26 juin 2009

En musique... Michaël Jackson est mort

"On savait qu'il était fou. Mais c'est Michael Jackson", résume Ashley Leon, étudiant de 20 ans." (via France 24) C'est peut-être un peu excessif -encore que tout dépend ce qu'on entend par folie- mais je trouve que ce témoignage de fan correspond bien au personnage. Tous les artistes ne sont-ils pas un peu fous ? Assurément, c'était un immense artiste. Alors...

Je vous propose ce soir un billet un peu long, avec quelques musiques et clips qui nous ont tous marqués. Des musiques mondialement connues (on peut aussi dire "des tubes planétaires" ça marche aussi), des clips hyper novateurs pour l'époque, qui racontent à chaque fois une histoire et qui s'engagent souvent pour une cause, avec la complicité de grands réalisateurs... Allez, prenez un moment et savourez...

ABC (1970, Jackson Five)

Sortie en février 1970, la chanson ABC, du second album éponyme des Jackson Five, détrône "Let it be" des Beatles en tête des ventes et devient leur morceau de référence. A cette époque le groupe est composé des cinq frères Jackson : Michael Jackson, le plus jeune, Jackie, Tito, Jermaine et Marlon.





Dont Stop 'Til you Get Enough (1979, Off the wall)

Après The Jacksons (deuxième nom des Jackson 5 suite à la rupture de leur contrat avec la Motown), Michael Jackson sort son réel premier album solo, Off The Wall (1979), qui inclue ce tube.





Thriller (1982, Thriller)

Prévoyez un quart d'heure... Ou plutôt 13 minutes 40 pour cette superproduction au budget faramineux, signée du cinéaste John Landis. Un véritable événement mondial. En France, le clip est présenté pour la toute première fois dans une émission de Michel Drucker, dans son intégralité, et en prime-time !






Beat it (1982, même album)
Comment choisir ? Première chanson rock du chanteur, qui était d’abord réfractaire à l’idée de chanter ce genre de musique, le single est dès sa sortie un énorme succès planétaire. Il devient disque de platine en 1989.






Billie Jean (1982, toujours l'album Thriller, que voulez-vous, c'est une usine à tubes)
Première apparition du fameux pas de danse, le moonwalk. Si ce n'est pas lui qui l'a inventé, c'est tout de même lui qui le dansait (dur l'imparfait...) le mieux.

En programmant Billie Jean à chacun de ses concerts depuis le Victory Tour de 1984, Michael Jackson a fait de cette chanson l'un des succès phare de sa carrière. Le titre a été nommée à la 58e place du classement des meilleurs chansons de tous les temps par le magazine Rolling Stone.





Bad (1987, Bad)

Le clip de Bad est signé Martin Scorsese. Numéro un aux Etats-Unis à sa sortie en 1987, Bad devait être à l’origine un duo avec son rival, Prince. Ce dernier a refusé de chanter en expliquant que cette chanson serait "un succès même sans lui".





Black & White (1991, Dangerous)

Mon préféré ! Ce titre promeut l’universalité et l’entente entre les peuples ; il est considéré comme un des plus grands succès de Michaël Jackson. Il a été numéro un des ventes dans 18 pays. Encore une superproduction (11 minutes) qui met en scène l'enfant-star du moment, Macaulay Culkin (vous vous souvenez ? le sale gosse qui passait son temps à rater l'avion) et utilise une toute nouvelle technique : le morphing.






Heal the world (1991, Dangerous)

Ah ben non, c'est celle là ma préférée en fait ! C'est la chanson dont Michael Jackson a avoué être le plus fier. Une fondation, qui porte ce nom, vient en aide aux enfants les plus démunis. Cette chanson a été chantée durant la mi-temps de la finale du championnat de football américain, le Super Bowl, l’année de sa sortie. Michael Jackson aurait proposé à l’ONU de l’adopter.







They don’t care about us (1995, HIStory)

Cette chanson avait défrayé la chronique de l’époque qui traitait Michael Jackson d’antisémite à cause d’une des paroles de cette chanson : "Jew me, sue me, everybody do me/ Kick me, kike me, don't you black or white me". Le chanteur a toujours démenti. Deux clips ont été réalisés par le cinéaste Spike Lee : le premier dans les favelas de Rio de Janeiro a d’abord été bloqué par les autorités brésiliennes craignant pour leur images. Un second a finalement été tourné incluant plusieurs scènes qui dénoncent des abus contre les droits de l’homme.






Les vidéos et les commentaires viennent en grande partie d'ici, de et de . Je n'ai pas beaucoup de mérite, mais je n'allais pas non plus y passer toute la nuit !

15 juin 2009

Chronique de l'innocent lecteur

Cette chronique sera un appel au secours. J'ai besoin d'aide. J'ai lu le bref roman "Cité de verre" de Paul Auster, et je crois bien que je n'ai pas tout compris. Je suis très désappointé. Alors, plutôt que de faire des recherches sur l'internet pour savoir ce qu'il faut penser, je vais partager mon désarroi avec vous, amis lecteurs. Qui sait ? Sans doute quelqu'un me donnera t-il la lumineuse explication qui me fera sentir l'étendue de mon ignorance tout en me permettant, je suis optimiste, de me coucher, un soir prochain, un peu moins sot.

Il me faut reconnaitre en guise de préambule que j'avais probablement placé trop d'attente dans ce livre, avant même de l'avoir ouvert. Juste en regardant la couverture. Voilà un roman sur New-York, une trilogie vaguement mythique, avec l'image du "grand auteur américain" en prime.

Vancouver, la cité de verre

Un narrateur raconte, à la troisième personne (je ne sais pas pourquoi mais je sens que c'est important), une histoire dont Quinn est le héros. C'est du moins ce qui est donné à voir à l'innocent lecteur. C'est moi, l'innocent lecteur. Quinn est un écrivain. On comprend très vite que sa vie s'est arrêtée lors de la mort de sa femme et de son fils ; il survit en évitant de penser, et en pratiquant à haute dose la production de polar et la déambulation new-yorkaise.

Tout commence avec un appel téléphonique, une erreur vraisemblablement : un inconnu demande à parler à un certain Paul Auster, le soi-disant célèbre détective. Après avoir commencé par démentir vigoureusement, Quinn saura saisir sa chance au deuxième appel de l'inconnu : il se fera passer pour Paul Auster, et jouera les détectives privés. Plutôt que d'écrire un polar, il va essayer de se glisser dans la peau du héros de ses livres.

L'histoire parait d'ailleurs relativement simple : il s'agit de surveiller le père, qui doit sortir de prison dans quelques jours, d'un malheureux jeune homme. Il s'était convaincu qu'une expérience de privation sensorielle permettrait à son rejeton de parler la langue de dieu. Il va sans dire que le résultat n'a pas été à la hauteur de ses espérances et, si l'ex-enfant du placard parle désormais un langage pour le moins particulier, il est peu probable que ce soit celui du créateur du ciel, de la terre et de tout le toutim.

Quinn, armé de son cahier rouge tout neuf, va donc surveiller le sombre illuminé dès sa descente de train - ah non, pardon : il va se mettre à suivre l'un des deux, car ce sont deux vieillards quasiment jumeaux qui vont arriver par le train annoncé, s'engager dans le métro, et bifurquer chacun dans un couloir opposé. Le peu de compréhension que j'ai de cette histoire m'incite à penser que c'est à ce moment là que l'on tombe dans une folie... Mais laquelle, et pourquoi ?

Dans les premiers temps, on reste à peu près sur les rails d'une réalité plausible : le vieux déambule de son hôtel à son hôtel, décrivant entre le départ et l'arrivée une promenade dont la seule caractéristique est de s'inscrire dans une aire géographique strictement délimitée. Quinn finira par s'apercevoir, ou s'imaginer, que le relevé de ses parcours quotidiens sur le plan du quartier forme chaque jour une lettre différente, puis au fil des jours, un mot, puis une phrase...

Le temps d'un bref passage chez le "vrai" Paul Auster, qui n'est pas plus détective que lui, et qui rédige un essai sur Don Quichotte, archétype de l'homme à la poursuite d'une illusion, et Quinn se décide à aborder son homme d'une manière qu'il pense subtile, ce qui donne lieu à une conversation intéressante où le loufoque explique à l'apprenti détective que le langage humain, depuis l'épisode de la tour de Babel, est bien pauvre : pourquoi est-ce qu'un parapluie cassé, sans toile, ou sans manche, bref, un objet qui ne peut plus servir à s'abriter de la pluie, continue t-il à s'appeler un parapluie ? Sa quête n'a pas variée depuis sa première expérience : il veut retrouver ce langage perdu, quitte à le réécrire lui-même, en nommant un à un les objets cassés qu'il ramasse dans la rue.

Peu après, tout s'emballe pour le héros et tout devient flou pour le lecteur : le vieux toqué disparait (on ne sait pas trop si il est mort ou si il a changé d'hôtel), Quinn en tire la conclusion, évidente pour lui seul, qu'il va donc bientôt passer à l'action, et décide donc de monter la garde devant le domicile de la victime potentielle. Jour et nuit. Au sens littéral. Il ne mange plus, ne dort plus, devient au fil des mois une loque coincée entre les poubelles et le paillasson. Quand il estime que tout danger est écarté, il s'en va, cahin caha, annoncer la bonne nouvelle à son employeur. Il ne trouvera qu'un appartement vide. Rentrant chez lui, ce sera pour constater le phénomène inverse : le sien est occupé. Pendant son trip-paillasson, le monde ne l'a pas attendu.

Les dernières pages du roman m'ont définitivement plongées dans la perplexité : Quinn s'installe dans l'appartement de son client disparu. Quand je dis qu'il s'installe, c'est une périphrase trompeuse : il commence par se mettre tout nu en jetant ses vêtements dans le vide-ordure, puis se roule en boule dans le placard à balai, d'où il ne sort que pour écrire dans son cahier rouge. De moins en moins longtemps chaque jour, car la lumière disparait progressivement. A la toute fin, il disparait lui aussi. C'est alors que le narrateur, accompagné de Paul Auster, pénètre dans l'appartement, trouve le cahier, et engueule Paul Auster de s'être montré aussi négligent envers Quinn.

Pauvre Paul Auster. Je suis sûr qu'il a aussi peu compris ce qui lui arrivait que le malheureux lecteur.

C'est moi le malheureux lecteur. Vous n'allez pas me laisser comme ça ?

02 juin 2009

Cherchons la m... sur Twitter

Il y a beaucoup de gens qui me "suivent" sur Twitter. Quand je dis "beaucoup", c'est relatif, mais ce qui est sûr, c'est que nombre d'entre eux ne me suivent pas pour la pertinence dans le choix des liens que je poste, ni pour être à l'affut de mes occasionnelles pensées, et encore moins pour être averti de mes publications bloguesques.

Que nenni. Pour bon nombre de nouveaux venus dans le twitterland, il est de bon ton de suivre le maximum de personnes, dans l'espoir d'être suivi en retour, et d'attirer ainsi de nouveaux "followers", etc. Bref, du spam 2.0

En règle générale, je regarde brièvement le contenu des derniers twitts, éventuellement le site ou le blog correspondant, avant d'archiver le mail sans suivre en retour. Le dernier en date n'a pas failli à la méthode ; dès le premier regard, l'affaire m'a parue pliée : photo de Cindy "Papillon de lumière" Sander en guise d'avatar, "de_merde" comme pseudo et l'accroche suivante comme présentation : Je suis un bot, et je cherche la merde sur twitter.

Sauf que... sauf que "il" ou "ça" m'a retwitté. Sauf que tous les twitts de la page ont un point commun... Ah ben oui : ils contiennent tous, pourvu que maman ne lise pas, le mot merde. Et c'est là que j'ai compris. Tout est vrai. Un petit rigolo s'est amusé à faire twitter un robot à chaque occurence du mot "merde". Et là, tout s'éclaire, tout devient soudainement plus intéressant, pour ne pas dire véronisien  ;-)  Je crois que je vais le suivre.


Mais quelle grossièreté a bien pû me valoir les honneurs de ce bot farceur ? Tout simplement celle-ci, captée sur l'indispensable et bien nommé site Vie de merde :
Aujourd'hui, en descendant du train, je vois une jeune femme en difficulté avec sa grosse valise. Gentleman, je lui propose de l'aider et de porter sa valise. Elle me fusille du regard et me lance un "macho de merde" tout en traînant sa valise. VDM

21 mai 2009

Chronique du pessimisme joyeux

"La nature est le plus grand et le plus merveilleux des temples du Seigneur, surtout par temps sec." Cette citation d'Arto Paasilinna, extraite du Cantique de l'apocalypse joyeuse, pourrait être placée en exergue de chacun de ses livres. Non seulement la nature tient une place importante dans ses histoires, et les quatre romans lus jusqu'alors ne dérogent pas à la règle, mais elles sont toutes entières baignées dans l'humour, comme entourée de la brume échappée d'un sauna finlandais.

Deux de ces romans pourraient être qualifiés de road-movies animaliers : à chaque fois, c'est la rencontre entre un homme et un animal qui va décider du nouveau tournant donné au destin du héros. Dans Le lièvre de Vatanen comme dans Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, il s'agit de personnages assez désabusés, voire légérement cyniques, qui vont saisir le prétexte offert par l'animal (un lièvre pour le premier, et rien de moins qu'un ours pour le second) pour partir à l'aventure, délaissant un mariage raté, un travail décevant, une vie devenue trop morne ou trop routinière.

Dans Petits suicides entre amis, la vie n'est pas morne, ni routinière, elle est juste insupportable : le propos du roman est de raconter le périple d'une bande de suicidaires qui affrêtent un bus de grand tourisme pour une croisière définitive.

Dans tous les cas, en s'éloignant petit à petit de notre civilisation, les protagonistes finissent par se découvrir eux-mêmes, et bien entendu, comme dans tout road-movie, achèvent cette histoire transformés. Car l'important n'est pas le chemin que l'on parcoure dans l'espace mais celui que l'on fait en soi.

Leur vagabondage peut aussi être vu comme une métaphore de la liberté : celle d'hommes libérés de toutes les attaches, motivés principalement par la recherche du bonheur, quitte à rompre avec la société. Celle-ci est observée de l'extérieur, avec ses usages, ses règlements, ses lois qui deviennent tout à coup dérisoires. Si ce rejet affiché se veut dénonciation d'une certaine bêtise humaine, Le cantique de l'apocalypse joyeuse prend davantage des allures de fantasme moyen-âgeux prônant le retour au bon sens paysan.

Dans ce dernier roman, l'humour est plus que jamais présent, la brume échappée du sauna devient un épais brouillard de loufoquerie, sur la toile blanche duquel Paasilinna s'en donne à coeur joie pour dénoncer toutes les turpitudes de l'époque. Les bourses s'effondrent, les centrales nucléaires explosent, New-York se noie dans ses ordures et les églises se bâtissent sans permis de construire, bref, l'apocalypse menace, ce qui n'empêche pas la bureaucratie de continuer à produire sa paperasse, ni les évêques de consacrer les églises envers et contre tout. Même imbibés de gnôle.

Cette uchronie joyeuse et pessimiste se veut, plus encore que ses romans précédents, un plaidoyer pour un homme plus proche de la nature et une dénonciation d'une société dominée par la folie de l'argent. Ce retour à la nature prenant ici les apparences d'une communauté autarcique dont la prospérité ira croissant, à mesure que l'état général de la planète se dégradera. Mais l'important n'est pas là : au-delà de l'utopie forestière, Paasilinna tente une fois de plus de montrer ce qui est vraiment important à ses yeux : la solidarité, le travail, la sagesse. Le bon sens paysan.

Même après la fin du monde (le 24 novembre 2023, tenez-vous prêt), il est toujours temps de se mettre au travail : "On ne resta pas à s'étonner outre mesure des caprices du soleil de la Saint-Jean. Les Ukonjärviens trouvaient qu'il y avaient plus important à faire, dans ce monde, que regarder d'où venait la lumière. Dès le lendemain, ils partirent travailler aux champs, car les semailles attendaient. Il fallait se hâter, c'était déjà le solstice d'été."

Et si il ne pleut pas, on pourra déjeuner dehors, dans le grand temple de la nature.

***

Vous pouvez désormais retrouver cette chronique sur Livres-Coeurs, le club des lecteurs !

20 mai 2009

Twitter l'a tuer

Vinvin (qu'on ne présente plus) explique en 7 étapes son parcours de blogueur, des débuts timides à l'apogée flamboyante, suivis par l'ère Facebook-Twitter, les siamois terribles qui, mine de rien, sont en train de tuer les blogs ; du moins sa faculté créatrice en a t-elle pris un coup, de son propre aveu.

Deux extraits particulièrement pertinents :
Tu aimes faire un bon mot et récolter des compliments, et comme tu as peu à peu perdu le sens de l'effort textuel (l'écriture serait-elle un muscle ?), tu réalises que c'est tellement plus simple de faire 20 twitts de 30 mots plutôt qu'un post de 600 mots. Tellement plus amusant de se sentir en réseau plutôt qu'en haut d'une tour. Le blogueur poste et s'en va. Il attend lentement les réactions, ici et là. Sur Twitter ou Facebook la sanction est immédiate.
En gagnant en connectivité, tu as perdu ta flamme.
Il termine son billet par une réflexion qui me semble naturelle, mais qui parait plus difficile à formuler lorsque l'on a goûté au succès public : comment concilier "connectophilie" et sincérité ? Comment être soi-même lorsqu'on s'exprime en public, tout en assumant le fait de chercher à plaire ?

Vaste problème... que j'ai moi-même résolu de deux façons : l'anonymat et la non-fréquentation de mes blogs ! :-D

19 mai 2009

L'AlbanelOtron

Il n'y a pas de petits plaisirs... alors vous aussi, délassez-vous des albâneries en créeant les vôtres...


Bien entendu, OpenOffice au ministère, est simlocké avec une licence liberée et le lecteur de disques de Linux peut se brancher par le proxy même si la licence est ouverte sur le protocole TCP/IP !
On le voit bien anéfé : le W3C est indispensable pour l'Atari du Ministère

Si vous ne comprenez rien, ça veut dire que c'est parfaitement réussi !

AlabnelOtron, via Ecrans (encore)

16 mai 2009

Journée mondiale contre l'homophobie

Je viens d'apprendre grâce à Martin Vidberg que le 17 mai -demain donc- est la journée mondiale contre l'homophobie. Une journée mondiale de plus me direz-vous. Certes. Sauf qu'à la différence de la fête des secrétaires ou de la journée internationale sans téléphones portables, il y a derrière cet intitulé des gens qui souffrent, et souvent bien plus qu'on ne se l'imagine.

Journée mondiale contre l'homophobie,
illustration par Martin Vidberg, in : L'actu en patates


J'ai été très touché par ce pamphlet dessiné de Djou, signalé par Martin Vidberg, qui m'a fait toucher du doigt une évidence que l'on choisit plus ou moins consciemment d'ignorer : et si, moi aussi, j'étais montré du doigt juste à cause de la personne que j'aime ? Si la politique, la religion, les biens-pensants se liguaient contre notre amour, au nom de leurs certitudes, ou pire encore, de leurs craintes plus ou moins fantasmées ?

Prenez le temps de lire jusqu'au bout. Et si vous avez la chance de pouvoir "vivre dans la banalité", prenez le temps de pensez à votre bonheur.

Pour ce qui est de ma mobilisation, je ne suis pas un blogueur BD, je serais d'ailleurs incapable de seulement dessiner un bonhomme (fut-il en forme de patate). Ma participation se limitera donc à vous orienter vers ce texte du 13 novembre dernier, que m'avait inspiré un certain député.


14 mai 2009

Un avis rapide sur la loi Création et internet

Oui, on doit dire comme ça : loi création et internet, ou plus exactement projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet, appelé par métonymie "loi Hadopi", en référence à la commission administrative éponyme qu'elle propose de créer.

Je vais en parler une bonne fois pour toute, comme ça ce sera fait, et on pourra continuer à parler de choses plus intéressantes comme la littérature, la peinture ou la meilleure façon de nommer les rues. Je ne vais d'ailleurs pas vous faire perdre votre temps à expliquer en quoi cette loi est mal fichue, d'autres le font mieux que moi. Non, je veux juste faire un petit point sur l'après-Hadopi tel que je le vois, en recopiant ici une bonne partie d'un commentaire laissé en réponse à Olivier sur Facebook. Et comme, au vu du nombre de liens traitant de ce sujet que je poste sur mon blog Tumblr "Libertés numériques", il ne cesse de m'engager à venir expliquer tout ça dans un commentaire d'une de ses revues, nous allons donc faire d'une pierre deux coups.

Que les choses soient claires dès le début : je ne télécharge rien, ni légalement, ni illégalement. Je trouve juste que cette loi tape à côté de la plaque, notamment parce qu'elle confie un pouvoir de sanction à une autorité administrative, parce qu'elle est la porte ouverte à des mesures de contrôle et de surveillance de l'internet, et à des mesures restrictives des libertés d'une manière générale, et que, c'est la cerise sur le gâteau, elle ne règlera absolument pas le problème du piratage. A vrai dire, ce n'est pas une loi, c'est de la communication...

Ceci étant posé, quelle est l'étendue des dégâts à laquelle il faut s'attendre, maintenant que la loi est votée ? Réponse : très faible.

Le Parlement européen a superbement joué son rôle de protecteur des citoyens de l'Union (eh oui, c'est à ça qu'il sert, il vous représente, ne l'oubliez pas... les élections approchent) en adoptant massivement, et à deux reprises encore, des amendements (le fameux amendement "Bono") au "Paquet Telecom", uniquement pour dire qu'il désapprouvait le projet de loi "Hadopi" du gouvernement français. Le dernier mot en la matière revenant au Conseil des ministres de l'UE, il peut toujours passer outre, mais il est fort peu probable qu'il prenne ce risque, d'autant plus que cela reviendrait à différer de plusieurs mois l'adoption de ce fameux paquet telecom, ce qui serait une mauvaise chose pour les citoyens européens.

Il est donc fort probable que le Conseil choisira de mettre la France en minorité, plutôt que de s'opposer au Parlement.

De fait, la loi Hadopi votée ces jours-ci se retrouvera contraire à une norme juridique supérieure ; il faudra peut-être attendre la saisine d'un juge administratif pour voir la vraie fin de la loi Hadopi,  ou plutôt sa non-application, ce qui revient à peu près au même, mais nous pouvons d'emblée la considérer comme condamnée.

De plus, elle n'est pas encore promulguée : il faut encore qu'elle passe devant le Conseil Constitutionnel , que l'opposition ne manquera pas de saisir ; rappellez-vous de la fameuse loi DADVSI qui faisait peur à tout le monde : le Conseil Constitutionnel lui a ôté ses crocs, et la commission créée à l'époque (oui, c'est effectivement une manie) s'est surtout illustrée par son absence relative d'action. Je ne m'engage pas beaucoup en prédisant qu'elle sera sûrement flinguée comme tant d'autres au prochain toilettage dans le maquis des structurettes administratives...

Car après la promulgation de la loi, il faudra encore attendre les décrets d'application pour la rendre effectivement applicable. Etant donné la montagne de difficultés techniques (pour ne pas dire d'impossibilités), on risque de les attendre longtemps... Comme le dit Tristan Nitot :

[...] ne pas le publier serait une façon élégante d'enterrer Hadopi en toute discrétion

Bref, entre une loi votée de façon très médiatique pour satisfaire l'électeur et l'industrie, et son application hypothétique, il y a un très très long chemin... Le problème, et ce sera le mot de la fin, c'est que le gouvernement le sait : ce qui compte c'est l'image, donner l'impression que l'on a fait quelque chose...

Dommage.


Identificateurs Technorati :

11 mai 2009

Chronique du hamac de Pennac

J'aime beaucoup Daniel Pennac. Je me souviens l'avoir découvert il y a quelques étés de cela, en lisant l'intégralité de la saga de Monsieur Malaussène, son personnage fétiche. J'aime son style léger, sa façon de laisser croire que c'est facile d'écrire, que les mots lui viennent tout seuls, qu'il se contente de raconter ce qu'il a dans la tête et que ça fait de belles histoires. Mais voilà, ses belles histoires sont bien construites et bien écrites.

J'aime aussi sa façon de partager ses bonheurs de lecteur, que ce soit dans la série des aventures de Monsieur Malaussène, où il trouve le temps de lui faire croiser, citer ou lire, pour lui-même ou pour sa fratrie, les ouvrages de Jean Potocki, Léon Tolstoï ou Louise Labé, ou dans un autre livre spécifiquement consacré à la lecture, son art délicat, son apprentissage difficile et sa transmission sacerdotale : Comme un roman.

D'une manière générale, Pennac fait partie de ces auteurs qui me donnent envie de lire - et pas forcément ses propres livres, ce qui prouve qu'il est est un bon passeur de livres, pour reprendre le titre d'un opuscule où il opposait les "gardiens" (du temple) aux "passeurs" (de la culture).
Aux passeurs, je dois tout, non seulement mon travail d'écrivain qui est allé de bouche en oreille mais aussi mes bonheurs de lecture.
Je ne vais aujourd'hui ni résumer la série des Malaussène(1) ni relayer son playdoyer pour les droits du lecteur(2), mais parler de mes retrouvailles avec lui à travers Le dictateur et le hamac.

Car relire Pennac après une longue abstinence, c'est comme retrouver un ami dont on n'avait plus de nouvelles depuis longtemps, et que l'on croise par hasard, au coin d'une rue, dans une ville inconnue. On reprend la conversation où on l'avait laissée, on se donne des nouvelles de la famille, des connaissances communes, et on finit inévitablement par retomber sur des sujets de prédilections que nous avons en partage.

Pour Pennac, ce sont les livres, qu'il parvient à citer dans une histoire dont ce n'était à première vue pas le sujet. On retrouve également Belleville comme un lointain écho, et Paris, et le Vercors, et la maison avec les roses trémières, mais il faut avoir lu les romans de Pennac pour saisir le discret souvenir. Et la rêverie autour de ces activités complémentaires que sont la lecture et l'écriture. Et toujours cette petite musique de la voix de Pennac, souriant entre les phrases à son anonyme complice le lecteur.

(3)

Le dictateur et le hamac, "ce serait l'histoire d'un dictateur agoraphobe qui se ferait remplacer par un sosie", et de tout ce qui s'ensuit. La lassitude du sosie, ses rêves de gloire hollywoodienne, sa déchéance alcoolisée. Histoire expédiée en six ou sept chapitres, ce qui laisse du temps pour parler d'autre chose. Du cinéma par exemple. De la magie des images qui prennent vie sur une toile blanche, de l'incomparable génie de Charlie Chaplin, de la gloire oubliée de Rudolph Valentino.

Pourquoi Valentino ? Parce que le sosie du dictateur ressemble à Valentino et admire infiniment Chaplin, ce qui donne lieu à un jeu de miroir où tout le monde se ressemble "à epsilon près" car finalement, "la ressemblance, c'est une question de foi". D'ailleurs, il n'a pas de nom le sosie, toute sa vie il ne sera que le sosie, tantôt celui d'un dictateur panaméricain, tantôt celui de Chaplin, tantôt celui de Valentino, et connaîtra un semblant de gloire éphémère en jouant les doublures lumières avant de mourrir solitaire, réduit à l'ombre de lui-même.

On parle aussi du Brésil, cadre du récit de départ du dictateur et de son sosie, terre des paysans qui n'en ont pas, "démons de l'intérieur" qui terrorisent les nantis de la côte. On fait l'aller-retour entre ce Brésil et celui visité par le narrateur il y a une vingtaine d'années, où les grands propriétaires affament les paysans sans terre. Mais démocratiquement.

Le narrateur s'appelle Daniel Pennac, histoire de créer un miroir de plus, une illusion supplémentaire. Il rêve cette histoire dans son hamac, au Brésil, hamac qui permet de rêver à tant de grandes choses tout en empêchant de les réaliser... Il rencontre un des personnages de son livre, l'ouvreuse du cinéma où meurt le sosie ; elle corrige les erreurs du romancier, calme les ardeurs de son imagination et de son idéalisme, et permet à Pennac, qui s'amuse comme un petit fou, de laisser apparaitre certaines des ficelles de la fiction romanesque. Parce qu'un roman, c'est comme un hamac : il faut qu'il soit bien accroché pour que l'on puisse rêver dedans sans soucis.

***

(1) Juste le titre du premier : Au bonheur des ogres. A lire d'urgence si ce n'est pas déjà fait.

(2) Bon, d'accord, mais c'est bien parce que vous insistez :

LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR

1. Le droit de ne pas lire
2. Le droit de sauter des pages
3. Le droit de ne pas finir un livre
4. Le droit de relire
5. Le droit de lire n'importe quoi
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7. Le droit de lire n'importe où
8. Le droit de grappiller
9. Le droit de lire à haute voix
10. Le droit de nous taire

(3) La photo de Pennac vient du bien nommé site Comme un roman ; j'ai fait exprès de mettre celle avec la pipe, c'est pour venger Tati.

04 mai 2009

Chronique vidéoludique

J'aime beaucoup les jeux vidéos. J'ai évoqué le sujet ici-même , il m'arrive aussi d'en parler ailleurs ; Hervé de Posuto vient de son côté d'ouvrir un blog tout entier consacré à ce sport loisir. Cela s'appelle C@rte mémoire (moi j'aurais plutôt appelé ça Fondation Posuto pour la promotion des activités vidéoludiques) et vise à "rétablir l'équilibre" en leur faveur, accusés qu'ils sont de ne pas reconnaître les dieux de la Cité, d'en introduire de nouveaux et de corrompre les jeunes gens. Tout ça alors que Socrate se contentait de rendre violent et asocial. On croit rêver.


Aiguillonné par son exemple, l'envie m'a pris d'écrire un petit quelque chose sur un jeu. Mais pas n'importe lequel : Oblivion. Apportez, je vous prie, ma cotte de mailles, mon katana et mes bottes, sellez mon cheval et préparez mes potions de voyage ; nous partons pour l'aventure.

Et fermez la porte en sortant, les sorts vont voler bas.

Nous allons passer de longues heures à explorer la belle mais parfois rude province de Cyrodiil, avec ses forêt, ses tavernes au confort spartiate mais chaleureux, ses commerçants avares et sa capitale qui illumine le monde de ses rayons. Délaissons notre manoir chèrement acquis, et partons casser la croûte et le barbare au grand air. Nous traverserons d'obscures contrées, quittant les riantes frondaisons de nos sous-bois aimés pour les cavernes putrides où se réfugient les gobelins, les nécromanciens, et d'autres créatures plus terribles encore.

La suite de l'histoire, tout le monde la connait. (comment ça non ?) Devenu grand maître de moult guildes et confréries, après avoir terrassé sous ma botte de mithrill ou foudroyé de ma puissante magie des palanquées de daedras en goguette, j'ai assisté impuissant à la transformation de notre empereur tout neuf en la chose de pierre qui se dresse désormais au milieu de notre capitale dévastée. C'était bien la peine que je me donne tant de mal pour le sortir de sa cambrousse celui là, tiens.



J'en vois qui demandent ce qu'est un daedra. Faut tout vous dire, c'est pas possible ça. Vous faites quoi le week-end, vous sortez ou quoi ? Usons d'une habile métaphore : je suis OSS 117, et les daedras, ce sont les nazis. Sans bottes, mais avec une armure et des cornes. Et qui veulent établir une sorte de Reich démoniaque pour l'éternité.

Ah, on fait moins les malins du coup.

Mais ne vous inquiétez pas, ils peuvent venir, j'ai de quoi les accueillir. Mais pas mardi, j'ai piscine au club de Sucre-Lune. Mercredi ? Ah non, mercredi je chasse le cerf avec le comte de Skingrad. De nuit bien sûr. C'est un vieux camarade, on va souvent boire des cous ensemble... Jeudi je peux pas non plus, j'ai du matos à vendre à La bourse bien remplie, mon fournisseur habituel. Depuis le temps qu'on traficote ensemble sous le nez des gardes impériaux... Vendredi, non, je serai avec des potes sur les quais. Des instructions à donner, pouvez pas comprendre. On va dire samedi alors. Je veux bien consacrer une partie de mon week-end à sauver le monde une fois de plus, mais faudra des compensations, pas juste une statue comme la dernière fois.


Et qu'on ne me dérange sous aucun prétexte dimanche, toutes ces quêtes m'ont épuisé. Tout est tortueux dans ce pays, et pas seulement les rues du vieux Leyawiin. La moindre commission dont un paysan fourbu vous charge se transforme en aventure à tiroirs, où il faut explorer toujours, interroger parfois, guerroyer souvent. On n'en finit jamais, surtout quand une quête vous en apporte d'autres, encore et encore...

Mais tel est notre destin d'aventuriers errant.

Musique du lundi : Ponyo sur la falaise

Un grand coup de coeur pour Ponyo sur la falaise. Que serait ce superbe film sans cette bande originale à laquelle certes, je ne comprends pas grand chose mais qui est tellement rythmée et d'une douceur joyeusement enfantine !




Avis aux amateurs : il existe aussi des versions avec une transcription phonétique tellement approximative que je n'ai pas osé la proposer.

16 avril 2009

MacGyver et Magnum la tête dans les étoiles

J'ai trouvé sur Ecrans cesmash-up Star Wars/MacGyver et Star Wars/Magnum : le générique de l'un et les images d'un autre. Absolument indispensable, donc.





En regardant la version originale juste derrière, c'est encore meilleur :


 
 


10 avril 2009

Automatic translation en français, et réciproqueversa

Et si on poussait la manie de la traduction aux logos du web 2.0 ? Ou plutôt de la Toile 2.0, parce qu'à ce niveau là, on va vraiment tout traduire je vous dis !


C'est à cet exercice légèrement loufoque (mais peut-être pas tant que ça pour un québecquois) que s'est livré Henri Michel ; ainsi, "Dailymotion devient ainsi « Animation Quotidienne », Twitter se mue en « Gazouilleur », etc." (via Ecrans)


 
  
 

Chronique des bouteilles à la mer

Dans les premiers temps de ce blog -qui a rigoureusement oublié de fêter son troisième anniversaire le mois dernier- j'allais régulièrement lire un blog sobrement intitulé "Dans le TGV", disparu depuis lors de la toile. Pour autant qu'il m'en souvienne, l'auteur racontait avec un talent certain, un humour féroce et le sens du détail qui fait mouche, un florilège de choses vues dans le TGV. D'où le titre.



Il était scrupuleusement observateur, absolument sans pitié, et extrêmement drôle. Rien n'échappait à sa plume incisive : les petits vieux un peu trop lents, la mère possessive, le ravi qui n'a jamais pris le TGV ; ceux qui partent en vacances, ceux qui travaillent, ceux qui dorment. J'ai déjà parlé de lui à l'occasion d'un voyage qui ne m'avait pas permis de profiter de tout le confort du TGV, et avait même eu la fierté de voir une de mes photos de princesse à vapeur être affichée chez lui.

Longtemps, à chaque fois que l'occasion m'était donnée de monter dans ce train que l'Amérique nous envie (1), j'ai pensé qu'il était peut-être à quelques sièges de moi, en train de chercher sa future victime. Aujourd'hui encore, alors précisément que j'écris cette chronique dans un TGV (2), il me revient en mémoire une minuscule anecdote, survenue il y a quelques mois, et dont il aurait peut-être pu faire son miel.

***

Montant enfin dans le train après avoir victorieusement résisté à la tentation de dévaliser une librairie de la gare de Lyon, je me saisis, une fois installé à mon siège, de cet opuscule que la SNCF fournit à ses usagers voyageant à grande vitesse (3), et commençai à le feuilleter distraitement.



Mon attention fut arrêtée par la publicité reproduite ci-après ; je trouvai originale cette façon d'intégrer le dessin dans la photographie, et sautai donc directement à la page 87 comme on me le demandait, m'attendant à trouver quelque chose comme un publi-reportage sur le développement durable, l'élégance des éoliennes ou les perspectives de développement de Gaz de France, elles aussi durables et élégantes.



L'examen de cette nouvelle page m'occupa de longues minutes, dans le but de déterminer si j'avais affaire à une vraie publicité ou pas. J'ai des excuses, c'était la fin de la journée, le wagon n'était pas très bien éclairé, les sangliers avaient mangés des cochonneries... Au risque de passer pour un brelot, j'ai attentivement scruté le trait si léger qu'il ne creuse pas la page, cherchant à déceler le sillon du stylo. Le personnage est si bien intégré que l'hypothèse d'une campagne en faveur du handicap ne me quitte pas tout à fait, malgré la mention du site Doctissimo et les fautes d'orthographe.


Je finis malgré tout par pencher en faveur de la solution la plus évidente : quelqu'un s'était amusé à raconter une histoire en utilisant habilement deux publicités. Cela dit, dois-je l'avouer ? Ce n'est qu'après avoir constaté l'absence de dessins dans un autre exemplaire lors de la descente du train que j'ai été pleinement convaincu.

Maintenant, il faut poser la vraie question : Clothylde existe t-elle vraiment ? Est-ce une mystification ? Si l'histoire est fausse, allez savoir quelle sorte de créature peut bien se cacher derrière ce pseudonyme ; si elle est vraie, ces dessins jetés sur le papier ressemblent fort à une bouteille lancée à la mer.

C'est moi qui l'ai trouvée. Aujourd'hui je la relance.

***
  • (1) Trains américains : vers le TGV, mais à petite vitesse / Rue89
  • (2) Il faut bien s'occuper quand on a rien emmené à lire
  • (3) C'est paradoxal d'ailleurs : plus on va vite, moins on a de temps pour lire

09 avril 2009

Ce blog n'est pas grand... ben dieu non plus. Et toc.

J'ai vu ce livre tout à l'heure à Carrefour ; j'ai un peu hésité à l'acheter, mais je me suis dit que dépenser 21€ juste pour lire quelque chose dont je suis déjà convaincu, c'est un peu ballot...

Source : Amazon

Je crois pense cependant que je l'emprunterai à la bibliothèque, son analyse m'intéresse :
La religion se mêle de sexe, contrôle ce que nous mangeons et exacerbe notre propension à la culpabilité en multipliant les interdits les plus arbitraires. La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion met notre monde en danger.

Analyse qui n'est pas sans me rappeler celle lue un jour chez Veuve Tarquine : La vérité c'est qu'à force d'asséner que chacun a le droit de croire en dieu, on oublie trop souvent que l'on a aussi le droit de ne pas y croire.

Analyse qui s'accompagnait des logos qui vont avec :
***

Plein de compliments pour vous inciter à lire le livre... sur le site de l'éditeur

***

Mise à jour du billet le 22/06/09 : je viens de lire cette note sur Langue sauce piquante, qui dit le plus grand bien de l'ouvrage en question, ce qui m'a presque fait regretter de ne pas l'avoir acheté !

02 avril 2009

La patrie reconnaissante (2)

Le silence retomba d'un coup sur la salle du conseil, lourd comme un drap mouillé. Les conseillers se regardaient en coin, de côté, en chien de faïence, par en-dessous, ou fermaient tout simplement les yeux pour faire semblant de réfléchir, car la séance était publique. Bref, ils tentaient de se donner une contenance, n'y parvenaient pas, et n'en craignaient que plus une nouvelle envolée lyrique et tonitruante du maire.

L'angoisse devenait palpable. Malgré l'ampleur des moyens mis en oeuvre -tripotage de portable, croisage de doigts, invocation silencieuse à Sainte Rita Mitsouko, fixation intensive d'un point au sol ou sur le mur d'en face dans l'espoir d'en faire jaillir la vérité- aucune solution ne semblait en vue.

C'est à ce moment précis qu'un jeune conseiller à qui l'on ne demandait jamais rien, sinon voter parfois et se taire le reste du temps, prit la parole. Il n'était pas consulté ordinairement, car chargé de la culture, il ne prenait la parole qu'une fois par an, au moment du vote du budget. Encore avait-on l'obligeance de lui laisser un quart d'heure pour exposer les demandes de la bibliothèque et des associations, le temps que ces messieurs du secteur "sécurité et maintien de l'ordre" prennent un café avant de poursuivre le bilan de l'année écoulée en terme d'installation de vidéo-surveillance dans les rues commerçantes du centre-ville.


Thank you for your suffering


Mais cette fois-ci, le désarroi était si grand qu'il fut écouté presque religieusement, par une assemblée attentive, et dans un silence tel que l'on entendit très nettement le bruit de plastique cassé que fit le portable dernier cri du maire lorsqu'il l'échappa sur le sol carrelé.

Après quelques secondes d'un silence étonné, le brouhaha fut général et instantané :

"- Jeune homme, je ne sais pas si vous vous rendez bien compte que...
- Moi je pense au contraire qu'il...
- C'est de la folie !
- ... et puis d'un point de vue politique ce n'est pas si...
- oui mais...
- cela dit...
- moi je...
- Silence !

[à suivre]

***

Episode précédent : La patrie reconnaissante (1) - 5 janvier 2009

La photo "Thank you for your suffering" est de Locace ; elle est publiée sous licence creative commons

27 mars 2009

Pour Bobby Neel Adams, les deux font la paire

Bobby Neel Adams n'est pas un descendant de l'illustre famille Adams. Du moins n'en fait-il pas mention sur son site. Bobby Neel Adams est un photographe et, si il découpe les gens, ça reste dans le domaine du virtuel, et dans un but purement artistique.

Pour être vraiment précis, il ne se contente pas de découper les portraits des personnes qu'il photographie, il les réassemble et en fait des paires. Des associations. Comme dans un jeu des 7 familles. Le père avec le fils, la mère avec la fille, les deux membres du couple, moi jeune et moi vieux...

Ainsi, la série FamilyTree associe t-elle père et fils, mère et fille, et parfois le père et sa fille et la mère et son fils, mais plus rarement, car l'effet produit par la ressemblance est souvent frappant.


Dans le même genre, la série AgeMaps colle les deux moitiés de visage d'une même personne à deux âges différents, enfant et adulte, pour un résultat à peu près similaire, même si je présume que la démarche n'est pas tout à fait la même : on est ici dans le registre du temps qui passe, plus dans celui de la filiation et de la transmission qu'elle suppose.




La série des couples, sans doute la plus touchante, suggère pour sa part l'union, voire la fusion entre deux êtres qui n'avaient à l'origine aucun lien entre eux, si ce n'est la même volonté de vivre ensemble.

All the subjects are united by definings themselves as couples in marriage or long-term relationships. The coupling of the two partners (as one figure) is a visual representation of their unique commitment.


Le résultat est assez spectaculaire mais, au delà de l'aspect divertissant de ses compositions, il incite à réfléchir à notre rapport à l'autre, son double ou son contraire : la jeunesse et la vieillesse, le masculin et le féminin, parents et enfants...


Son site : http://www.bobbyneeladams.com/index.html
Identificateurs Technorati : ,

20 mars 2009

Je suis toujours vivant !

C'est pourtant ce dont on pourrait douter, étant donné mon silence en ces pages !

Histoire de meubler un peu, je vous propose de nous livrer ensemble à un petit exercice de création hasardeuse, un peu dans le style des travaux de l'OULIPO, mais en utilisant les outils que l'internet met à notre disposition.

J'ai trouvé ce petit jeu tout à l'heure par hasard sur le blog Prendre un café ; enfin, quand je dis par hasard, je mens un peu, je suis tombé chez lui parce qu'il parlait d'Ubuntu...

Voici la règle à suivre, que je recopie, parce que quitte à ne rien faire autant le faire jusqu'au bout :
1. Rendez-vous sur Wikipedia et choisissez un article au hasard : le titre de la page sélectionnée aléatoirement sera le nom de votre groupe - non, ne me remerciez pas
2. Retenez les quatre ou cinq derniers mots de la dernière citation affichée sur Random Quotes ; vous venez de successfullement choisir le nom de votre album, avec une réelle inventivité : bravo ;

3. Rendez-vous maintenant sur la page des photos les plus intéressantes de FlickR et sauvegardez l’image de grande taille correspondant à la troisième image de la page, afin d’obtenir l’illustration de la pochette.
Et voici votre pochette de disque... il n'y a plus qu'à créer le groupe qui va autour !


Mais pourquoi est-ce que ça avait l'air plus classe chez lui ?

14 mars 2009

Prosélytons un peu

Continuons à dire du bien d'Ubuntu. Aujourd'hui, mon action se bornera à partager avec vous le travail d'Aurélien Paulus, qui a créé un petit prospectus vantant les mérites de cette distribution Linux, et les raisons pour lesquelles la migration est à la portée du premier windowsien venu (moi, en l'occurence)
Le blog d'Aurélien Paulus


Decouvrez Ubuntu


12 mars 2009

Wikio est parfois étrange

A ma grande satisfaction, j'ai constaté ce matin que l'ami Olivier n'était pas passé à côté de mon article sur ma migration Ubuntu  :-)

Merci à toi de m'avoir cité dans ta dernière revue : Viewer toi même !

Malheureusement, ce n'est pas le cas de tout le monde : m'étant abonné au flux "Ubuntu" de Wikio (les nouveaux convertis ont souvent de telles marottes), j'ai pu constater la réactivité de l'outil en voyant que le billet d'Olivier était déjà référencé, car citant mon titre ; mais pas le mien ! Il est tout de même assez étrange que le billet d'origine n'apparaisse pas !

Mon billet est bel et bien répertorié par Wikio, ce n'est pas un problème de mise à jour du flux. Seulement, il est mentionné comme étant en page d'accueil -où je ne l'ai d'ailleurs pas trouvé-et pas dans la rubrique Informatique > OS > Linux > Ubuntu. Sans doute parce que n'est pas un sujet d'actualité ? Mais dans ce cas, pourquoi le billet d'Olivier apparait-il ?



Je suis impatient de voir comment ce billet ci va être répertorié par Wikio pour le coup...

09 mars 2009

La tentation Ubuntu ou la migration du GNoU

Voilà, c'est fait, je suis "passé" sur Ubuntu.

Ca c'est fait d'un coup, ou presque. Sans doute une phrase comme "Passer à Ubuntu n’est même pas un défi, c’est juste un choix" n'a t-elle pas été sans influence dans mon choix ; sans doute le refus catégorique de passer à Windows Vista n'est-il pas étranger à cette décision. Et il faut rajouter à tout ça l'envie de voir du neuf, de passer à autre chose. Peut-être est-ce aussi une façon de se positionner parmi les débats actuels...

Mais n'anticipons pas. Pour le moment, je découvre, je m'adapte, et je tente de retrouver mes petits. Comme Thunderbird par exemple, que je n'arrive pas à faire migrer. L'oiseau tonerre est un gnou têtu. (J'espère au passage que tout le monde aura compris le jeu de mots du titre !)

Mais avant toutes choses, j'ai envie de dire merci. Merci à Erwan Cario et sa série d'articles qui m'a prouvé que Linux ce n'était pas seulement "un truc pour geek". Merci au blogueur Breizh ardente et à son exceptionnel tutoriel qui m'a permis de mener à bien cette migration. Maintenant, grâce à lui, des mots tels que partionnement, ntfs, ext3 ou multiboot font partie de mon vocabulaire. 

Dans la série des liens indispensables pour réussir une transition en douceur entre Windows et Linux, j'ai également pû m'appuyer sur le site Ubuntu.fr, et notamment cette page expliquant comment installer Ubuntu en dual-boot avec Windows XP lorsque l'on suspecte son PC d'être tatoué.



Dernièrement et non des moindres, le Framabook "Simple comme Ubuntu" de Didier Roche regorge d'informations utiles pour aider le débutant à mettre le pied à l'étrier.

17 février 2009

Complotons contre le complot !

Ils ne vous font pas marrer vous, tous ceux qui voient des complots partout, et qui vous expliquent sans rire que :
- Aucun avion ne s'est écrasé contre le Pentagone le 11 septembre 2001
- Pour les tours jumelles, on aimerait bien dire que c'est pas vrai, mais il y a trop d'images qui prouvent le contraire alors on explique que de toute façon, les tours ne se sont pas écroulées à cause des avions (sous-entendu : elles étaient truffées de dynamite du sous-sol au grenier)
- Hitler n'a guère ouvert que des centres de vacances, sans plus
- Les extra-terrestres sont parmi nous
- Barack Obama est membre du grand complot mondial / manipulé par le grand complot mondial / aux ordres du grand complot mondial (choisissez l'option qui vous fait le plus rire)
- Kennedy n'a pas été tué par Lee Harvey Oswald
- Elvis Presley est toujours vivant
- La fin du monde aura lieu en 2012
- Les juifs, c'est tous des francs-maçons
- Les francs-maçons, c'est tous des juifs
- Les maçons, ça fait rien qu'à picoler
- Michaël Jackson est noir, en vrai

    En fait ce n'est pas vrai. Tous ces gens ne me font pas marrer du tout. Ils auraient plutôt tendance à me faire peur, pour être tout à fait honnête.

    World Trade Center en train d'être truffé d'explosifs du sous-sol au grenier, preuve exclusive !

    Ils me font peur parce qu'ils sont convaincus d'avoir raison, et les gens qui croient en quelque chose me font peur d'une manière générale ; mais aussi parce qu'aucun argument rationnel n'est utilisable avec eux. Ils ont raison et nous avons tort, et nous sommes au mieux naïfs, voire victime de la manipulation du grand complot mondial, au pire complices de celui-ci.

    Ils me font peur parce qu'ils choississent la solution la moins évidente, la plus tordue, celle qui privilégie la peur, le complot, les explications alambiquées, et réfutent d'un revers de main tout ce qui peut ressembler à un argument scientifique. C'est parfois par intérêt, parfois au nom d'une croyance, souvent par tournure d'esprit, pour ne pas dire autre chose.

    Tout ce développement pour attirer l'attention sur quelques sites (sérieux) qui méritent le détour :
    - Conspiracy watch, observatoire du conspirationnisme et des théories du complot 
    - Attentats du 9/11 : Mythes et légendes ; l'auteur souhaite "juste dénoncer les raccourcis scientifiques qui sont utilisés pour corroborer la théorie conspirationniste"
    Et une série d'articles publiés par Samuel Laurent sur Suivez le geek :
    - DailyMotion et le grand complot mondial
    - Le grand complot mondial, épisode 1 : Les illuminatistes
    - Episode 2 : Apocalypse 2012
    - Episode 3 : "Et ils règneront sur Terre"

      16 février 2009

      Chronique illustrée de Charles Lapicque

      C'est une chose étrange que le destin. Vous pouvez faire des choses grandes et magnifiques, laisser une trace dans la science, l'histoire de l'art voire l'histoire tout court, connaitre une relative célébrité, puis retomber dans un oubli que la vie ne vous avait fait que temporairement quitter. Avec un peu de chance, une plaque de rue viendra rappeler aux passants distraits que vous avez existé.

      C'est ce qui est arrivé à Charles Lapicque, qui a traversé le siècle dernier dans toute sa longueur en laissant quelques empreintes sur la science, et de grosses traces de couleur sur la peinture, et qui pourtant est aujourd'hui ignoré par presque tout le monde. Même Dijon a sa rue Charles Lapicque - il faut dire que son musée comporte une riche sélection de ses oeuvres. Je suis passé régulièrement vers cette rue, ce n'est que récemment que j'y ai prêté attention. Elle doit être plus ou moins rédigée ainsi : "Charles Lapicque, 1898-1988, peintre français."

      La bataille de Waterloo, 1949

      "Peintre français". C'est un peu court, mais il est impossible de résumer la vie d'un homme sur une simple plaque émaillée. Tâchons tout de même de lui rendre justice en quelques lignes. Chérie de Sammy et moi-même avons découvert Charles Lapicque a l'occasion de l'exposition rétrospective que le musée de la Poste lui consacra l'année dernière. Rien que l'affiche donnait envie d'en voir davantage.



      Le choix de l'affiche est judicieux, car elle reprend L'embarquement pour Cythère, tableau idéal pour commencer à parler de l'artiste : Lapicque, c'est beau, c'est plein de couleurs., c'est de la vie posée sur une toile, transposée, traduite par un code qui n'appartient qu'à lui :
      "Mettez du rouge, de l'orangé, du jaune pour tout ce qui est impalpable et lointain, notamment le ciel et du bleu pour tout ce qui est solide, compact, rapproché, la terre par exemple"
      Le port de Loguivy, 1939

      Il faut dire que celui qui n'était à ses débuts qu'un peintre du dimanche exceptionnellement doué est aussi docteur en physique, spécialisé dans l'optique et l'étude des couleurs. On sent qu'il maitrise son sujet. Il maitrise d'ailleurs tellement qu'à partir de 1939 il laisse tomber la science pour se consacrer à plein temps à la peinture.

      Le buveur, 1937

      J'ai pu lire ça et là qu'il appartient à l'école de Paris. Je ne sais pas pour vous, mais moi, l'école de Paris, ça ne m'évoque rien du tout. Si je devais absolument faire rentrer Lapicque dans une petite case, je dirais qu'il appartient à l'école de la vie et du grand large, à l'école de la couleur, de la liberté et du mouvement. Avec Lapicque, il faut prévoir des petites cases relativement grandes.

      Régates vent arrière, 1952

      Pour faire simple, Lapicque a commencé par faire de l'abstrait ; mais à sa façon, avec des entrelacs de couleur, des tableaux-rébus, des tableaux tout en mouvement où l'oeil suit une trajectoire d'un bout à l'autre de la toile. Au fil des années, il s'est fait de plus en plus figuratif, mais c'était toujours du Lapicque, toujours profondément original et sincère - sincère au sens de fidèle à lui-même.

      Les régates, 1946

      Charles d'Aquitaine, 1953

      Il aimait les bateaux, le sport, notamment le tennis ; il aimait la Bretagne et Venise, il aimait les tigres, éléments que l'on retrouve dans ses tableaux. Les œuvres des dernières années surtout, les plus figuratives justement, sont à la fois une explosion de couleurs et un resserrement sur ces quelques thèmes. Mais quel régal ! Ses couchers de soleil sur Venise sont des feux d'artifice, ses tigres sont des rêves borgesiens...

      La matinée d'un seigneur, 1961

      Coucher de soleil sur la Giudecca, 1955

      Il aimait aussi la vie, il a caché des juifs pendant la guerre ; les noms de Charles et Aline Lapicque ne figurent pas seulement sur une plaque d'une petite rue de Dijon, ils sont inscrits aussi sur la liste des Justes par le Yad Vashem de Jérusalem, et sur le mur des Justes à Paris, honorés par l'hommage national de janvier 2007 au Panthéon.


      Il faudrait corriger la plaque de la rue Charles Lapicque ; je propose un panneau 4x3 portant les mentions suivantes :
      Charles Lapicque, (1898-1988)
      Peintre,
      Ingénieur,
      Régatier,
      Juste parmi les nations,
      Génie de la couleur

      ***

      Pour creuser un peu de votre côté :

      • charleslapicque.fr, le site le plus complet sur Lapicque. La majeure partie des liens de cette chronique pointent vers ce site.