02 février 2007

Ah ben c'est balot...

Quand ce ne sont pas les commentaires qui se mettent en grève, c'est l'ordi qui me lache. Le lâche.

Je l'allume ce matin -j'ai voulu chasser une poussière, mon doigt a dérapé par inadvertance sur le bouton, ce sont des choses qui arrivent, je connais quelqu'un qui va se marrer en lisant ça- et môssieur fait son gros caprice après seulement 5 minutes de fonctionnement. Redémarrage de la bête, ah mais voilà, la bête bébête fait son show et ne veut plus redémarrer. Au fallacieux prétexte qu'il lui manque un fichier. Tatillon l'engin quand même. Pire que moi pour tout dire. Comme si un fichier système était important à ce point... Quoi ? Si ?! Ah bon. C'est balot.

En attendant le formatage rédempteur qui viendra à bout du probable vilain virus pas beau qui va mettre ma dépendance cybernétique a rude épreuve, je ne peux accéder aux blogs en général et au mien en particulier que depuis le boulot... et je ne voudrais pas abuser...

Alors, laissez moi des dizaines de commentaires (élogieux, bien sûr), ce sera ma consolation du lundi matin !

01 février 2007

Chronique des miniatures et autres japillages

J'ai interrompu mon récit de mes promenades lyonnaises acque beline Delphine à la Demeure du Chaos, promettant de vous narrer la suite au plus vite. Après toute une série d'intermèdes aussi littéraires que radiophoniques, il était temps que je m'y mette, sinon vous auriez fini par m'ablager sans vergogne.

Il existe au coeur du vieux Lyon un endroit tout entier empli de petites choses chenuses comme tout. Fabriquées avec amour, exposées avec le plus grand soin et admirées avec plus d'enthousiasme encore par les grands que par les gones. Qui se pressent néanmoins en une bourdifaille canante et cancanante, quelques tarabates couvrant même les pias pias des autres. Pour tout dire, ils trafiquent comme des galapiats.


Il s'agit du musée international de la miniature, et c'est une visite que je conseille à tous ceux qui auraient l'occasion de passer par Lyon, et qui se demanderaient comment occuper une après-midi où l'abat interdit de se bembaner autant que l'on voudrait par les rues de cette bonne ville. Surtout si l'on a un parapluie pour deux. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de constater à quel point le bugne qui orne mon gadin était résistant à la pluie. Me voilà rassuré sur ce point, car je me posais justement la question peu de temps auparavant.

C'est sans cesser de bajafler que nous avons investi ce lieu chargé d'histoires. La grande et les petites. Celle que suggère le cadre de la Maison des avocats et du quartier Saint-Jean, et celles que raconte Françoise Coüasnon à travers les saynètes de l'exposition temporaire "Le petit musée de madame Hum". Ce petit brin de femme en pâte à sel vit ses aventures complétement ordinaires dans des petites boîtes. On l'espionne à travers une vitre. On la voit dans son bain, au restaurant, dans un magasin de chaussures. Ou dans son salon en train de regarder les feux de l'amour. Tout ceci est fort indiscret. Mais c'est tellement drôle. On ne peut faire autrement que sourire devant ces histoires racontées par le seul décor faussement naïf.

Les feux de l’amour © copyright Françoise Coüasnon

Toujours dans le domaine de la mise en scène, le musée abrite dans ses caves les décors du film Le parfum, adapté du roman éponyme de Patrick Süskind. Mais si, vous savez bien, cette histoire à l'humour grinçant qui commence par ces mots : Au dix-huitième siècle vécu en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables... J'espère que vous vous êtes épargné le film et que vous allez bien vite (re)lire cet odorant roman !

Car le musée de la miniature est aussi celui des décors de cinéma. D'ailleurs les plus beaux décors sont bien souvent des maquettes... Celles de Ronan-Jim Sevellec me semblent à ce titre exemplaires. Au point que je vous ai ramené ce splendide documentaire pour illustrer mes dires :


Maquette
envoyé par SammyFisherJr

Le musée renferme bien d'autres trésors...Des petits personnages de coquillage, des fourmis joueuses de jazz, une arche de Noé en timbres-poste, des origamis... Les plus beaux sont au dernier étage. On jurerait voir exposés de ces meubles et divers objets du quotidien fabriqués tout exprès pour Gulliver par les artisans de la reine de Brobdingnag. A moins qu'il ne s'agisse de ceux ramenés de son voyage à Lilliput. J'ai vaguement espéré qu'un natif de cette lointaine contrée aurait pu être enfermé dans une armoire à sa taille, et m'attendait à l'en voir sortir. Mais je n'ai vu d'êtres minuscules dans aucune des vitrines. Gageons qu'ils se cachent à nos regards et attendent la nuit pour se dégourdir les arpions. A moins que tout ceci ne soit qu'un conte ? On m'aurait pris pour un benoni ? Je trouve que c'est pousser le Bouchon un peu loin...


***

Un site :
- Site du Musée international de la miniature et des décors de cinéma

Des livres :
- Les voyages de Gulliver : vous pouvez les relire sur internet ! Ici et là !
- Le parfum / Patrick Süskind
- Comme un roman / Daniel Pennac (m'a donné envie de lire le précédent)

Des mots :
- Dictionnaire lyonnais
- Le parlé lyonnais (le site de l'association @lyon est bien sympa, profitez en pour flâner un peu)
- Une source delphinienne ;-)

Et comme je suis gentil (si, si), voici le lexique lyonnais de cette chronique !

30 janvier 2007

Chaos debout

Petite surprise hier soir en m'amusant à regarder l'origine de mes visiteurs - Blogger n'offre pas de statistiques, je sais, c'est nul, mais j'ai trouvé plusieurs outils complémentaires pour pallier à cette déficience.

En fait de surprise, c'est la cerise sur le gâteau, non, la bombe sur le bunker : je suis référencé par le site officiel de la Demeure du Chaos.

C'est le début de la gloire.

29 janvier 2007

Ce n'est qu'un début / Continuons l'invasion

Oui, oui, je sais, vous attendez avec impatience la nouvelle chronique de Sammy ! Mais elle est presque finie-euh ! Yaka trouver le temps et Faut que je m'y mette... vous aussi vous connaissez ces fameux duettistes ?

En attendant, je fais un petit peu d'auto-promo et de compilation sur un thème qui me plait bien (non, non, ce n'est pas la synesthésie) : Space invader, ses mosaïques et les multiples déclinaisons que son travail a inspiré.

Je viens de tomber sur cet article (d'autres photos ici) et cela m'a rappelé que j'en avais parlé en août dernier, avant de constater que je n'étais pas le seul dans ce cas, Berlioz consacrant un article et un album au phénomène.

25 janvier 2007

L'autre qui écrit, chronique des bien justes contentements

Autant vous prévenir tout de suite : cette chronique sera tissée de fierté et d'autosatisfaction béate. Je ne vais parler que de ma petite personne et de mes joies égoïstes, les esprits chagrins sont prévenus, ils peuvent encore partir. Je m'accorde une petite séance de nombrilisme bien méritée, tel l'évadé d'Alcatraz qui voit miroiter l'eau de la baie de San Francisco après avoir creusé un tunnel aussi obscur que secret pendant ses 25 années d'isolement. Avec une petite cuillère. Il s'engage alors joyeusement dans l'eau calme du petit matin, et nage d'une brasse vigoureuse vers la liberté. En général, c'est à ce moment là qu'il découvre les requins.

Certains mails, certains textes plutôt réussis me font l'impression, quand je les relis quelques jours après pour me souvenir de quoi j'ai parlé afin de répondre à la réponse pour les premiers, ou en retombant dessus lors d'une crise de narcissisme par hasard pour les seconds, d'avoir été écrit par quelqu'un d'autre. Il m'arrive même de penser "waouh, c'est super bien !", avant de me souvenir que j'en suis l'auteur... C'est grave vous croyez ? Dites moi que je ne suis pas le seul dans cette situation. Et ne me dites rien dans le cas contraire, ne bouleversez pas mes fragiles illusions.

C'est d'ailleurs la meilleure manière que j'ai pu trouver pour me faire une idée à peu près correcte de mes productions : l'oubli. Oublier ce qui a été écrit et le redécouvrir avec l'oeil de celui qui le lit pour la première fois. C'est imparable et parfois cruel. Cela nécessite d'avoir du temps devant soi. L'idéal serait de ne rien publier avant d'avoir suffisamment laissé reposer. Comme pour les crêpes. Baudelaire a d'ailleurs très bien illustré la chose :
Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde
Il a même pensé aux requins. C'est ce qui fait la marque du génie.

***

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un mail de madame Brigitte Patient, de la radio suisse romande. Qui me demandait mon autorisation pour lire un de mes textes dans la chronique L'écrit du blog, qu'elle anime dans le cadre de l'émission Journal infime. Je relis plusieurs fois : on me demande mon autorisation pour parler de moi dans le poste ?! Vous pensez bien que je n'ai pas vraiment hésité...

Si se relire peut parfois faire un drôle d'effet, imaginez un peu ce que c'est que de s'entendre lire... Je viens donc de m'écouter (plusieurs fois de suite, mais je vous avais prévenus que je serai nombriliste), en ressentant le même plaisir à chaque fois. Brigitte Patient a une très jolie voix, et sait donner vie aux textes qu'elle lit -je ne suis pas aussi nombriliste que ça, j'ai écouté des extraits d'autres émissions- auxquels elle donne véritablement tout leur sens. Tu as raison Coumarine, il faut lire à voix haute de temps en temps, c'est ce qui donne vie à l'écrit.

Vous savez quoi ? C'est le genre de choses qui me donne envie d'aller vivre en Suisse...

***

Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, je sais que vous mourez d'envie de savoir quel texte a eu les honneurs des ondes helvètes. Vous pouvez donc télécharger le fichier ici, et savourer (avec Real Player uniquement) vous aussi mon quart d'heure de gloire qui s'étale de la vingt-quatrième minute à la vingt-septième très précisément. Vous direz que c'est court pour un quart d'heure, mais les suisses sont des gens bien plus pressés qu'on ne l'imagine.

Circonstances exténuantes

Ca devait arriver. A trop différer la rédaction de ma nouvelle chronique, ma dernière participation à Paroles plurielles parait avant que je n'aie pu vous faire partager ma visite d'un grand musée tout entier rempli de petites choses... Tant pis, ça vous fera toujours de la lecture, et vous donnera matière à réflexion. Parce que cette consigne 38 ne manque pas d'originalité, jugez donc un peu : après avoir écouté autant de fois que nécessaire la chanson d'Hubert-Félix Théfaine "Confessions d'un never been", il s'agissait de s'en inspirer pour écrire un texte dont la première phrase serait les mots phares de la chanson : « J’ai volé mon âme à un clown… » avec pour consigne d’aller dans le décalé, le déjanté, le farfelu, l’hermétique… à l'instar d'un HFT présenté ainsi par Coumarine :

Les mots de Thiéfaine dans ses chansons sont de l’ordre 50/50
50% de mots qui veulent dire quelque chose, qui frappent, qui touchent, qui percutent
50% de mots en écriture volontairement hermétique, qui sont là pour la sonorité ou pour le fun

On ne saurait mieux dire. J'ai donc fait dans le décalé, l'hermétique, le presque poétique. J'ai eu beaucoup de mal à faire dans le déjanté. Comme dirait quelqu'un qui se reconnaîtra, il est difficile d'arriver à maintenir le même rythme endiablé de vocabulaire déjanté sur la totalité du texte, nous faut qu'on fasse des pauses à dire les choses bêtement morales ou logiques. C'est exactement ça. Mais il est temps que je vous laisse découvrir par vous même. La vidéo, c'est du bonus.


Les anges d'ammoniac des vapeurs sans clartés
Succombent au noir désir qui inspire des reproches
En suçant les glaçons qui inondent mes poches
Pour s'enfuir du bocal où l'espace s'est noyé.
Ca grésille, ça palpite, ça fusille et ça fume,
Tout finit par rêver dans un dernier soupir
Car la faux a sonné et ça pourrait être pire
Quand tes faux cils retombent sur mon marteau enclume.

J'ai volé mon âme à un clown
Lycanthrope dans la nuit du jardin orangé
J'ai volé mon âme à un clown
En criant sans syllabes l'amour irrégulier

Un léopard en string qui dévore sous la pluie,
Un saltimbanque pressé qui casse des coquilles,
Et puis enfin s'étire comme un voleur futile
Pour finir un travail qui n'a pas d'alibi.
Un champ d'algues cruel, archipel d'échos morts
Seulement visité de corbeaux lunatiques
Apprend à mieux mentir pour rester sympathique
Car voilà de la peur, la paie et le sale or.

J'ai volé mon âme à un clown
Puis j'ai dormi à mort, en espérant renaître
J'ai volé mon âme à un clown
Puis j'ai dormi toujours, pour enfin disparaître.

23 janvier 2007

Ils sont partout

Décidemment, les synesthètes me poursuivent. En voilà encore une !
Au fait... non, je ne suis pas synesthète !!! Mais j'ai quand même le droit d'en parler, non ?

22 janvier 2007

Pour saluer Henri Groues

Je rêve d'un Panthéon dont le fronton porterait, en lettres d'or : "Aux grands hommes qui ont ouvert leur gueule, l'humanité reconnaissante". Car ce qui compte dans la vie d'un homme, ce sont les actes. Ce que l'on fait, ou ce qu'on l'on tait ; les fois où l'on se lève, et celles où l'on détourne le regard. Toutes les fois où l'on ouvre sa gueule et remonte ses manches, fussent-elles de soutane. L'Abbé Pierre a dit vouloir que l'on marque sur sa tombe "Il a essayé d'aimer". Puissions nous aimer à moitié comme lui.

18 janvier 2007

Coup de fil âne, oh, Nîmes !

- Bonjour, alors voilà je suis stagiaire chez *biiiiip* et, alors voilà, nous faisons du prineutéduouaibe
- Pardon ?!
- Du print et du web
- [narquois] Vous pouvez répéter ?
- Euh... de l'impression et du... web
Alors voilà, je vous appelle pour savoir si je pourrais vous envoyer de la documentation sur notre entreprise
- Oui, bien sûr
- Vous pouvez me donner votre adresse s'il vous plait ?
- *biiiiip* [censuré] ;-)
- Vous avez un numéro de téléphone où je peux vous joindre directement ?
- Oui, vous faites le 30-18
- Ah bon, je fais 30 18 et je tombe directement sur vous ?!
- [silence consterné] Non, vous faites le numéro que vous venez de faire, mais avec 30-18 à la fin !
- Ah oui... pardon. Vous pouvez me donner votre nom ?
- Yannick *biiiiip*
- Deux S ou deux F ?
- [soupir] Deux S
- Y et... ?
- [épelle son nom plein de lettres qui donnent plein de points au scrabble]
- D'accord, merci au revoir
- Au revoir, bonne journée

Il a une belle carrière d'autiste comique lui...

***

J'adore ce boulot :-)

Vérité vraie ?

Je viens de lire ceci chez Fauvette...
J'ai bien envie de dire "c'est pas con", tiens... j'vais m'gêner ;-)
Auto-promo au passage, et hop !

Vérités désagréables

Il parait qu'un jour, on a enseigné la littérature à l'école... de toute façon, c'est bientôt fini...

17 janvier 2007

Chronique de la perfection douteuse

La scène se passe il y a quelques jours, en allant manger au restaurant de l'hôtel des impôts. La voiture arrêtée au feu rouge juste à ma gauche -une twingo pourrie aux occupants pas très nets non plus, un seul coup d'oeil me suffit pour en prendre note- commence à avancer par petits à coups pressés bien avant que le feu ne soit vert. Ce n'est pourtant l'affaire que de quelques secondes.

Son démarrage au rouge ne l'a pas avancé à grand chose, je suis déjà à sa hauteur (un conseil : oubliez le point mort, tenez l'embrayage...) ; c'est alors que notre admirable protagoniste décide de se rabattre, juste devant moi, (il a dû soudainement en avoir marre de rouler à gauche, ou alors la perspective de ne plus être devant moi lui a paru insupportable) et sans clignotants, évidemment. Je marque mon mécontentement d'un petit coup de klaxon bref (ce mot est inutilement comique ! mais avertisseur n'est pas terrible je trouve), histoire de lui rappeller qu'il n'est pas tout seul sur la route.

La civique réaction de l'intéressé ne se fait pas attendre. Son rétroviseur intérieur m'informe de son état d'esprit à mon égard, les gestes de son passager (qui semblent m'inviter à rechercher la compagnie de partenaires masculins, du moins est-ce ainsi que j'ai interprêté la chose) également. Il accélère brutalement, au risque de désintégrer son épave, pendant que ledit passager descend sa fenêtre et, d'un geste d'une perfection admirable, envoie sa clope sur mon pare brise. Sans se retourner. J'ai trouvé ça très fort.


Un autre qui est très fort aussi, c'est le nouveau cuisinier du restaurant des impôts. Cela faisait déjà quelques temps que la qualité se dégradait, mais il fait des progrès constant dans l'immangeable, et je tenais à lui rendre hommage. Les carottes, les courgettes, les haricots ne sont plus identifiables que par la vue ; pour ce qui est du goût, vous êtes priés de ne pas demander comment il fait pour obtenir ça, c'est un secret professionnel. Je ne peux même pas trouver de mots pour qualifier la chose. C'est tellement dégueulasse qu'il pourrait facilement travailler dans un hôpital. Ou à Air France. Un tel niveau de perfection dans l'immonde devrait pourtant être récompensé.

Sa dernière trouvaille surtout, mérite une mention spéciale. Cela consiste à mettre du nuoc mam dans la sauce salade, je ne sais pas si vous avez idée de ce que ça peut donner comme résultat... Avez-vous déjà humé l'odeur âcre qui se dégage des résidus de tonte de pelouse en décomposition ? Ca ressemble un peu à ça...

Il y a certaines perfections dont on se passe facilement...

16 janvier 2007

Le mot de la faim

En attendant la troisième chronique inspirée de mon séjour lyonnais (3 jours, 3 chroniques, normal), voici ma dernière production sur le blog-atelier d'écriture Paroles Plurielles, où je commence à prendre mes habitudes, malgré une absence sur deux consignes consécutives. Voilà ce que c'est que de prendre 3 semaines de vacances...

Un texte un peu moins "écrit" que les autres à mon sens, c'était surtout pour reprendre le fil de l'écriture. Je l'ai écrit assez vite, autour d'un clin d'oeil que je vous laisse découvrir, et le dernier jour encore...

L'incipit imposé était celui-ci : "Je suis un génie... et je suis modeste"


***

Je suis un génie... et je suis modeste. Je ne connais personne de plus intelligent que moi, c'est un fait. Encore ne suis-je pas seulement intelligent, je suis également un être raffiné. Il n'est jusqu'au meurtre que je ne commette avec délicatesse. A vrai dire je trouve mes confrères tellement ridicules, et les hommes en général tellement pitoyables...

Oui, c'est ça, approche toi encore un peu...

Personne n'est aussi intelligent que moi, c'est impossible. Et si ce petit flic m'a arrêté, c'est uniquement de la chance, rien de plus. Il est tout de même assez intelligent dans son genre, assez intelligent pour un homme normal je veux dire. Dès que je sortirai d'ici je l'inviterai à déjeuner pour le féliciter à ma façon. Il parait que c'est un homme de goût.

Encore un peu plus près... Montre moi ton cou, continue...

Mais quel dommage qu'il soit tellement impoli. Je ne peux pas tolérer le manque de courtoisie. Je devrais le féliciter, mais également lui apprendre la politesse. Il aurait dû se mêler de ses problèmes, pas des miens. Si je peux lui faire rentrer quelques principes dans le cerveau, je n'aurais peut-être pas totalement perdu mon temps.

Si seulement je pouvais bouger la tête...

Oui, je suis modeste, vraiment. Ils n'ont pas la moindre idée de mes facultés. Ils ont bien trop peur de moi pour m'appréhender dans ma complexité. Tout au plus suis-je un sujet d'étude pour quelques binoclards diplômés. Encore ne prennent-ils pas le risque de rentrer dans ma cellule.

C'est ça, continue de prendre des notes, mon agneau...

Ce n'est même pas une cellule, c'est une cage transparente à travers laquelle ils me questionnent. Ils aimeraient tellement me comprendre. Ils me filment, ils m'étudient, ils m'observent en permanence. Dix ans que je suis fermé dans cette cave. Je ne risque pas d'attraper un coup de soleil.

Ce morveux ne s'est pas lavé depuis combien de temps ? Il empeste l'écurie.

Je suis désentravé quelques heures par jour, avec deux gardes prêts à m'abattre si je bouge de mon lit. Ils sont tellement effrayés. J'en profite pour lire. Je suis un grand lecteur, il est vrai. De temps en temps, j'arrache une page et j'en fais un origami. Ca m'amuse beaucoup de les imaginer en train de chercher une signification à mes moindres gestes.

Hum, il a fait tomber un trombone sous le lit...

Je suis un génie, vraiment. Ce crétin de directeur qui vient me tourmenter tous les soirs me traite de génie du mal. Il ne comprend vraiment rien à rien. Lui aussi est invité à partager ma table, mais il ne le sait pas encore. Mais maintenant je sais que c'est pour très bientôt.

Une jeune femme doit me rendre visite aujourd'hui. Il parait qu'elle s'appelle Clarice...

12 janvier 2007

Chronique du chaos en sa demeure

Imaginez. C'est un matin, un matin comme tant d'autres. Les yeux encore embrumés des restes d'une trop courte nuit, vous ouvrez la fenêtre, votre fenêtre de cuisine par exemple, ou bien celle de la salle de bain, dans le but d'apporter la clarté, la chaleur et la vie dans cette pièce jusqu'alors plongée dans l'obscurité. Imaginez cette scène banale et quotidienne. Vous remontez le store ou poussez les volets, la tête encore pleine des songes du dernier sommeil et, faiblement éclairés par les premiers rayons d'un soleil oblique, seuls le chaos et la destruction habitent votre horizon endeuillé. Imaginez, imaginez vraiment, parce que vous n'êtes pas à l'abri d'une telle catastrophe.

Tous, nous sommes touchés par les malheurs du temps. Nous compatissons aux drames de l'époque, nous blâmons l'incurie des puissants, la guerre un peu partout, la folie humaine et le règne du chaos. Mais pas trop. L'Irak ? C'est loin. Hiroshima, c'est du passé. Le Liban, ce n'est pas notre problème. Nous avons l'information immédiate, l'émotion facile et la compassion différée. Puis un jour de septembre joyeux et ensoleillé, on voit deux tours de verre et d'acier qui s'écroulent en direct à la télévision. On voit les flammes, la fumée, la poussière. On voit le chaos par sa petite fenêtre. Jamais il n'a été aussi proche de nous. On sent la peur qui nous frôle et la mort qui exulte. Pendant quelques semaines, le monde s'inquiète, semble comprendre que la vie est brève et la sécurité illusoire. Puis tout se calme, tout s'apaise, les fumées s'évanouissent et les terreurs avec. On répare les dégâts, on enterre les morts, on commémore à date fixe. Tout rentre dans l'ordre. L'irruption du chaos ne peut être qu'éphémère.


Thierry Ehrmann lui, n'oublie pas. Certes, il était déjà excentrique avant, le millionnaire propriétaire du groupe Serveur et du site artprice. Cela faisait déjà quelques années qu'il transformait sa propriété de Saint-Romain-au-Mont-d'Or en happening artistique délirant et ésotérique. Mais le 11 septembre 2001 fut une révélation. Le monde ne veut pas voir le chaos ? La foule insoucieuse oublie un peu trop vite ? Il se charge de lui apporter le chaos à sa porte. De fait, grâce à l'activité d'un collectif d'artistes réunis sous l'égide de la salamandre, la propriété bourgeoise se transforme très vite en une gigantesque réduction des scènes de désolation évoquées plus haut, avec toutefois un grain de folie, la marque de l'emprise du champ de tous les possible, l'Art, qui trace la frontière essentielle entre la performance et la caricature.
Un espace à part, pris d’irréalité et en même temps submergé par le réalisme du chaos du monde.
C'est une véritable scène de guerre, un décor de catastrophe naturelle ou technologique, ou peut-être les deux à la fois. Le feu, qui ne peut détruire la salamandre, a laissé ses traces partout ; les pierres sont noircies et les décombres s'entassent. Des météorites ont enfoncé une partie du toit et du parking, du matériel de guerre tordu et calciné semble immobilisé à l'endroit où la destruction l'a saisi. Un peu partout, différentes installations sont venues agrémenter l'ensemble. Réplique de Ground Zero, bunker, inscriptions de Ben, piscine de sang... Tout cela est lugubre, sinistre, grinçant, morbide. Choquant surtout. D'autant plus que le cadre est celui d'une bourgade cossue et résidentielle proche de Lyon, d'à peine un millier d'habitants, posée en bord de Saône, dont ni vous ni moi n'aurions jamais entendu parler sans cette histoire.
Une oeuvre d'art qui ne dérange pas n'en est pas une.
Thierry Ehrmann
Car l'art peut choquer, et parfois l'art doit choquer. Olympia, Le déjeuner sur l'herbe, la maja desnuda, Madame Bovary, L'origine du monde, L'enterrement à Ornans ; les débuts du cubisme, Les fleurs du mal... rien de commun avec cette entreprise de déconstruction, mais nous n'avons aujourd'hui plus idée des scandales que provoquèrent ces oeuvres en leur temps. Aujourd'hui, le scandale est tout autre, et dépasse le champ de l'esthétique pour entrer dans celui du juridique. De procédure en procès, la Demeure du Chaos se trouve aujourd'hui menacée au mieux de mutilation, au pire de destruction (ce serait un comble) ; je ne vais pas m'attarder ici sur des questions juridiques (opposition entre respect du Code de l'urbanisme et statut de l'oeuvre d'art) par ailleurs totalement légitimes, je ne veux m'intéresser qu'à ce qu'elles ont de révélateur. Question d'époque ? Je ne pense pas. Le cas d'espèce est intéressant, et amène à se poser la question de la définition de l'oeuvre d'art, et par là même, celle de la place de l'Art dans la société, bien que je pense qu'un juge doit se trouver bien en peine d'apporter une réponse à cette problématique.


Mais il y a autre chose. La question qu'il faut se poser est celle de l'ampleur de l'affront fait à l'ordre des choses et à l'ordonnancement de nos petites certitudes rassurantes. Ici, tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, alors que le chaos, c'est les autres, si vous m'autorisez ce double emprunt. C'est à mon sens cela que les adversaires de la Demeure du Chaos peuvent le moins pardonner à son instigateur. Nous mettre sous les yeux ce que l'on préferait (ne pas) voir à la télévision. Nous rappeler que nous vivons sous le règne du Chaos, mais aussi que l'art est une cathartis. C'est en déambulant autour de l'oeuvre interdite (au public) que j'ai compris. La Demeure du Chaos dépasse les bornes de l'inadmissible en nous donnant à voir le chaos tel qu'en lui même, bien loin des commémorations, des recueillements annuels et des monuments officiels. Vialatte regrettait déjà le manque d'enthousiasme des élus devant "la France avec des ailes, la Victoire avec des nichons pointus, des pyramides de casques, des faisceaux de baïonnettes, et des tas de choses allégoriques" [...] bref, "le grandiose". L'Art n'a aucune espèce d'importance, "Y s'en foutent. Y veulent leur poilu." (Battling le ténébreux, 1928)

La Demeure du Chaos est le plus sincère des monuments aux morts. Pas de patrie reconnaissante, pas de style rococo-militaire, ni d'exaltation guerrière, pas d'obus reconverti en pot de fleur ou en support pour barrière protégeant le monument d'une foule qui s'en détourne de toute façon. Pas de préférence pour tel massacre plutôt que pour tel autre. La Demeure du Chaos n'est pas une célébration du chaos, mais un oeil ouvert sur une réalité que nous travestissons pour nous rassurer. Elle nous montre les différents aspects que le chaos peut prendre, mais elle rend avant tout hommage aux morts de toutes les batailles, aux destructions causées par toutes les idéologies. A tous ceux qui sont morts pour rien. A tous ceux qui sont morts pour une idée qui n'était peut-être pas la leur. A tous ceux que le chaos a pris. Car le chaos est le produit de la folie des hommes.

L'Art est la seule folie raisonnable.

***

La demeure du chaos, ça fait un moment que ça me trottait dans la tête... merci à Delphine pour cette promenade inspiratrice !

11 janvier 2007

A propos de synesthésie

Pfff, ils sont nuls chez Yahoo ! Ils font un article sur un gamin surdoué capable d'effectuer une multiplication de 15 chiffres par 15 autres -n'essayez même pas- en associant des couleurs aux chiffres, et pas une seule fois le terme de synesthésie n'apparait. Ah, vraiment j'vous jure ! Heureusement que Sammy est là !

Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour ressortir une vieille chronique !
...notez l'évolution au passage, je n'écrirais plus ce genre d'article aujourd'hui.

06 janvier 2007

Le zèbre, la bougie et le petit lapin, chronique des années heureuses

Un cercle à bavarois, ce n'est pas exactement la même chose qu'un moule à bavarois, une mandarine ce n'est pas une clémentine, et le réveillon ce n'est pas encore la nouvelle année. Mais Delphine elle, est unique. Ouf. Car j'ai passé le réveillon et un petit peu plus au pays du Saint Marcellin, en compagnie de quelques personnes bien sympathiques ; c'est une année qui commence bien. Cela faisait quelques temps que nous projetions de nous revoir, et le réveillon s'est presque imposé de lui-même.

Ca a débuté comme ça. Sortant du métro avec chapeau et bagages (je n'ai pas d'armes), je me dirige vers sa rue en cherchant du regard aussi loin que mes yeux peuvent porter, et je ne la vois pas... alors qu'elle est juste là, à peine à 10 mètres devant moi, au bout du trottoir. Les publicités pour les dentifrices alliant l'éclat à la blancheur ont dû faire bien pâle figure à côté de nos sourires respectifs. Et ça fait comme une douce chaleur, on est de nouveau ensemble, on est bien, on pourrait rester sans rien se dire parce qu'on se comprend d'un regard, mais déjà les paroles fusent et le dialogue se poursuit, toujours aussi spontané et sincère.

Avec des sujets de conversation de haute volée, à deux, à trois, puis à huit. La façon d'accompagner les huîtres, comment préparer le foie gras, assortir les vins et apprécier le fromage, l'art de la semoule et la confection des desserts chocolato-crémo-rhumesque. Que l'on verse dans un cercle à bavarois avant de l'enfrigoter. Du verbe enfrigoter, mettre au frigo pour faire durcir. Ou dans un moule à bavarois, même si ce n'est pas exactement la même chose. Et ce n'est pas Bruno qui me dira le contraire. Surtout pour ce qui concerne la partie démoulage de la chose... Je te rassure tout de suite, tu as triomphé de cette adversité avec goût et imagination !


La fin de la nuit s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, autour de quelques jeux de tables amusant, d'énigmes pas si faciles que ça et d'un échange de cadeaux rigolos. Je ne savais pas que l'on s'offrait des cadeaux pour la nouvelle année, et la consigne était "moins de deux euros !" Ah. Bon. Seulement voilà, soit je ne comprend jamais rien (c'est tout à fait envisageable), soit nous nous trouvons dans un des rares cas où nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde avec Delphine, mais j'avais interprêté ça par "un cadeau à moins de 2 euros par personne" alors qu'il fallait comprendre "un cadeau à moins de 2 euros pour tout le monde" J'avoue que j'ai du mal à imaginer ce que l'on peut trouver comme cadeau pour 8 personnes à deux euros... De toute façon, d'autres avaient certes mieux compris que moi, mais avaient malgré tout passé outre, tenant le même raisonnement. C'est ainsi que j'ai gagné de ravissants et inutiles objets qui donnent son titre à cette chronique et que je vais garder précieusement, mais où ? Il faudra que je fasse une "Chronique des appartements de 30m² plein comme un oeuf" un de ces jours...

Un cercle à bavarois, ce n'est pas exactement la même chose qu'un moule à bavarois, mais c'est un détail sans importance. L'amour, l'amitié, et les années heureuses sont les seules choses vraiment nécessaires.
Bonne année à tous !

27 décembre 2006

Chronique du givre et des villes qui disparaissent

Le plus difficile dans un texte, c'est le début et la fin. Je bloque souvent sur la première phrase, celle qui entrainera toutes les autres à sa suite et incitera à continuer la lecture (souvenez-vous du bout de la pelote de laine), et j'ai longtemps cherché une phrase finale équivalente au "Et c'est ainsi qu'Allah est grand" de l'indispensable Vialatte, mais je désespère de trouver un jour quelque chose d'aussi bien. Les plus attentifs d'entre vous auront sans doute remarqué la tentative de mot de la fin récurrent des chroniques d'août et septembre...

L'important dans un texte, c'est le début et la fin. Parce que finalement, vous pouvez mettre à peu près ce que vous voulez entre les deux. Ainsi, qu'est ce qui m'empêcherait de parler du givre, de Maupassant et des vieilles gloire du thermalisme mourant à petit feu ?


A l'heure où j'écris ces lignes, le givre recouvre une bonne moitié de la France. L'autre moitié gèle sans fioritures, et c'est bien dommage. Car il n'est rien de plus beau que les délicates et éphémères sculptures que le froid cisèle pour quelques heures autour des objets soumis à son empire. Les arbres, les fils électriques, les antennes et les grillages se parent alors d'un habillage de cristaux hérissés qu'un souffle fait disparaître. Il n'est jusqu'au moindre brin d'herbe qui ne se pare de ces épines gelées. Le givre est le luxe de l'hiver.

L'air est silencieux et piquant, le temps semble figé autour d'un décor immuable. Mais bientôt un oiseau s'envole, une voiture démarre, un passant éternue ; la vie ne s'est pas arrêtée. Sauf à Châtel-Guyon, grande petite ville posée dans le Puy-de-Dôme comme la tasse à café sur la table, où l'hiver, les journées sont longues et les nuits glaciales. Cette ville de mon enfance m'a fait l'effet d'un décor à l'abandon. Il y aurait plus de 6000 habitants, c'est à se demander où ils se cachent.


On est bien loin de l'époque glorieuse du thermalisme, où l'on venait de loin profiter de ses eaux fumantes et ferrugineuses, à qui l'on prêtait milles vertus - Maupassant lui-même espérait soigner sa syphilis de cette façon. Pauvre garçon. Ses séjours lui auront au moins donné l'occasion de produire quelques contes sombres et grinçants, et une poignée d'enfants illégitimes.
Après dîner, j'allai faire un tour dans le parc de l'établissement thermal. Cela se passait dans une petite station d'Auvergne, Châtel­Guyon, cachée dans une gorge, au pied de la haute montagne, de cette montagne d'où s'écoulent tant de sources bouillantes, venues du foyer profond des anciens volcans. Là-bas, au-dessus de nous, les dômes, cratères éteints, levaient leurs têtes tronquées au-dessus de la longue chaîne. Car Châtel-Guyon est au commencement du pays des dômes.
Au moins Châtel survivra t-il quelques temps encore dans les livres du conteur normand, un peu à la manière d'un rêve incertain au petit matin ; pour l'heure, le pays est appelé au même destin que le givre qui le recouvre : l'un comme l'autre disparaissent dans la pâleur des froides journées d'hiver.


***

La petite rubrique littéraire finale ! Deux contes de Maupassant dans le Châtel du XIXème :

Mais il faudrait aussi parler de Mont-Oriol et de quelques autres... Lisez donc Maupassant, c'est un de mes auteurs préférés.

18 décembre 2006

Vacances !

A partir de demain, je serai là :


Ce n'est pas très difficile, mais je vous donne quand même un indice supplémentaire :


Bon, maintenant, c'est vraiment facile !

Bonne fin d'année à tous, joyeux noël, et à l'année prochaine (pour de nouvelles aventures) !

15 décembre 2006

Des chiffres, quelques vers, et une énigme facile

Orion vient de me remémorer mes débuts laborieux... l'époque où j'étais content d'avoir 10 visites par jour... Maintenant, j'en ai entre 40 et 70, et je ne suis PAS content ! J'en veux toujours plus ! Je crois que j'ai choppé le virus !

Sans rire, la fin de l'année étant l'époque des bilans, ce n'est pas sans fierté que je vous présente ma progression du rien du tout vers le pas grand chose - Céline, ne te moque pas, merci !

Le principal c'est que ça augmente hein... En persévérant encore un peu, je vais bientôt atteindre le cap éminemment symbolique des 100 visites par jours. Allez, on y croit, on y croit... Voici le mois de novembre :

Mais pour décembre ça s'annonce mal... je ne savais pas que de si importantes forces s'intéressaient à mon blog...


Rendons donc à ce grand seigneur l'hommage qu'il mérite :
Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentis frôlé par un Etre mystérieux que j'avais toujours désiré connaître, et que je reconnus tout de suite, quoique je ne l'eusse jamais vu...


J'eusse pu choisir cet extrait ci : O toi le plus savant et le plus beau des anges...

Vous aurez bien entendu reconnu ce vieux farceur de Baudelaire. C'est marrant, ça me fait aussitôt penser à ça :


Saurez-vous dire pourquoi ? Et trouver d'où ça sort ?
Bah... c'est facile ! Plus facile que le machin-chose de la photocopieuse ! (qui n'est toujours pas réparée d'ailleurs... mais ceci est une autre histoire)

12 décembre 2006

Qu'est ce qu'un écrivain ? Qu'est ce que la littérature ?

Le décidemment indispensable Pierre Assouline m'a fait découvrir le discours de réception du prix Nobel d'Orhan Pamuk.
Je vais parler maintenant du sens de ce poids : c'est le sens du travail de l'homme qui s'enferme dans une chambre, qui, assis à une table ou dans un coin, s'exprime par le moyen du papier et d'un stylo, c'est-à-dire le sens de la littérature.
Orhan Pamuk, c'est cet écrivain turc qui avait eu "quelques" ennuis avec la justice -et aussi quelques illuminés- de son pays pour avoir osé rappeller qu'entre 1915 et 1917, «un million d'Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire»


Orhan Pamuk a reçu le prix Nobel de littérature le 12 octobre 2006. Ce discours donne sa vision du métier d'écrivain, du sens de la littérature, de la nécessité de celle-ci, encore et toujours.
Les sociétés humaines, les tribus et les nations deviennent intelligentes, s'enrichissent et s'élèvent dans la mesure où ils prennent au sérieux leur littérature
Pourquoi écrit-on finalement ? J'écris parce que je ne peux supporter la réalité qu'en la modifiant.

Prenez votre temps, lisez ce (long) discours. C'est à mi-chemin de l'autobiographie et de l'essai. Parce que le thème est le même au fond, c'est encore et toujours la même chose : Toute la littérature véritable repose sur une confiance – d'un optimisme enfantin – selon laquelle les hommes se ressemblent.

11 décembre 2006

Chronique du double effet James Bond

Dans les films de James Bond, les méchants sont toujours très laids. Je dois dire que le dernier en date ne m'a pas déçu. Moue dédaigneuse incurvée vers le bas, traits anguleux et oeil vitreux barrée d'une petite cicatrice que même Harry Potter il en a pas une comme ça, il a tout pour plaire. Et il est mal rasé. Je suis sûr qu'il a mauvaise haleine en plus. Et les cheveux gras. Voire les chaussettes trouées. Disons le tout net : il a une tête à inciter au délit de sale gueule.


Ses faits et gestes au cours du film incitent à penser qu'il n'est pas très gentil. Je pourrais même m'avancer jusqu'à le supposer mesquin. Si j'étais médisant, je l'imaginerais volontiers cruel et manipulateur, mais ce serait vraiment juger quelqu'un sur son apparence. Gageons qu'il a eu une enfance difficile, des camarades de classe taquins et qu'il a perdu son octodon dans des circonstances dramatiques. Depuis il cherche à se rattraper en ambitionnant de dominer le monde, ce qui est finalement assez compréhensible. Mais de là à ne pas tenir la porte aux dames, il y a un pas que ce sacripant franchit sans état d'âme.

On comprend mieux dès lors pourquoi le petit homme frustré évoqué par Bénabar dans une de ses chansons rêve d'être un méchant de James Bond. C'est une situation certes périlleuse, et qui finit la plupart du temps par une série d'explosions dévastatrices, mais qui impose le respect à ses collègues, l'admiration à sa concierge, le silence dans les rangs. C'est le premier effet James Bond.
Il voudrait être un méchant de James Bond pour menacer la planète et soumettre le monde, armé jusqu'aux dents dans un repère qu'il imagine à l'intérieur d'un volcan ou dans une base sous-marine.


Seulement, maître du monde ce n'est pas une situation très stable. Comme je viens de l'évoquer, ça finit souvent de manière tragique. Il faut dire qu'il y a beaucoup de postulants et une seule place. C'est un domaine où la concurrence est rude. Le petit cercle des maîtres du monde accepte difficilement de nouveaux membres, et les places sont chères. C'est sans doute pour cette raison que le nouveau méchant s'est choisi le rôle de banquier des autres méchants. Ils commettent leurs forfaits, il s'occupe de gérer leur petit capital, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de terreur possible.

En général, c'est à ce moment là que James Bond arrive. Ils sont bêtes les maîtres du monde. Cela fait maintenant 21 épisodes qu'il vient sans cesse contrecarrer leurs projets, et ils s'obstinent malgré tout à élaborer des plans diaboliques, des machinations compliquées, des complots ingénieux. La plupart du temps je ne comprend pas grand chose à toutes ces subtilités, et je regarde avec ravissement l'agent 007 tout ravager sur son passage. Les bases secrètes explosent, les ennemis tombent comme des mouches, le monde est sauvé. A la fin, le méchant qui voulait être maître du monde est châtié, et l'héroïne s'enfuit avec son sauveur. Tout cela est grand et magnifique.


Parce que lui non plus, il ne s'embarrasse pas de subtilités. A l'écouter, il ne demande que ça d'ailleurs : du sexe et de la violence gratuite, (dialogue entre Q et 007 dans Jamais plus jamais, ça aussi c'est de la culture) façon de procéder plutôt bien résumée par le tendre et délicat Alain Souchon.
Au cinéma y a James Bond
Il est vraiment pas comme tout le monde
Il n'a peur ni des brunes ni des blondes
Il pète la gueule à tout le monde
On croit qu'on est lui ça monte
On tue les reptiles immondes
On tue tout le monde
Et puis on rallume la salle
Et c'est l'horrible bye bye...
Dans Casino Royale, il y a malgré tout quelque chose d'un peu différent. Ce Bond là est un peu plus humain. C'est sa première mission en tant qu'agent "double zéro", et il a encore quelques failles. Il a déjà les défauts du "vrai" James Bond -arrogance et goût du risque- mais encore des points faibles, et il fait des erreurs qu'il ne commettra plus par la suite, comme boire un verre sans savoir d'où il vient, se vautrer bêtement en bagnole, ou faire confiance aux gens qui sont dans le même camp que lui...


Daniel Craig, malgré les préventions que je pouvais avoir à son égard (c'est vrai quoi, blond aux yeux bleus, le mythe du brun ténébreux en prend un coup dans l'aile) est un excellent James Bond. Regard fixe qui ne cille jamais, tête de tueur, petite touche d'ironie. Un petit trop baraqué par contre. Non, non, ce n'est pas de la jalousie. Regardez donc Sean Connery : pas besoin d'être body-buildé pour être crédible.


Mais tout ça n'est pas très important. C'est juste deux heures de divertissement entrecoupées de séquences publicitaires à la gloire des montres Omega et des portables Sony. Depuis deux jours, je sens bien que le PDA d'Eva Green est l'accessoire qui manque le plus à mon confort.
Et ça, c'est le deuxième effet James Bond.

***

A lire et à écouter :
Alain Souchon : C'est déjà ça
Bénabar : Les risques du métiers
Ian Fleming : Casino Royale

A voir sur internet pour en savoir plus :
Remerciements :
Orion, Céline et paysan heureux, qui reconnaîtront, chacun en ce qui le concerne, la façon dont ils ont pu contribuer à cette chronique !

10 décembre 2006

Libérez les caddies !

Vu en rentrant du cinéma...

09 décembre 2006

Chronique des lumières de la ville et des fantômes du chapeauté

Dans Les fantômes du chapelier, on voit Michel Serrault, marchant sous une pluie battante, déverser l'eau accumulée sur son chapeau avant de rentrer dans sa boutique. Ce qui prouve bien que le feutre a une capacité de résistance à l'eau que je ne soupçonnais pas. Pour ma part, j'ai encore un peu peur de l'abimer lorsqu'il pleut. Oui, je sais, c'est bête. Surtout qu'il pleut quand même assez régulièrement à Dijon. Les mauvaises langues diront même qu'il pleut tous les jours. Ce n'est pas vrai. Il arrive que la première quinzaine d'août soit ensoleillée.


C'est que pour faire sécher un chapeau, il faut de la place, du temps, un lieu adapté. Pas trop chauffé, pas trop froid, et à l'abri des manipulations intempestives. Sinon, on part le matin avec le chapeau d'Alain Delon dans Le Samouraï, et on revient mine de rien à la nuit tombée avec un béret. Tout plat, sans allure et tout juste retenu par l'écartement providentiel des oreilles. C'est regrettable.

Alors que faire ? Les plus impulsifs de mes lecteurs s'écrieront sans retard que je n'ai qu'à prendre un parapluie. Oui mais je n'aime pas les parapluies. J'ai suffisamment critiqué cet ustensile pour pouvoir me permettre de m'en affubler à mon tour. Et de toute façon, le parapluie est par définition inutile. Quand vous n'en avez pas, il pleut, et quand vous en prenez un, les nuages se dispersent, le soleil revient, et qui c'est qui a l'air malin avec son pépin ? Voilà pourquoi je me suis rendu dimanche dernier au Salon du livre de Dijon, sous la pluie, donc sans chapeau, mais aussi sans parapluie, non pas que le besoin ne s'en fasse pas sentir, mais parce que je n'aime pas ça ! Dites donc, il va falloir que je vous le répète combien de fois ?


Parce qu'il y a un Salon du livre à Dijon. Il parait que ce n'est pas la première édition en plus, mais du temps où je n'avais pas de blog je ne faisais attention à rien. Le Palais à tout faire des ducs de Bourgogne, après avoir abrité L'art de la farniente et quelques autres manifestations grandes et magnifiques, servait de cadre à cet évènement plus ou moins littéraire accueillant d'éminentes personnalités. Jean-Pierre Chevénement, le rescapé du curare, assailli de deux supportrices du quatrième âge ; Edith Cresson qui était à peine mieux lottie ; Jean-François Kahn qui s'en tirait un peu mieux question affluence, mais qui était tout juste reconnaissable. J'ai du vérifier le nom sur le petit carton pour être bien sûr que c'était lui. Ils doivent vraiment les maquiller à mort à la télé. Richard Bohringer avait droit pour sa part à un chapiteau entier, et il lisait un livre que je supposais être de lui, devant une foule en partie assise, en partie debout, mais tout entière attentive.


Est-ce la pluie fine, la perspective des fêtes de fin d'année ou bien me étais-je désemparé d'avoir délaissé mon chapeau ? Toujours est-il que je me suis senti soudainement d'humeur maussade, voire cafardeuse, et le marché de Noël, qui se tient sur la Place de la Libération, en face du Palais, a fini de me déprimer. Les mêmes babioles hors de prix que les années précédentes, dans les mêmes cabanes, dont l'ordonnacement était tout de même légèrement différent, afin sans doute d'apporter un soupçon de variété. Les badauds vont d'une cabane à l'autre, en trainant leur femme d'une main et la progéniture de l'autre, tout en tenant un parapluie -tiens, tiens, comme on se retrouve- qui m'oblige à de fréquentes contorsions pour éviter l'énucléation. Encore les lunettes protègent-elles un peu. Mais ça m'ennuierait de les casser.

J'ai pris quelques photos des illuminations pour m'occuper l'esprit et oublier un moment la foule béatement satisfaite de payer ses marrons 2,50€ le petit sachet, 5€ le grand, de même pour la gauffre au nutella. Quand à la photo du mioche hurlant sur les genoux du Père Noël, ça n'a pas de prix, évidemment...


***

Vous avez vu ? J'ai réussi à caser ces marrons en souffrance depuis trois semaines. Il fallait juste que je leur trouve une place.

Chat alors !

Je suis sorti sans mon chapeau.
C'est affreux.
J'ai eu l'impression de me promener tout nu.

05 décembre 2006

Tout sur Octave

Les octodons doivent-ils absolument s'appeler Octave ? C'est du moins ce que ce site indispensable laisse imaginer. Mais il ne dit comment se nomme la marmotte qui met le chocolat dans le papier d'alu, et ça, c'est vraiment dommage.

En tout cas, force est de reconnaître que Céline avait raison. Les octodons, c'est un bon créneau. Référencement assuré. Vous ignorez peut-être à quel point ceux qui font des recherches sur Google sont imaginatifs... J'ai essayé de me mettre à la place du tordu de base, et j'ai tapé... mais je vous laisse découvrir :


Je commence à les aimer ces petites bêtes...

01 décembre 2006

La ballade des octodons

Un rien nous occupe, d'un octodon occis nous faisons tout un roman. De quoi je dégagerais la moralité suivante : l'octodon, c'est comme la pâte à tarte, faut bien l'étaler !
Merci à Delphine, Orion, Christelle... et Octave !

En mémoire du pôv'Octodon,
Octave qu'il s'appelait
quel drôle de nom !
Qui un jour s'est échappé
ce petit con
Entre deux tasses à café
Pour faire ronron
Pour s'en aller visiter
de Céline le giron
pôv' octodon...

Mais il vit un thon,
Qui s'appelait Riton,
Et qui aimait les fritons.
Pauvre Octave l'octodon,
Lui qui n'aimait pas le poisson,
Il fuit de Céline le giron!
Pôv' octodon !

Qui s'est cru à tout jamais caché
Par l'odeur alléché
Chez Céline pas loin des pieds
Et qu'on voulu déloger
Pôv' octodon !
Et qu'on voulu déloger
Mais qui périt écrasé !
La petite dépouille
De la chère fripouille
Finit dans un billet
Par Céline dédié.
Nombre de commentaires
Ont rendu un hommage sincère
A Octave l'octodon
Ce petit con!

Alors qu'il gît sur le goudron,
chopé par un automédon,
il est tout plat mon octodon
plus plat encore qu'un édredon
mais avec de la balle de son
je vais lui r'gonfler les poumons
Et j'le poserai sur un napperon
il décorera bien mon salon...

Et le chat-botté
Du voisin sabotier
En voyant l'empaillé
A complètement craqué.
Il en a boulotté
Tout un grand côté
Et Christelle a hurlé:
"Dehors le minet!!!"

Vous avez lu, et ron et ron
la tragique aventure
d'un petit octodon
curieux de la nature
Aplati, empaillé,
Quel triste destin
Pôv' décor boulotté
-c'est pas très sain-
par le chat du quartier
par le chat chapeauté qu'un tel festin bottait !

Le poids des mots, le choc de la littérature

Il est des fois où je regretterais presque de ne pas habiter Paris... dans sa leçon inaugurale au Collège de France, que nous présente Pierre Assouline, Antoine Compagnon fait passer une telle passion que l'on a envie d'écouter tout le reste. Cette phrase est particulièrement splendide :
La littérature est un exercice de pensée ; la lecture, une expérimentation des possibles
Mais lisez donc l'extrait que propose Assouline. C'est du lourd, mais ce n'est pas indigeste. Prenez votre temps, et sucez-en la substantifique moelle. Stendhal, Nietzche, Dostoïevski, Perec, Montaigne et Proust se bousculent alors que ce n'est qu'une introduction. Il est de ces personnes extraordinaires, capables de communiquer l'envie de lire. Puisse t-il contaminer le plus grand nombre...
Est-il exact que la fiction soit le seul genre qui me parle pleinement de certains aspects de la vie ?
Si vous avez l'occasion... le programme complet est sur cette page.

Livre à lire ?

Quand un auteur de polars se penche sur la banlieue, ça donne ça :




















Rien que le titre donne envie de le lire ; forcément, c'est du Hugo :

"Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte;
C'est qu'ils n'ont pas senti votre fraternité.
Ils errent; l'instinct bon se nourrit de clarté."

Merci au polar blog pour cette info.
Lisez donc l'article en entier sur cet excellent blog consacré tout entier aux polars.

TOC TOC TOC, qui est là ?

Vous reprendrez bien une tranche de Paroles Plurielles ? Pour ma part, je n'en loupe pas une miette. Le texte qui suit a été écrit rapidement, presque en retard, mais que voulez-vous, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Trop occuppé à travailler du chapeau (ah, elle est bonne) je n'ai pas eu le temps de commenter les productions de mes petits camarades. Puissent-ils m'en excuser.

Consigne :
Ecrire un texte court dont la dernière phrase sera : "Désormais c'est son problème, plus le mien"

Et photo :

***

Surtout, bien rester sur les pavés. Ne pas marcher sur le sable. Non mais... je rêve ! Il était vraiment temps que ça s'arrête ! Un peu plus et je devenais comme lui Lui et ses problèmes, ses névroses, ses manies. Ses TOC ! Allumer la lumière pour vérifier qu'elle est bien éteinte. Revenir sur ses pas quatre fois, cinq fois, dix fois, juste pour s'assurer encore et encore que la porte est bien fermée. Faire une crise quand je ne egarde pas si le congélateur ne s'est pas rouvert tout seul. Et si ce n'était que ça. Ca resterait supportable. Mais non, monsieur cumule ! Il collectionne, il compile, il innove ! Il invente des tares auxquelles les psychiatres les plus doués n'avaient pas pensés. Marcher sur les bandes blanches, contourner les obstacles par la droite, faire le ménage toute la journée, prendre une douche toutes les heures ! Ne pas toucher un objet que quelqu'un a déjà touché, exiger que l'on prépare sa nourriture devant lui, se laver les mains cinquante fois par jour, porter un masque dans la rue ! Ouais, un masque, parfaitement. Pour éviter la contamination. Pendant cette histoire de grippe aviaire, j'ai cru qu'il allait me rendre folle. Je crois que c'est là que j'ai compris que je ne pouvais plus le supporter.

J'ai pourtant tout essayé. Tout. La thérapie comportementale, la psychologie cognitive, la psychanalyse, les cures de sommeil et même l'hypnose. Rien à faire. A croire qu'il se complait dans ses obsessions. Qu'il se pourrisse la vie si il veut, moi j'en ai ma claque. Qu'il en trouve une autre pour supporter ses délires. Moi c'est fini. Je veux fumer une clope quand j'en ai envie, pas en cachette. Je veux boire si je veux. Je veux inviter des amies sans être obligée de supporter son cirque. Non, parce qu'il fallait le voir, avec sa lingette désinfectante, en train d'essuyer tout ce qu'elles touchaient. A cause de lui, Véronique et Dorothée ne me parlent plus. Et ce repas chez mes parents ! J'ai cru qu'il allait faire une syncope. Ils habitent dans le Loir-et-Cher, mais quand même... Et ça c'est rien à côté du sermon de ma mère... la pauvre femme s'est fait des cheveux blancs à cause de moi. Maintenant que je l'ai plaqué, elle pourra vivre centenaire, c'est décidé...

Non mais quand j'y pense. Ce type est complètement malade. Son dernier truc, c'était les ondes nocives, il en voyait partout. Du coup, plus de micro-ondes, plus de portable, plus d'ordinateur. Si je l'avais laissé faire, on s'éclairait à la bougie. Mais sur la fin, il allait vraiment trop loin. Exterminer tous les insectes de la création passe encore, mais tuer les chiens blancs et les chats noirs, c'est trop pour moi. Surtout que les voisins commencaient à se douter de quelque chose. Les vieilles surtout. Je crois même que certaines ont prévenu les flics. Mais je m'en fous. Désormais c'est son problème, plus le mien.

***

En réponse aux futurs commentaires :
  • mon frigo va très bien - seule la D de Sami peut comprendre ;-)
  • non, je ne regarde pas Ca se discute ^^