viendra te chercher...
Les moins petits, déjà habitués à ce cérémonial annuel, pépient, volubiles, entre leurs parents qui pensent à leurs affaires, le travail qui reprend, les impôts, la cantine à payer ; qui pensent à cette belle journée de fin d'été, où il ferait pourtant si bon se promener sous les feuilles.
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